Tuez-les tous ! – Christopher Bouix – Chronique décalée

Tuez-les tous ! – Christopher Bouix

En bref

Éditeur : Au diable vauvert

Date de sortie : 23 avril 2026

Je me refusais à parler de Tuez-les tous ! de manière classique. Ce livre part dans tous les sens, avec une telle créativité que j’ai eu envie de suivre son mouvement. Cette chronique est volontairement construite comme le roman : éclatée, libre, absurde !

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En 1983 sortait le premier album de Metallica, Kill ‘Em All qui allait chambouler l’ensemble de la scène musicale Metal pour les décennies à suivre. En avril 2026 sort Tuez-les tous ! de Christopher Bouix, qui risque de complètement chambarder la littérature. L’expression « vous n’avez sans doute jamais lu ça » n’a jamais été aussi appropriée.

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Dix-huit mois plus tôt…

Christopher Bouix était affalé sur son fauteuil, méditant rétrospectivement sur l’aventure de ses trois derniers romans autour de l’IA*.

Il goûtait tout particulièrement la liberté qu’il s’était octroyée, s’assurant mentalement qu’il n’était pas question de la perdre malgré les pressions du milieu de l’édition qui cherchait toujours plus à uniformiser les publications. Il se disait qu’il avait cette chance d’être édité par une maison qui savait encore prendre des risques et lâcher la bride aux auteurs.

Il lui fallait maintenant trouver une nouvelle idée, une histoire qu’il avait envie de pousser vers d’autres territoires, qu’il souhaitait rendre encore plus folle. Il se disait, avec amusement, que les lecteurs devaient parfois le prendre pour un dingue. Ça le faisait sourire. Liberté, si chère liberté.

Dans la pièce d’à côté, il entendait ses enfants qui se chamaillaient. Il se mit à réfléchir sur les relations parents-enfants, sur l’incompréhension entre les générations, sur la pression qu’on leur mettait. Il sentit qu’il y avait une idée à creuser.

Et s’il inversait les rôles ? Voilà une manière de faire qui fonctionnait bien habituellement. Des gamins qui se mettent à tuer des adultes…

Les images commencèrent à fleurir dans son esprit. Il visualisa d’abord une sorte d’épisode de X-files, mais qui aurait perdu la raison. Il se dit qu’il verrait bien des scènes de violence, gore, mais décrites de manière drôle pour totalement contrebalancer leur effet. Inversion, encore. Comme un slasher décalé, du gore qui fait rire. Du genre, remplacer les Gremlins par des enfants et leur faire arracher des bras à des salariés présents pour un team building (c’est moins pratique ensuite pour remplir des tableaux Excel).

Il aimait bien ce principe de changement d’approche, de perspective, de voir comment l’ordre des adultes pourrait revenir dans ce désordre total, quand tout part en vrille.

L’idée d’enfants tueurs n’est pas neuve, il se dit qu’il fallait aller plus loin, beaucoup, beaucoup plus loin. Il ne se fixait aucune limite. Il imagina un roman qui partait dans tous les sens.

D’abord raconter la situation, avec son humour décalé qui le faisait tant rire lui-même, et des personnages caricaturaux (il vit surgir l’image d’une CPE de collège affublée d’un costume de vulve. Mais d’où venaient des pensées pareilles !). Ensuite déconstruire la narration, compiler les manières d’écrire, de raconter, de présenter. Récits de tranches de vie, journal intime, documentaire du genre backstage de film et pourquoi pas même fichier Powerpoint. No future, no limit.

Un récit choral, où tous chantaient faux, un texte foutraque qui lui permettrait de donner libre cours à son imagination débridée.

Il se vit bien rendre à la fois hommage aux anciens romans de gare qu’il affectionnait, tout en proposant quelque chose de très moderne. Avec un récit qui mettrait tour à tour mal à l’aise puis faisait hurler de rire. Massacre à la boule de neige. En cherchant constamment à déstabiliser le lecteur, quitte à même proposer des passages introspectifs. Et une nouvelle hypothèse sur les raisons du dérèglement climatique.

Il se dit qu’il tenait là un concept qui allait beaucoup l’amuser durant quelques mois. Il pariait sur le fait qu’il restait encore des lecteurs curieux, à la recherche de lectures différentes. Ils existent encore bien, non ?

* Note de l’éditeur : Alfie, Tout est sous contrôle, Le mensonge suffit, éditions Au diable vauvert

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Il était une fois, dans la charmante mais banale bourgade de Brignac-sur-Mer, où il ne se passait jamais rien. Le bord de mer y était agréable, sauf en ce jour où il se mit à neiger, neiger et neiger encore, sans discontinuer. Ce 16 décembre, un vent de folie s’y éleva, qui bouleversa à jamais la petite vie tranquille de cette contrée. Au risque de détruire le monde entier.

(…)

Ils périrent malheureux et regrettèrent d’avoir fait des enfants.

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(Bureau d’Augustin Trapenard. Il prépare sa prochaine émission et les questions à poser, dont voici l’introduction et la liste)

Bienvenue à La grande librairie qui s’interroge aujourd’hui sur le pouvoir de l’imagination et sur la liberté. Celle d’écrire ce que l’on souhaite, sans se laisser enfermer par les diktats du milieu littéraire, celle qui ose mélanger allègrement les genres.

Nous recevons aujourd’hui Christopher Bouix pour son nouveau roman « Tuez-les tous ! ».

Questions :

– Christopher Bouix, qu’avez-vous cherché à faire avec ce roman totalement inclassable ?

– Vous n’avez aucun tabou, Christopher, vous ne respectez donc rien, même pas Noël ?

– Que combattez-vous, Christopher Bouix ? La linéarité de notre monde ?

– Vous vous en prenez à l’absurdité de notre société, à ses travers comme à ceux des personnes du quotidien. Christopher Bouix , est-ce votre manière de traiter de sujets graves avec dérision, en s’en moquant de manière appuyée ?

– Vous dégommez tout, Christopher, les liens parentaux, le monde de l’entreprise comme celui de l’école. C’est comme si vous pensiez que tout ce qui devait cadrer notre société s’effondrait ?

– Pensez-vous qu’il existe encore des lecteurs à l’esprit suffisamment ouvert, Christopher Bouix ?

(En préparant cette émission, Augustin Trapenard se dit qu’elle risque fort de partir en live, et non en livre…)

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Nuage de mots autour de : Tuez-les tous !

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Définitions du dictionnaire en ligne Le Robert :

Inclassable : qu’on ne peut définir, rapporter à un ensemble connu

Dingue : fou, extraordinaire, dément, déraisonnable, extravagant

Rire : exprimer la gaieté par un mouvement de la bouche, accompagné d’expirations saccadées plus ou moins bruyantes

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Extrait :

Liste des 5 auteurs actuels à suivre impérativement – Blog littéraire EmOtionS

Christopher Bouix

Charlotte McConaghy

Tiffany McDaniel

Stuart Turton

Chris Whitaker

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Tuez-les tous ! en 5 émotions :

🏞️ Liberté 💫 Inspiration 🎭 Amusement 😯 Surprise 🎉 Enthousiasme

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Extrait du Guinness Book, année 2033

Record du monde du nombre de romans d’un même auteur ne se ressemblant absolument jamais : Christopher Bouix.

Résumé éditeur

Brignac-sur-Mer, neuf jours avant Noël.
Alors que la neige tombe sans discontinuer depuis plusieurs jours, coupant du monde la petite ville, des enfants hors de contrôle se mettent à assassiner parents, enseignants et habitants, provoquant terreur et incompréhension.

« Horreur, polar, conte de Noël, SF et humour : tout en un, quel talent ! Le livre fait mouche en posant un regard malicieux sur la société. »
Christian, Librairie Dédicaces

Christopher Bouix est l’auteur d’Alfie, de Tout est sous contrôle et Le mensonge suffit (Au diable vauvert). Sous le pseudonyme de Nataël Trapp, il a signé le roman Les 7 vies de Léo Belami, adapté par Netflix.

Pour aller plus loin

La page de l’auteur chez son éditeur


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Catégories :Littérature

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9 réponses

  1. Aude Bouquine – « Lire c’est pouvoir se glisser sous différentes peaux et vivre plusieurs vies. » Ici, je lis, je rêve, je parle de mes émotions de lectures, avec des mots. Le plus objectivement possible. Honnêtement, avec respect. Poussez la porte. Soyez les bienvenus dans mon univers littéraire.

    Chronique décalée pour livre décalé ♥️

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 58 ans, Strasbourg, France

      sans doute la plus décalée que j’ai pu écrire :-). Je me suis bien amusé, mais oui c’est pour rendre hommage à ce que propose ce livre dingue

  2. Intrigant.
    Tentant.
    J’avais beaucoup aimé Alphie.
    A voir pour celui-ci.

  3. Un auteur que je ne connais pas encore, mais c’est vraiment tentant!

  4. J’aime bien quand tu te lâches complètement et que tu ouvres les vannes. Merci à toi pour le partage 🙏 😘

  5. Cela m’interroge. Avec ce monde fou ai je envie de plonger dans une autre folie ? Bon lundi

  6. J’adore cette chronique. Cela me donne encore plus envie de me plonger dans ce roman. D’autant que j’ai aimé les précédents. Merci pour cet angle original.

  7. belette2911 – Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

    Attends, là, je lis bien : « un costume de vulve » ?? Put***, j’ai envie de lire ce truc un peu barré, qui part dans tous les sens et d’imaginer des team building qui se terminent en bain de sang, à coup de tableur Excel et de PowerPoint dans la gueule. *rêve devant son écran*

    Merci pour cette chronique délirante et drôle.

  8. Caroline - Le murmure des âmes livres – Lectrice enthousiaste et éclectique, je lis de tout, partout et sur tout type de support.

    « Un récit choral, où tous chantaient faux ». J’adore ! Je le note bien sûr !

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