Le loup des ardents – Noémie Adenis

Avec ce Grand Prix des enquêteurs et le statut des jurés, 12 représentants de la sphère judiciaire, on pourrait s’attendre à des lauréats tournant dans le cercle très habituel des intrigues « flic / enquête ». Mais pas du tout, preuve de leur envie de mettre en avant le meilleur roman, même s’il sort de ce schéma pas si établi que ça.

Le 16ème siècle au quotidien

C’était déjà le cas avec les deux premiers livres, c’est encore plus flagrant avec Le loup des Ardents. Point d’enquêteur assermenté dans cette histoire, et un contexte historique qui plonge le lecteur dans le quotidien d’un petit village du 16ème siècle.

Une bourgade coupée du monde par un hiver difficile et qui se voit peu à peu ravagée par une terrible maladie qui engendre délires et nécroses, jusqu’à la mort. Et si tout avait été fomenté volontairement ?

Noémie Adenis étonne et détonne. Et ça fait du bien de lire un premier roman ainsi sorti des codes du polar être récompensé.

Ce qui frappe dès les premières pages, c’est la facilité avec laquelle le lecteur est immergé dans ce passé, durant une période où la souffrance fait partie de la vie courante. La primo autrice arrive à poser le décor à tel point que le lecteur sent le froid, les odeurs l’imprégner.

Une réelle qualité narrative pas si courante pour des débuts, encore moins dans un tel environnement. Et sans tomber dans aucune longueur, le livre étant court, 290 pages.

Contagion criminelle

L’écrivaine met son écriture fluide et maîtrisée au service de l’histoire et des personnages qui y gravitent. Des protagonistes qui n’ont rien d’exceptionnels de prime abord, mais des femmes et des hommes du quotidien, gens de la terre, bourrus mais avec du cœur. Pourtant on s’y attache.

La particularité du livre vient de cette étrange maladie qui décime le village, malgré l’aide de fortune d’un médecin de passage, qui deviendra l’homme central du récit.

Même si l’idée de fond a déjà été traitée par le passé, elle reste suffisamment singulière par son contexte criminel.

Le loup des Ardents est un roman noir plutôt réussi, surprenant par son ambiance, prenant aussi grâce au soin apporté aux personnages.

Noémie Adenis montre qu’elle a un vrai talent pour raconter une histoire, à travailler une atmosphère, avec une écriture déjà maîtrisée et particulièrement agréable.

Le thriller / polar / roman noir historique est trop peu exploité par les auteurs francophones, alors qu’il y a matière à proposer des récits prenants et qui sortent du lot, ce roman en est la preuve.

Yvan Fauth

Date de sortie : 16 septembre 2021

Éditeur : Robert Laffont / Collection : La bête noire

Genre : roman noir historique

4ème de couverture

1561, Sologne. L’hiver s’abat sur Ardeloup. Nuit et jour la neige tombe, transformant implacablement le village en prison. Puis un mal mystérieux se répand parmi les habitants. Certains ont des hallucinations terrifiantes, d’autres hurlent qu’ils brûlent alors qu’ils sont glacés.
Cette maladie qui imprime sa marque noire sur le corps des mourants est-elle l’œuvre d’un démon ou celle d’un assassin ?
Bientôt, la superstition embrase les esprits. Il faut un coupable avant qu’il ne reste plus personne pour enterrer les morts…



Catégories :Littérature

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10 réponses

  1. C’est clair… je le commande!

  2. Après un loup des Cordeliers, nous voici avec un loup des Ardents ! On va pouvoir hurler sous la lune 😆

    Je ne devrais pas, mais je le note 😉

  3. Merci pour ce très bel article dont j’apprécie l’argumentation même si j’ai été nettement moins enthousiaste

  4. Merci, une fois de plus, pour cette ardente nouvelle tentation, Yvan!

  5. Je note toujours car je trouve intriguant que, hors des codes, il ait été choisi par les jurys ! Et comme je suis curieuse…

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