Cécile Baudin a créé son univers autour du passé, celui de la France de l’intérieur. Un patrimoine précieux qu’elle éclaire de son talent de conteuse. Après deux romans se déroulant dans les années 1800, elle passe le siècle. Oh de pas grande chose, puisque l’histoire de Dur comme fer débute en 1901, pour faire un saut ensuite en 1913.
Un roman en deux parties, une excellente idée de construction qui permet de suivre un homme qui fuit, puis son fils qui le cherche.
Labeur
Les mines de Lorraine, engloutissant les hommes autant qu’elles crachent le fer. Un monde souterrain avec ses règles propres, où le dur labeur sert à peine à survivre, où toute une région devient creuse et crève. Mais les colères grondent dans ce creuset de population, dont de nombreux Italiens qui ont fui la misère pour en retrouver une autre.
Nando Russo croit n’y faire qu’un passage, fuyant son père mafieux, espérant pouvoir nourrir sa famille à distance sans la mettre en danger. Mais les couloirs et galeries des mines lorraines sont comme des fers qui vous empêchent de vous en extraire. Nando a des valeurs, tente de maintenir la tête hors de la poussière, mais son combat quotidien semble vain.
Immersion dans le passé
Cette première partie de l’histoire est une formidable immersion dans ce monde, dans cette époque, minutieusement travaillée par l’écrivaine, sans jamais tomber dans la leçon de choses. Sa capacité à redonner vie au passé est une source d’informations et d’émotions mêlées, un vrai enrichissement.
Je crois qu’on ne peut pas imaginer cette période et ces conditions sans ce genre de travail, avec le souffle romanesque en plus. De l’art de vivre aux côtés de personnages qui ont du corps. On sent l’énorme boulot réalisé, apportant une foultitude de détails, mais qui est parfaitement ingérée pour servir le récit.
Virage
La seconde partie du livre dérive vers une quête, une enquête, celle de ce fils qui a à peine connu son père, et qui part à sa recherche. Autant dire qu’il tente de trouver un caillou au sein d’une immense montagne. C’est d’abord des acolytes de fortune qu’il rencontrera.
Là aussi, l’idée est intéressante, redonne de la vigueur au roman, une autre orientation. Avec toujours les qualités des premières pages et ce récit précis, prenant et ludique.
Combats
Qui amène beaucoup de réflexions également, sur la situation sociale et politique, sur la manière dont les puissants usent le peuple. En extrapolant, l’Histoire est vraiment un éternel recommencement.
Ces combats sociaux éclairent les méandres de ces temps anciens, apportant du poids à une intrigue qui porte les personnages, jusqu’à une fin digne de l’ensemble. Avec toujours cette plume travaillée et précise tout en étant joliment visuelle.
Cécile Baudin continue son chemin dans ce passé qui a tant à nous apprendre et à nous faire ressentir, grâce à un vrai talent de conteuse. Dur comme fer est un excellent roman historique autant que de suspense, un bel équilibre trouvé par l’autrice.
Yvan Fauth
Sortie : 20 mars 2025
Éditeurs : Presses de la cité
Genre : roman noir historique
Prix : 23 €
4ème de couverture :
Dur comme fer explore les méandres des mines au cœur de la Lorraine, où les malédictions poursuivent les hommes jusqu’au plus profond des galeries, les poussant à la révolte et au crime… Par l’auteure de Marques de fabrique.
1901. Pour fuir la violence de sa famille mafieuse, Nando Russo choisit l’exil. Il devient mineur en Lorraine et apprend à arracher le fer à la montagne comme nombre de ses compatriotes italiens. Mais son passé le rattrape et le replonge dans une spirale meurtrière irrépressible.
1913. Antonio Russo arrive à son tour dans la vallée de la Chiers. Huit ans plus tôt, sa mère et lui ont brutalement perdu tout contact avec Nando. Antonio découvre le destin tragique qui a frappé son père et les crimes qu’on lui a imputés. Convaincu de son innocence, le jeune homme reprend une enquête biaisée par l’époque troublée. Avec l’aide d’un journaliste et d’une prostituée, il va creuser dans les faits et les faux-semblants, comme jadis son père dans les filons ferreux et les tunnels obscurs.
Mais la vérité est-elle toujours libératrice ?
Ciselé comme un diamant et dur comme le fer : le nouveau suspense de Cécile Baudin.
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Catégories :Littérature

Je l’ai mis dans ma liste parce que tu m’intrigues. La constance de la louve est dans ma liste audio car il est lu par Marie Bouvet que j’adore !
Ah oui, teste en audio, ça peut être intéressant 😉
Un roman que je ne manquerai pas de découvrir, notamment car j’ai été conquise par « La constance de la louve ».
Tu verras que l’ambiance est différente, mais le même talent est là 😉
Quelle belle chronique encore une fois. Merci à toi 🙏 😘
Merci pour ton écoute !
La Lorraine c’est chez toi Yvan, non ?
Ah non moi c’est l’Alsace, c’est les voisins 😉
Ah oui, c’est vrai, au temps pour moi, faut pas que je me mélange les régions. 😂
Merci Yvan pour cette belle chronique !
Récupéré aujourd’hui chez mon libraire 😉, j’ai hâte de le lire. J’aime beaucoup cette auteure et ces deux précédents romans étaient excellents.
Bonne suite de lecture alors ! Oui c’est une autrice à suivre
Je viens de découvrir l’autrice avec « La constance de la louve » que j’ai énormément apprécié ! Alors, j’ai bien envie d’aller en Lorraine où mon papa y a travaillé… Merci pour ta très belle chronique qui donne envie… 🙂
Oui il faut faire ce voyage alors 😉. Merci à toi !
Chouette, son nouveau roman est de la bonne came, alors ! 😉
Voilà un polar historique et régional qui pourrait me plaire, merci pour cette découverte mon ami🙏😘 , jamais lu cette autrice je crois ?
Ah oui, cette autrice a tout pour te plaire !
Bon ben pas le choix, je le note aussi !
ça fait 3 là ! 😉