
La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale) est une série télévisée américaine en 6 saisons et 66 épisodes diffusée de 2017 à 2025. C’est l’adaptation du roman dystopique écrit par Margaret Atwood en 1985, qui est également coproductrice et consultante sur la série (un gage de sérieux).
Ce livre a marqué l’histoire de la littérature par sa puissance autant que par son côté partiellement prophétique. Depuis les années 80, la société a bien changé et a dangereusement tendance à se rapprocher de cette vision.
En 2026 sort, Les Testaments, une série télévisée adaptée du roman éponyme de l’autrice canadienne, publié en 2019, 34 ans après le premier livre. Davantage un spin-off, une œuvre sérielle, qu’une véritable suite.
Voici le lien vers ma chronique de l’époque
Une approche différente
Cette nouvelle série dérivée est formidable. Elle m’a donné l’envie de me replonger dans le roman d’Atwood que j’avais lu et adoré à sa sortie. Une relecture 7 ans plus tard, avec un recul inédit puisque mon esprit est, cette fois-ci, empli d’images imprimées par la série.
Une expérience de lecture passionnante, j’ai maintenant des visages dans la tête, des scènes entières qui défilent devant les yeux. Une grande partie des épatantes idées de la série figurent dans le livre, et sont donc bien l’émanation de l’imagination de l’écrivaine, même si l’approche est différente.
La série se déroule quatre ans après la fin de The Handmaid’s Tale, contrairement au roman qui place l’action 15 ans plus tard. L’approche est donc à la fois divergente et sincèrement fidèle.
Une même vision, d’autres sentiments
Sans rien spoiler, l’action se développe bien autour de trois personnages centraux, Tante Lydia, Agnes et Daisy. Un des piliers de cette société théocratique, une jeune femme élevée à l’intérieur du système, et une autre qui a grandi en zone libre au Canada et qui va s’infiltrer dans l’école de Gilead.
C’est une vision de l’intérieur qui est proposée, par le livre et la série, autour de cette école de futures épouses et de l’endoctrinement des adolescentes.
La série se devait de coller à la fin de la série mère, qui est allée bien plus loin que le livre initial de 1985. De nombreuses différences sont donc évidentes entre le roman de 2019 et la version filmée. Mais l’âme est en partie la même, l’approche sensiblement similaire.
Les scènes les plus fortes du livre sont bien là, parfois édulcorées (le livre est plus sombre et va plus loin dans la violence suggérée). Le côté politique est un peu atténué, l’accent étant mis davantage sur l’amitié (et un peu de romance) entre les jeunes personnages, alors que c’est peu présent dans le texte écrit.
L’approche diffère dans le sens où le livre permet au lecteur de consulter des documents laissés à la postérité (les trois personnages écrivent leurs expériences, pour transmettre la vérité). La série est davantage axée sur l’émancipation des jeunes femmes.
La démarche de l’écrivaine, fondée sur des témoignages écrits, la rend plus froide, plus analytique (mais très accessible), par rapport à la série qui met davantage en avant les sentiments et les ressentis. Les deux se tiennent, la méthode est juste différente.
Une expérience de lecture
(Re)lire le livre juste après avoir visionné la série a été une expérience particulièrement riche, observer comment un même matériau narratif passe d’une réflexion sur le pouvoir vers un récit plus humain sur la conquête de soi. D’un côté comment survivre, de l’autre comment grandir.
Que ce soit dans un sens ou dans l’autre, la série ou le livre d’abord, je conseille vivement de vous y plonger, les deux sont indispensables. Un bravo tout particulier aux jeunes actrices qui sont admirables.
Voilà le parfait exemple du divertissement intelligent, qui bouleverse, enrichit et fait réfléchir. Le livre est grandiose, la série tout autant. Vivement la saison 2 (qui risque de s’éloigner encore davantage du livre) !
Plus de quarante ans après sa création, l’univers imaginé par Margaret Atwood demeure d’une actualité troublante.
La couverture de l’édition poche ressortie pour l’occasion
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Catégories :Littérature
Voilà un exercice intéressant.
J’ai beaucoup aimé la série pour la vision de l’intérieur mais l’amitié entre ces adolescentes est tout aussi belle.
Même la tante Lydia, et son passé, apporte quelque chose de neuf par rapport à Handmaids Tale. « Les testaments » avait été un super moment de lecture, réitéré lors de l’écoute audio pour le prix Audiolib.
Quand on y pense, sa vision était si pertinente !!
Le livre, Les testaments, a été une belle découverte. Il éclaire La servante écarlate en donnant des informations qui m’avaient manqué. Je suis curieuse de voir la série.
Évidemment, je n’ai encore pas lu ni vu la série 😂. Merci à toi pour le partage de ton expérience 🙏😘
Si j’ai lu les deux romans, que j’ai adoré, je n’ai jamais vu la série… :/
Pas vu la série non plus. Je ne parviens pas à me décider.
Je n’ai lu que la servante écarlate et pas encore regarder la série mais c’est en projet !
J’ai lu les livres mais je n’ai vu que quelques épisodes de la série…