Les éditions Sonatine en 8 romans

En à peine plus d’une décennie, l’éditeur Sonatine a marqué le milieu de l’édition. Une image forte, et une marque de fabrique qui se décline à travers nombre de publications mémorables.

Je me suis attaché à leurs sorties depuis leurs débuts, je me reconnais dans la ligne éditoriale et dans le choix des auteurs publiés (quasi exclusivement étrangers, pourtant).

Après ce que je considère comme un nouveau chef-d’œuvre sorti en mars 2021 (Les somnambules), atypique comme beaucoup de leurs livres, j’ai eu envie de vous proposer ce récapitulatif totalement personnel des titres qui m’ont le plus marqué.

Une sélection volontairement très limitée et je me suis contraint à ne citer qu’un livre par auteur, sinon j’allais lister tous les romans d’Ellory et Cleave...

Ces livres m’ont marqué pour toujours ; inoubliables. Je vous propose à chaque fois un extrait de ma chronique de l’époque.

A part celui qui vient de sortir au moment où j’écris ce billet, ils sont bien évidement également disponibles en poche.

GILLIAN FLYNN – LES APPARENCES (2012)

Chère Gillian Flynn, Permet moi de te tutoyer. Je viens en effet de passer quelques jours dans la tête de tes personnages, au tréfonds de leurs âmes (enfin je l’ai cru) et tu m’as totalement embarqué. Mais les apparences sont trompeuses, n’est-ce pas ?

Rarement je ne me suis senti à ce point abusé par une histoire, lente descente aux enfers de tout de même 575 pages. L’illusion est la première apparence de la vérité, dit-on.

À la fois thriller, étude de mœurs, radiographie d’une société en décrépitude, ton roman est une réussite complète. J’ai vécu avec les personnages, j’ai cru les comprendre, je les ai compris comme jamais, tant leur psychologie est développée.

LE roman qui a réellement lancé la mode du thriller psychologique.

Lien vers ma chronique complète

A lire absolument tous ses autres romans : Les lieux sombres et Sur ma peau

ZORAN DRVENKAR – TOI (2012)

Toi ! Oui toi lecteur, approche ! Viens te confronter à une expérience mémorable.

Quand on se lance dans la lecture de ce roman, autant s’habituer tout de suite au tutoiement. Oui, car ce roman est écrit à la seconde personne du singulier. Voilà qui est singulier !

L’étonnement du début de lecture passé, on s’adapte rapidement à cette manière d’écrire insolite. Mais qu’on soit clair : ce n’est pas juste un simple artifice pour faire « genre », non c’est un vrai parti pris qui fait plonger le lecteur au plus profond de l’histoire. On se sent encore plus proche des personnages (on se sentirait presque dans leur tête) et l’écriture vive et rugueuse devient vite quasi hypnotique.

Parce que Drvenkar a un talent immense, gigantesque, formidable !

Lien vers ma chronique complète du roman

A lire absolument son autre roman : Sorry

R.J. ELLORY – MAUVAISE ETOILE (2013)

Aucun livre de l’auteur ne se ressemble, il se renouvelle à chaque récit. Cette fois-ci, tout au long de cet incroyable road movie, il nous fait suivre les pérégrinations de personnages étonnants.

N’y allons par quatre chemins, ce nouveau Ellory est un chef-d’œuvre ! Une éblouissante réussite et, à mon sens, la quintessence de son talent.

Mauvaise étoile est sans doute le roman à la fois le plus expressif et l’un des plus violents de l’auteur, d’une grande noirceur mais d’une profonde humanité.

Un roman noir, tout en subtilité même s’il utilise parfois le rythme d’un thriller ; une histoire sombre mais aussi (surtout ?) une étonnante histoire d’amour.

Lien vers ma chronique complète du roman

A lire absolument TOUS ses romans ! Dont le plus connu : Seul le silence

PAUL CLEAVE – UN PRISONNIER MODELE (2016)

Ce fabuleux livre est bien davantage qu’un roman sur un tueur en série. Les histoires permettent de développer des thématiques profondes, entre notions du bien et du mal, processus de deuil, loi du talion ou encore questionnement sur la peine de mort.

Et tout ça, tout au long d’une intrigue particulièrement jouissive, écrite de main de maître par un Paul Cleave qui s’en donne à cœur joie avec son humour très noir qui est sa marque de fabrique.

Dans son intrigue, toute en nuances de gris, on ne sait jamais sur quel pied danser, entre scènes particulièrement sombres et passages décalés.

Un chef-d’œuvre du genre, par un écrivain de génie.

Lien vers ma chronique complète du roman

A lire TOUS ses romans, dont le premier tome : Un employé modèle

TESS SHARPE – MON TERRITOIRE (2019)

Nous rêvons tous d’un livre qui aurait tout. Celui qui rassemblerait toutes les qualités et toutes nos envies. Même pour un lecteur assidu, ces rencontres restent très exceptionnelles. Mon territoire est de ceux-là. Pour moi, ce livre a tout ce dont je rêve pour mes lectures, et même plus encore.

Mon territoire est une dramaturgie, le théâtre d’une vie qui pourrait être réduite en pièces, mais que le personnage principal tient par la seule force de sa volonté. A l’image du final, qui marque et qui fait sens.

Tess Sharpe est une jeune écrivaine qui a déjà tout d’une très grande. Son roman est lumineux, malgré sa noirceur. Poignant, déchirant, révoltant, saisissant, enthousiasmant et définitivement marquant. A ne rater sous aucun (mauvais) prétexte.

Lien vers ma chronique complète du roman

STUART TURTON – LES SEPT MOTS D’EVELYN HARDCASTLE (2019)

Essayez de vous représenter un Cluedo géant. Un meurtre. On connaît la victime et surtout l’heure de sa future mort, mais on ne connaît ni l’assassin, ni vraiment l’arme, ni clairement l’endroit et ni aucunement la motivation.

Imaginez une ambiance mettant en scène la vie d’une maison aristocratique britannique au début du XXème siècle. Une atmosphère à l’allure très traditionnelle.

Et tentez de concevoir ce que cette intrigue peut donner avec un personnage principal qui revit le même jour, encore et encore, tant qu’il n’a pas résolu cette énigme. Avec une énorme cerise sur le cake : il va « ressusciter » chaque matin dans la peau d’un autre protagoniste présent à la fête, avec ses souvenirs de la veille.

Du grand art ! Les sept morts d’Evelyn Hardcastle est un roman sans pareil, une énigme hautement et follement jouissive. Stuart Turton se révèle, dès son premier livre, comme un auteur qui ose l’impossible mais qui s’en donne les moyens. Le résultat est parfaitement singulier et se révèle une inoubliable expérience littéraire.

Lien vers ma chronique complète du roman

ERIN MORGENSTERN – LA MER SANS ETOILES (2020)

Il existe un monde dans le monde, où les histoires vivent et respirent, où elles sont l’oxygène. Un conte fantastique ? Sans aucun doute, mais qu’est-ce qui vous empêche d’y croire ? Parce que les livres ont un pouvoir immense, vous ne pouvez en douter si vous lisez ces lignes.

Erin Morgenstern n’est pas qu’une écrivaine et La mer sans étoiles n’est pas juste un roman. C’est une magicienne. Et ce texte est une porte grande ouverte vers un autre univers, celui de l’imagination et de l’amour des livres.

La mer sans étoiles est un don, une véritable offrande imaginaire à ceux qui arrivent à savourer une lecture et savent prendre leur temps, dans un monde réel qui ne cesse de courir. Le genre de roman précieux et extraordinaire, porté par la grâce d’une Erin Morgenstern au talent incroyable. Des superlatifs qui ne sont pas trop appuyés pour un livre au final aussi poétique que jubilatoire.

Lien vers ma chronique complète du roman

CHUCK WENDIG – LES SOMNAMBULES (2021)

Immense ! Par sa taille et par son contenu, au sens propre comme au figuré. Enorme ! Par sa profondeur et sa dimension, de son épaisseur à sa substance.

Les somnambules n’est pas un livre commun, et se lancer dans un tel projet tient autant de l’inconscience que du génie. Surtout du génie pour un Chuck Wendig qui tient la barre de la première à la dernière ligne, sans jamais la lâcher, sans jamais que son récit ne dérive.

1164 pages. Mille cent soixante-quatre. Et pas une de trop, pas l’ombre d’un sentiment de remplissage, pas la moindre pointe d’ennui. Vous penserez peut-être que j’en rajoute, mais franchement j’en aurais bien pris pour quelques centaines de pages de plus.

Pour moi, Les somnambules n’est pas qu’un des livres de l’année 2021, mais bien un des meilleurs de la décennie, rien que ça. Admiration et remerciements éternels.

Lien vers ma chronique complète du roman



Catégories :Littérature

Tags:, , , ,

19 réponses

  1. J’ai déjà fait la moitié du chemin, et deux autres sont dans ma liste parmi ta sélection, dont « Les somnambules » pour les vacances d’été. Tu as l’art de toujours trouver les mots qui font mouche, pas de doute!

  2. Ok, je n’ai pas lu « toi » mais tout comme la « mer sans étoiles et les « somnambules », je veux le faire ! 😆 Tous les autres, je les ai lus et en effet, c’étaient des super géniaux romans !

  3. Je ne peu que cautionner les Somnambules, mon territoire, ellory bien sûr, j’ai adoré également la cite de feu, la cité des larmes, une maison d’édition à la ligne éditoriale excellente

  4. Excellente maison d’éditions… je serai bien incapable d’extraire un top 10 de leur catalogue, trop de pépites !
    Dommage que la petite soeur, Super 8, n’ait pas connu le même succès, j’aimais bien le côté décalé (voire franchement déjanté) de leur catalogue.

  5. J’adore cet éditeur et je les ai tous lus à part celui de Paul Cleave et celui d’Erin Morgenstern 🙂

  6. Je n’ai lu que « les apparences » de ta liste mais un éditeur qui propose en général des romans qui me plaisent.

  7. J’adore Sonatine et ses parutions, pourtant il y en a pleins que tu cites que je n’ai pas encore lu…Ils vont tous en wish!
    Je te rejoins pour Les Somnambules et Mon Territoire. Je ne peux plus me passer des romans de RJ Ellory et Paul Cleave, mais je n’ai pas encore découvert Mauvaise étoile bizarrement…

  8. Tu touches un point sensible, avant je ne faisais pas tellement attention aux maisons d’éditions, je suivais un romancier et peu m’importais qui l’éditais, et depuis quelques temps je suis beaucoup plus sensible aux maisons d’éditions et j’aime beaucoup Sonatine.
    Je n’ai pas lu tous les auteurs que tu cites, mais j’ai adoré ce roman de Ellory et Cleave est dans ma bibliothèque.

    • j’ai depuis longtemps suivi de près ce que sortent les éditeurs, certains ont une ligne éditoriale assez claire qui me fait « sentir » si je vais aimer ce qu’ils publient ou non. D’autres, c’est plus difficile 😉

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :