Si un livre était une personne : Au cœur du cirque funèbre – Norman Jangot
En bref
Titre : Au cœur du cirque funèbre
Auteur : Norman Jangot
Éditeur : Heloïse d’Ormesson
Date de sortie : 08 octobre 2025
Genres : Polar / Roman noir
Introduction
Lire, c’est un peu comme rencontrer quelqu’un. Les bons textes prennent chair, ils respirent, ils nous parlent. Une manière de l’accueillir chez soi, en soi.
Je vais vous parler de cette lecture en la regardant comme on décrirait une personne, comme un être singulier qui marche un temps à nos côtés.
Sa présentation
La première impression
Son géniteur, Norman Jangot, avait présenté une autre lignée en 2024 avec L’œuvre du serpent, étonnant par sa personnalité singulière et son métissage de genres.
Il est donc logique que je souhaite rencontrer Au cœur du cirque funèbre, pressentant que cette rencontre sera encore surprenante.
Son genre
Assurément masculin.
Son regard
Au premier contact visuel, son regard ténébreux annonce la couleur. Dans quel cloaque va-t-il nous emmener ? Le mystère plane autant par son patronyme que par son apparence primale. De quoi titiller sérieusement la curiosité et donner envie de gratter derrière cette énigmatique apparence.
D’autant plus, que sa petite taille, 1m60 (enfin… 160 pages), interroge.
Sa voix
Car, dès les premiers mots versés, l’allant confirme les premières impressions face à son aspect. La parole est sèche, vive, alerte. Joliment ironique. Comme un appel à écouter son histoire qui s’annonce sombre et sans doute un brin excentrique.
Son style, sa tenue
Et pourtant, il se pare d’un costume (froissé) de facture classique, style roman noir à l’ancienne , à jouer délibérément avec les stéréotypes, avec les références. Ça sent l’alcool et la déprime, une fausse impéritie qui cache un esprit affûté. Un côté débraillé qui colle à sa peau.
Son âge ressenti
Immédiatement, il donne à la fois l’impression de faire partie de ces vieux briscards, tout en jouant une partition actuelle. De quoi rendre son récit assez intemporel.
Son cœur secret
Oui, secret, terrible secret. Il faudra oser suivre ses pas au plus profond des bas-fonds et de l’horreur humaine. C’est précisément ce qui le distingue et qui révèle que son aspect initial est trompeur. Les thématiques jouent avec le pire (comme les serials killers) tout comme avec une vérité occulte (voire ésotérique). En allant parfois loin, à l’image d’une des scènes du final, aussi visuelle que dérangeante.
Rien à voir avec le contexte du précédent récit, L’œuvre du serpent, qui parlait d’un futur et d’étonnantes facultés. Ici, c’est du Noir, ambiance Polar.
Ses relations
Aucun luxe dans la manière de t’aborder, la confrontation est directe, la séduction plutôt immédiate. C’est sa manière de s’exprimer qui tend rapidement à créer une certaine collusion, autant par rapport à son caractère affirmé que face aux situations décrites qui prennent souvent par surprise.
Son intensité émotionnelle
Des émotions fortes, assurément, ce n’est pas le genre de la maison de faire dans la dentelle ni la finesse. Brutal dans l’action, mais finesse dans la langue, un équilibre instable qui crée des pics de tension, sans respiration (pas de place pour ça), d’où son côté abrupt.
Les lieux où il nous emmène
C’est un sacré voyage que de suivre ses traces qui constituent un vrai jeu de piste ! Jusque dans les profondeurs du métro, dans ses recoins habituellement impénétrables. Un décor fuligineux qui fait fonctionner le sensoriel, qui dégage un malaise prégnant.
Sa compagnie idéale
Alors, allez vous acoquiner avec l’individu si vous aimez le Noir, un brin hard-boiled, mais aussi les histoires qui sortent des habituels sentiers rebattus, pour le suivre dans une enquête en forme de quête, atypique.
La conclusion de cette rencontre
On sort de cette aventure un peu cabossé, les mains sales. Mais elle vaut le détour, si vous acceptez les mystères persistants, les récits qui s’éloignent sans entièrement se livrer et qui semblent annoncer d’autres rencontres avec le privé Plamensen, pour d’autres routes à explorer.
Résumé éditeur
Un privé aussi désabusé qu’alcoolisé, prototype de l’anti-héros, lancé sur les traces d’un terrible tueur en série, parviendra contre toute attente à résoudre une diabolique enquête, grâce à son esprit de déduction et à son ingéniosité. Un spectaculaire jeu de piste dans un Paris clandestin.
Le privé Plamensen est engagé par un étrange et richissime collectionneur obsédé par les tueurs en série. Ce dernier lui propose d’enquêter sur le sinistrement célèbre Jonathan Mörgn, dont les victimes étaient toutes des sans-abris du métro parisien. La folie criminelle de Mörgn a pour point culminant la mise à mort par noyade de cinquante victimes dans un ancien bunker. Le psychopathe, pour entretenir sa légende, aurait dissimulé juste avant sa disparition des pictogrammes, dessinés à la main, au terminus de chaque station. Plamensen, le sarcasme arrosé au whisky, va tout faire pour éviter de se frotter à cette sale affaire. Pourtant, elle va finir par le rattraper, et il n’aura d’autre choix que de se salir les mains pour découvrir ce que dissimulait cet assassin aux sinistres desseins.
Pour affronter les ténèbres du cœur humain, la dérision est parfois une arme impitoyable. Plamensen, en dépit de son esprit souvent embrumé, n’a pas son pareil pour la dégainer. Dans le dédale du métro et les entrailles du ventre de Paris, Norman Jangot nous dérange, nous déroute et nous offre un polar d’une singularité redoutable.
Pour aller plus loin
Lien vers ma chronique de « L’œuvre du serpent »
Lien vers mon interview de Norman Jangot au sujet de « L’œuvre du serpent »
Lien vers la page de l’auteur chez son éditeur
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Catégories :Littérature, Si un livre était un personne

Pas facile cet exercice tiens et original ! Assez fun d’imaginer ça, je vais essayer avec ma lecture actuelle, juste comme ça, dans ma tête pour voir si j’y arrive 😉
oui c’est un vrai exercice mental, c’est marrant à faire 🙂
Ah, intéressant de lire qu’on repart sur du noir classique, j’ai hâte de lire ça, vu comment j’ai adoré l’œuvre du Serpent !
J’aime sa créativité
Intéressant, cette manière de présenter un roman ! Et pas facile…
Un exercice intéressant à faire mais pas facile effectivement !
J’en reste toujours baba !
Originale cette manière de nous présenter ce roman. J’ai adoré « L’œuvre du serpent » découvert grâce à toi. Ce roman-là me parait très différent, peut-être que je me laisserais tenter. Merci pour ce partage Yvan.
Il est effectivement tres différent.
A tenter !
Merci du commentaire 😉
Whaou, c’est un sacré challenge que tu nous propose là.
Je ne suis pas certaine de réussir l’exercice avec mes lectures.
Mais ce qui est certain, c’est que tu m’as donner envie de découvrir ce texte !
C’est marrant à faire, mais je confirme que ce n’est pas facile. Tant mieux si ça t’a donné envie se t’y pencher !
Trop complexe pour moi, en effet 😉