2013-2021 – 10 romans Fantastiques à lire impérativement, même si vous pensez ne pas aimer ce genre littéraire

Combien de fois ai-je entendu dire : « Le fantastique c’est pas mon style » ou encore « Le fantastique c’est pour les ados ».

Voici 10 romans fantastiques, sortis entre 2013 et 2021, qui vont vous prouver le contraire. Des romans inoubliables pour les adultes, à destination d’un public large, curieux, ouvert à l’imagination mais aussi au monde et aux émotions. Emotions fortes souvent, mais dans une palette la plus étendue possible.

D’ailleurs, pour la plupart, ils sont sortis chez de gros éditeurs, preuve qu’on peut proposer ce genre littéraire au plus grand nombre.

Voici ma sélection, avec pour chacun un extrait de ma chronique de l’époque. Avec la couverture en grand format et celles de la version en poche lorsque disponible.

Bonnes découvertes !

CHUCK WENDIG – Les somnambules (Sonatine – 2021)

Bon ok, c’est autant de la SF que du fantastique, mais je ne pouvais pas ne pas parler de ce livre !

Immense ! Par sa taille et par son contenu, au sens propre comme au figuré. Enorme ! Par sa profondeur et sa dimension, de son épaisseur à sa substance.

L’immense roman de Chuck Wendig ne marquera pas que par son poids (1164 pages). Ce divertissement qui pèse sur nos épaules et nous pousse à réfléchir sur notre monde en déliquescence, marquera les esprits ouverts.

Pour moi, Les somnambules n’est pas qu’un des livres de l’année, mais bien un des meilleurs de la décennie, rien que ça. Admiration et remerciements éternels.

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4ème de couverture :

Dans un petit village de Pennsylvanie, Shana surprend sa sœur, Nessie, quittant d’un pas résolu leur maison. Lorsqu’elle tente de l’intercepter, la petite fille ne réagit pas à sa présence. Mutique, absente, le regard vide, elle avance… Croyant à une crise de somnambulisme, Shana commence à la suivre. Rapidement, elles sont rejointes par un deuxième errant, frappé des mêmes symptômes que Nessie. Puis un autre. Bientôt, ils sont des centaines à converger vers la même destination inconnue, tandis que leurs proches, impuissants, leur emboîtent le pas. Très vite, cette mystérieuse épidémie enflamme le pays.

Chuck Wendig tend à notre monde un miroir dans lequel se reflètent ses hantises les plus contemporaines : l’irruption de l’inconnu, la peur de l’autre, la défiance envers le gouvernement, la force rampante des discours religieux et extrémistes… Rappelant autant Le Fléau que The LeftoversLes Somnambules est un portrait humain mais sans concession d’une société au bord de l’extinction.

JEREMY FEL – Nous sommes les chasseurs (Rivages – 2021)

Nous sommes les chasseurs est un roman ambitieux comme les auteurs américains osent l’être, preuve qu’on peut se hasarder aussi sur ce genre de terres en France. Un puzzle incroyable qui démontre à la face du monde combien Jérémy Fel a un talent unique.

Une lecture de celles dont on ressort sans doute changé. Un voyage littéraire, une expérience réellement singulière.

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4ème de couverture :

Dans un univers sombre et magnétique, où les époques et les lieux se superposent jusqu’au vertige, Gabriel, Damien ou Natasha se débattent avec de vieilles peurs héritées de l’enfance et leurs pulsions les plus inavouables.
Jérémy Fel entraîne ici son lecteur dans un imaginaire éblouissant, où cruauté et trahison règnent en maître. Comme dans un palais des glaces, les destins se répondent et se reflètent, créant un monde où visible et invisible, réel et fiction, se confondent.

Peng Shepherd – Le livre de M (Albin Michel – 2020)

C’est un vrai roman fantastique, dans tous les sens du terme, où l’imagination est au pouvoir, et où il convient d’ouvrir son esprit sans toujours attendre des explications. La science ne peut pas tout déchiffrer, il faut l’accepter pour bien se laisser porter par l’ambiance. L’autrice décrit, raconte, mais n’explique pas tout. Un choix gagnant, à mon sens.

Pour un coup d’essai, Peng Shepherd réussit un coup de maître, de ceux qui restent en mémoire pour longtemps. Paradoxal quand on parle d’un monde qui perd la mémoire !

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4ème de couverture :

Que seriez-vous prêt à sacrifier pour vous souvenir ?
Un jour, en Inde, un homme perd son ombre – un phénomène que la science échoue à expliquer. Il est le premier, mais bientôt on observe des milliers, des millions de cas similaires. Non contentes de perdre leur ombre, les victimes perdent peu à peu leurs souvenirs et peuvent devenir dangereuses.
En se cachant dans un hôtel abandonné au fond des bois, Max et son mari Ory ont échappé à la fin du monde tel qu’ils l’ont connu. Leur nouvelle vie semble presque normale, jusqu’au jour où l’ombre de Max disparaît…
Situé dans une Amérique tombée de son piédestal, où nul n’échappe au danger, Le Livre de M raconte l’incroyable destin de gens ordinaires victimes d’une catastrophe mondiale extraordinaire.
Peng Shepherd est américaine. Le livre de M, récompensé par le Neukom Award 2019, est son premier roman.

Stephen Chbosky – L’ami imaginaire (Calmann-Lévy – 2020 / Le livre de poche)

Ce roman apporte une nouvelle dimension au mot « fantastique ». Il le développe dans tous les sens du terme. Une histoire surnaturelle follement originale tout en marquant clairement ses références au modèle du genre, Stephen King. Exigeant mais si prenant.

Stephen Chbosky pave son enfer de bonnes intentions, et réussit magistralement son suspense aussi maîtrisé que complètement barré. Et surtout, sans oublier les émotions, et les bonnes valeurs ; la lumière qui tente de transpercer les ténèbres.

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4ème de couverture :

Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie.
Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît.
Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l’air indemne.
Lui seul sait que quelque chose a changé.
La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission.
S’il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…

Entre suspense effroyable et richesse émotionnelle, Stephen Chbosky renouvelle la littérature de l’horreur. À lire les lumières allumées.

Keigo Higashino – Les Miracles du bazar Namiya (Actes Sud – 2020 / Babel)

Ce roman de Keigo Higashino est une merveille d’humanisme. L’ambiance reste assez légère, mais aussi nostalgique et propice à des réflexions sur la vie, son sens et son cheminement. Nous ne sommes pas qu’une somme d’individualités.

Les Miracles du bazar Namiya ont réellement lieu tout au long des paragraphes de ce magnifique et émouvant roman. De ceux qui redonne une certaine foi en l’humanité, grâce à la poésie des émotions et à la vertu du dialogue.

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4ème de couverture :

En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain. Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé. L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur.

Stuart Turton – Les sept morts d’Evelyn Hardcastle (Sonatine – 2019 / 10/18)

Ce livre est un puzzle, au nombre de pièces inconnu. La quatrième de couverture dit que chacune des plus de 500 pages recèle un rebondissement et un morceau de cette énigme. Cela parait impossible, mais c’est pourtant la stricte vérité. Une page = une pièce du puzzle (au minimum).

Du grand art ! Les sept morts d’Evelyn Hardcastle est un roman sans pareil, une énigme hautement et follement jouissive. Stuart Turton se révèle, dès son premier livre, comme un auteur qui ose l’impossible mais qui s’en donne les moyens. Le résultat est parfaitement singulier et se révèle une inoubliable expérience littéraire.

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4ème de couverture :

Prêt pour un plaisir de lecture comme vous n’en avez pas connu depuis longtemps ? Mixez Agatha Christie, Downton Abbey et Un jour sans fin… Voici le roman le plus divertissant de l’année !

Ce soir à 23 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ? Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre. Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée. Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.
Chef d’œuvre de construction, de références littéraires et d’habileté technique, Aiden croisera lapin blanc et personnage masqué pour tenter de percer le mystère de ce meurtre aux mille tiroirs !

GLENN COOPER – Trilogie de La terre des damnés : La porte des ténèbres – Le feu des âmesLa clé des ombres (Cherche-Midi – 2016-2017 / Pocket)

Bon ok, je triche un peu en citant une trilogie…

J’imagine fort bien l’expression de Glenn Cooper quand il a eu l’idée de ce nouveau roman. Son visage a dû s’illuminer, de plus en plus, à force de percevoir cette idée s’insinuer dans son esprit et de sentir sa force exceptionnelle. Le genre de concept dont le potentiel est si infini qu’il a dû en avoir le tournis.

J’ai rarement pris un tel plaisir ludique, instructif et stimulant. La terre des damnés est une triade jouissive.

Lien vers ma chronique de La porte des ténèbres

Lien vers ma chronique de Le feu des âmes

Lien vers ma chronique de La clé des ombres

4ème de couverture de La porte des ténèbres :

2015. John Camp, ancien militaire, est responsable de la sécurité de l’accélérateur de particules anglo-américain situé sous l’autoroute M25 de Londres. Il vient d’entamer une liaison avec Emily Loughty, la brillante scientifique écossaise qui dirige les recherches. Mais, lors d’un essai dans le laboratoire, les choses tournent mal et Emily disparaît, laissant sa place à un homme mystérieux. Bien vite identifié, il se révèle être un tueur en série anglais condamné et exécuté… en 1949.
Pour savoir ce qui est arrivé à Emily, John décide de renouveler l’expérience en s’offrant lui-même comme cobaye. Mauvaise surprise ! Le voici tombé dans un monde jumeau du nôtre mais… uniquement peuplé de criminels, de tous les morts ayant commis les pires atrocités au cours de leur vie sur Terre ! Dès lors, ce qu’il va découvrir dépasse tout ce qu’on peut imaginer.

EDGAR CANTERO – Le monde caché d’Axton House (Super 8 – 2015 / 10/18)

Ce n’est pas une simple lecture, c’est une expérience sensorielle (voire extrasensorielle) et une étincelante ode à l’imagination.

Ce récit est avant tout un formidable jeu de piste gothique, genre « société secrète », qui met en avant une belle part de surnaturel dans laquelle plonge un personnage principal qui ne croit pourtant pas en grand chose au début.

Mais l’incroyable est tellement présent dans ce roman, ricochant aux quatre coins des pages, qu’il fascine très vite personnage et lecteur, éblouis par tant d’inventivité.

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4ème de couverture :

Le jeune héritier d’un domaine niché dans les bois de Virginie est confronté à d’étranges phénomènes… chaque solstice d’hiver, sous le pâle halo lunaire, un mystérieux rassemblement s’y produit.

Âgé d’une vingtaine d’années, A. vient d’hériter d’Axton House, un mystérieux domaine niché dans les bois de Point Bless, en Virginie. A. ignorait avoir un parent éloigné nommé Ambrose Wells qui vivait aux États-Unis, et savait encore moins que le pauvre homme s’est récemment défenestré le jour de son 50e anniversaire, tout comme l’avait fait son père, au même âge, trente ans plus tôt. Accompagné de Niamh, mystérieuse jeune femme qu’il présente comme sa garde du corps, A. va de surprise en surprise. Quel sens donner à ces suicides ? Où est passé le majordome qui s’est enfui le jour de la mort d’Ambrose Wells ? Prenant possession des lieux, Niamh et A. vont tenter de résoudre les nombreuses énigmes auxquelles ils sont confrontés. Quel mystère abrite le labyrinthe du jardin ? Que cachent les pièces secrètes d’Axton House ? Et que penser de cette rumeur qui voudrait qu’à chaque solstice d’hiver, sous le pâle halo lunaire, un mystérieux rassemblement s’y produise ?

AYERDHAL – Bastards (Au diable vauvert – 2014 / Le livre de poche)

On retrouve dans cette fiction les ingrédients chers au regretté Ayerdhal. Une dénonciation (toute en finesse) des travers de notre société de consommation, des institutions et des milieux de pouvoir (CIA, bourse…). Un récit documenté, où la technologie tient une place importante, où l’action côtoie l’émotion et qui est aussi un chant d’amour d’un français à la ville de New York.

Pour plagier la métaphore de l’auteur dans ce roman, Ayerdhal est un peintre qui sait manier l’entièreté de sa palette avec un immense talent. Une palette d’une rare étendue, une explosion de couleurs, d’émotions, de nuances. Ayerdhal était un peu magicien quelque part.

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4ème de couverture :

L’écrivain new-yorkais Alexander Byrd ne parvient plus à écrire depuis qu’il a été récompensé par le prix Pulitzer. Il se lance à la recherche de celle que les médias surnomment Cat-Oldie, une vieille dame qui s’est débarrassée de trois agresseurs avec un outil de jardin et l’aide d’un chat. Sa quête se transforme en véritable investigation qui ravive une guerre entre services spéciaux impliquant la mystérieuse ancêtre. Elle l’amène aussi à croiser le chemin de femmes aussi félines que fatales et à requérir l’assistance de Colum McCann, Norman Spinrad, Jerome Charyn…

STEPHEN KING – Docteur Sleep (Albin Michel – 2013 / Le livre de poche)

2013 est sans doute l’une des plus grandes années du King. Avec 22/11/63 qui est pour moi son chef d’œuvre. Et Docteur Sleep, la suite de Shining, 36 ans après. Mais il peut se lire individuellement aussi.

Le moins que l’on puisse dire est que Docteur Sleep est différent de son prédécesseur. L’enfant lumière de Shining est à des années-lumière (sans mauvais jeu de mot) de l’adulte qu’il est devenu, du moins au début du récit.

J’ai été subjugué et profondément touché par cette histoire d’une sensibilité à fleur de peau et par ces personnages d’une profondeur étonnante. King y a privilégié la carte de l’émotion, plus que celle de l’horreur et de la peur. Sans doute une façon pour le King d’exorciser ses propres démons et de tourner définitivement la page.

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4ème de couverture :

Danny Torrance, le petit garçon, qui, dans Shining, sortait indemne de l’incendie de l’Overlook Palace, est devenu un adulte. Alcoolique et paumé comme l’était son père, il est maintenant aide-soignant dans un hospice où, grâce aux pouvoirs surnaturels qu’il n’a pas perdus, il apaise la souffrance des mourants. On le surnomme Docteur Sleep. Lorsqu’il rencontre Abra, une fillette de 12 ans pourchassée par un étrange groupe de voyageurs, Danny va retomber dans l’horreur. Commence alors une guerre épique entre le bien et le mal…



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23 réponses

  1. Merci beaucoup pour cette sélection.

  2. Retrouver Yal dans cette sélection quel plaisir 👏👏

  3. Lu que Docteur Sleep 😊
    Merci pour la liste Yvan. 🙏😘

  4. Oui effectivement 😉

  5. Comment ne pas parler de l’homme rune

  6. Merci pour cette sélection! Je n’en ai lu aucun, c’est dire ma méconnaissance du « genre »… Les « sept morts d’Evelyn Hardcastle » et « les somnambules » sont ceux qui m’intriguent le plus, je les prends en note.

  7. Pas si mal, j’en ai déjà trois dans ma PAL !

  8. Merci (ou pas!) pour cette belle sélection, 5 vont rejoindre ma wish list et Le monde caché d’Axton House vient de rejoindre ma pal. Trouvé ce matin par hasard chez Boulinier juste après avoir lu votre article. C’est un signe!

  9. Comme tu l’exprimes très bien, je pensais que le fantastique n’était pas pour moi… ET pourtant !! J’ai lu les 5 premiers de ta sélection et pris beaucoup de plaisir à ces lectures 😉 Il me reste les 7 vies à lire cette année, pas sûre d’y arriver.

  10. « Les Miracles du bazar Namiya » me tente bien 🙂
    Merci pour ce joli billet très intéressant.
    Bonne journée !

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