Le succès littéraire est une affaire de circonstances, de timing, de stratégies éditoriales, et parfois de chance.
Ce billet est une tentative de remise en lumière. Après un premier article qui mettait en avant cinq auteurs (à retrouver ici), voici cinq autrices que je lis, que je défends, et qui, à mon sens, n’ont pas le succès, la reconnaissance ou la visibilité qu’elles mériteraient pleinement.
Pour moi, leurs livres sont pourtant essentiels, inventifs, audacieux. Puissiez-vous avoir l’envie de vous tourner davantage vers eux.
Cécile Baudin
Cécile Baudin a créé son univers autour du passé, celui de la France de l’intérieur. Un patrimoine précieux qu’elle éclaire de son talent de conteuse. Après deux romans se déroulant dans les années 1800, elle a ensuite passé le siècle. Oh de pas grand chose, puisque l’histoire de Dur comme fer débute en 1901, avant de faire un saut en 1913.
Ses romans sont d’excellentes histoires historiques autant que des récits à suspense, un bel équilibre trouvé par l’autrice. L’écrivaine fait un travail remarquable pour reconstituer ce passé, les détails sont nombreux et décrivent la vie et les rites de cette époque. L’immersion est totale, les découvertes sont étonnantes.
Cécile Baudin a su recréer les ambiances de ces temps passés et développer de belles atmosphères de mystère, portées par des personnages auxquels on aime croire.
Lien vers ma chronique de : La constance de la louve
Lien vers ma chronique de : Dur comme fer
Lien vers mon interview de l’autrice autour de « La constance de la louve »
Lien vers mon interview de l’autrice autour de « Dur comme fer »
Anouk Langaney
Anoul Langaney n’est pas une carriériste. Depuis plus de dix ans, elle apparaît puis disparaît. Le parcours de l’autrice vivant en Corse est atypique, à l’image de ses romans.
Par la forme, par le ton, par les concepts, par l’écriture, rien ne vous prépare à la jubilation de lire ses livres. Les armes de l’écrivaine ? L’humour noir, un ton décalé, une vision sombre de l’avenir, un brin de paranoïa, et un peu d’espoir.
Dans Même pas morte, par exemple, on suit une mamie au plus près de ses pensées, à travers son tissu cérébral neurodégénéré, le long d’un improbable polar. Un roman noir où on se fend la poire tout en se demandant si Minette va casser sa pipe avant la fin, où on se gondole devant les ondulations de sa mémoire, où on se bidonne avec cette histoire qui n’a rien de bidon.
Dans Clark, elle nous propose la lettre d’une mère à sa fille. Elle s’y explique, elle argumente, tente d’imposer sa vision des choses. Parce qu’elle n’a plus rien à perdre. Sa fille aînée est partie loin de cette mère très spéciale. Le lecteur va entrer dans une intimité familiale qu’il n’imagine absolument pas.
À noter aussi, deux romans pour ados, à conseiller à tout le monde.
Lien vers ma chronique de : Même pas morte !
Lien vers ma chronique de : Cannibal tour
Lien vers ma chronique de : Clark
Lien vers ma chronique de : Le temps des hordes, menaces
Lien vers mon interview de l’autrice autour de « Même pas morte ! »
Lien vers mon interview de l’autrice autour de « Cannibal tour »
Lien vers mon interview de l’autrice autour de « Clark »
Lien vers mon interview de l’autrice autour du « Temps des hordes »
Erin Morgenstern
Ok, je triche un peu avec Erin Morgenstern, elle a rencontré un joli petit succès avec ses deux seuls romans en quinze ans. Mais pas assez au regard de leurs qualités !
La littérature de l’imaginaire est un pays de songes, ses deux livres en sont des éblouissantes illustrations, où l’autrice nous emporte avec elle dans une féerie d’émotions.
L’autrice est une conteuse incroyable, qui ne se fixe aucune limite, mais ne dévie jamais dans l’expression des sentiments qu’elle fait porter à ses sublimes protagonistes. La plume posée est tellement convaincante que très vite on ne doute plus, on croit à ce cirque étrange, on vit les péripéties.
Le cirque des rêves, est un roman ludique au possible, intense et qui touche à l’intime, un brin mélancolique. Erin Morgenstern n’est pas qu’une écrivaine et La mer sans étoiles n’est pas juste un roman. C’est une magicienne, et ce texte est une porte grande ouverte vers un autre univers, celui de l’imagination et de l’amour des livres.
Lien vers ma chronique de : Le cirque des rêves
Lien vers ma chronique de : La mer sans étoile
Chloé Mehdi
Encore une autrice qui n’écrit pas pour vendre, rare au point d’avoir même disparu depuis 2021. Que ça ne vous empêche pas de la lire !
Nombreux sont ceux qui pensent que tout a déjà été écrit, qu’il n’y a plus rien à inventer. Le dernier roman de Cloé Mehdi leur prouve le contraire. À seulement 29 ans (en 2021), après un premier roman en 2014, elle n’a écrit que trois livres. Pas du genre à faire dans la production de masse, ni à répéter les mêmes schémas. Encore moins à rentrer dans un moule.
Avec Rien ne se perd, l’écrivaine faisait montre de personnalité et d’une vraie singularité en matière de roman noir, touchante au possible. Cinquante-trois présages va plus loin encore, au point de rendre ce livre inclassable, à la fois roman noir, fantastique, initiatique, d’anticipation, polar, dystopie.
Le lien entre ses romans ? Une vision sombre, mais une humanité poignante, à la sensibilité à fleur de peau. Le tout porté par une écriture formidable.
Lien vers ma chronique de : Rien ne se perd
Lien vers ma chronique de : Cinquante-trois présages
Lien vers mon interview de l’autrice autour de « Rien ne se perd »
Lien vers mon interview de l’autrice autour de « Cinquante-trois présages »
Auriane Velten
Suivre le fil d’Auriane Velten, c’est la promesse d’un voyage plein de surprises, dans un univers qui lui est propre. Ses livres ne ressemblent à rien de ce que vous avez pu lire, et pourtant les histoires rassemblent par leurs thématiques universelles.
Avec Cimqa, elle invente une cinquième dimension. Avec C’est-comme-ça, elle donne vie aux personnages de fiction dans le monde réel.
Les idées semblent assez dingues, elle le sont, mais tellement stimulantes ! Des odes à l’imagination, qui n’oublient pas de parler des douleurs du monde actuel.
L’autrice touche par sa sensibilité et sa singularité, avec des idées qui portent et transportent. Dans ce monde qui s’uniformise à l’excès, ce sont des qualités qui comptent.
Lien vers ma chronique de : Cimqa
Lien vers ma chronique de : C’est-comme-ça
Lien vers mon interview de l’autrice concernant « Cimqa »
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Catégories :Littérature

Ben j’ai du boulot 😉
Eheh, du boulot pour plusieurs vies 😉
Pareil pour moi… 😀
Comment ne pas être d’accord avec toi pour Cécile Baudin. Je suis une grande fan de cette auteure dont je trouve la plume d’une élégance folle ; j’adore ses histoires bien menées et tout ce qu’elle réussit à broder autour. En trois romans elle a rejoint mes auteures préférées 😉. Hâte de lire son prochain en mars. Quant aux autres, il n’y a que Chloé Medhi que je ne connais pas, mais je vais m’empresser de remédier à cela. Merci beaucoup Yvan pour ce joli billet.
Merci à toi pour ton enthousiasme pour ces autrices !
En commençant l’article, j’y allais persuadée d’avoir au moins le plaisir de dire que j’en avais lu l’une ou l’autre… flop total pour mon ego ! Et séances de rattrapage à prévoir 😏
Ahah perdu ! Mais il n’est jamais trop tard 😉
Il n’y a que toi qui puisses faire cela, mettre la lumière sur les autres. Merci à toi pour Elles. 🙏 😘
Je ne suis heureusement pas le seul ! Mais c’est important, oui 😉
Merci Yvan, plus qu’à partir avec la liste à la médiathèque. Entre celle des auteurs et celle-ci, comme l’écrit Aude, y’a du boulot.
Merci pour cette invitation à la découverte.
Avec plaisir !
Je note leurs noms. La première j’ai vu ses livres à la médiathèque. Je connaissais Susie Morgenstern pas Erin. Merci de nous les présenter.
Il fait tenter alors 😉
Ah, quel beau roman que « La constance de la louve » ! J’aime bien quand tu mets en avant des autrices (ou auteurs) qui ne sont pas tête de gondole, qui n’ont pas les faveurs du « grand public » et qui publient des romans « de niche »…
Toujours pas lu Auriane Velten (mais j’ai « cimqa »), ni « La mer sans étoile » (que je possède aussi), ni Chloé Medhi, alors que je possède depuis des lustres et idem pour Cloé Mehdi et « Monstres en cavale » qui est dans mes étagères depuis des années (on me l’avait donné). Honte à moi 😉
Ta bibliothèque deborde malgré ton débit de lecture !
Oui, je ne comprends pas comment c’est possible, comme si le truc s’autoaugmentait de lui-même… 😛
J’adore l’écriture de Cécile Baudin et elle ne m’a jamais déçue. J’attends avec impatience son prochain qui va sortir bientôt. Je suis heureuse que tu la mettes en valeur dans ta chronique car elle le mérite amplement. Elle fait maintenant partie de mes autrices préférées.
Par contre, je n’ai lu aucune des autres autrices que tu nous proposes. Je connais juste de nom Erin Morgenstern et son roman « La mer sans étoiles »… Séance de rattrapage en vue ! 😉 Merci pour ta chronique Yvan ! 🙂
Ça me fait plaisir de lire ton enthousiasme pour Cécile Baudin. Rattrapage à prévoir, oui 😉
Peut-être l’occasion de les découvrir ou de poursuivre la découverte de leur bibliographie au mois de mars.
Une occasion de découvertes oui 😉
Je note le nom de Cécile Baudin … J’aime le roman historique, son univers devrait dc me plaire ! merci pour ces découvertes à venir !
Oui alors ça devrait te plaire !
Je suis ravie de voir que toi aussi tu es fan d’Anouk Langaney et Chloé Mehdi.
Mais promis je vais regarder de plus près les trois autres aussi !
Je savais que ça te ferait plaisir, et que je lise Anouk c’est grâce à toi !!