Un océan de rouille – C. Robert Cargill | Chronique littéraire : 1 lecture, 5 émotions
En bref
Titre original : Un océan de rouille
Auteur : C. Robert Cargill
Éditeur : Albin Michel / Le livre de poche
Date de sortie : janvier 2020
Genres : Thriller d’anticipation / SF
Traduction : Florence Dolisi
Introduction
Un roman de science-fiction post-apocalyptique qui mêle action et réflexion, porté par des personnages robotiques étonnamment humains. Avec Un océan de rouille, C. Robert Cargill signe un récit haletant qui captive autant qu’il interroge.
Voici ma chronique du roman en cinq émotions
Choc
IA bien qui IA le dernier ! En tout cas, ça se passera entre elles, robotisées ou non. L’être humain n’est plus là pour constater les dégâts, nos anciens esclaves ont pris la main.
C. Robert Cargill nous emmène dans Un océan de rouille où chaque robot tente de survivre à sa propre obsolescence. Chacun pour soi, malgré les Intelligence-Mondes (IA suprêmes) qui tentent de prendre le contrôle de tous.
Ce futur est un vrai Far West, plein de bruit et de fureur, mais où les réflexions et les ressentis savent se frayer un chemin : sacré choc frontal.
Entre scènes d’action directes et très remuantes, et des passages qui servent autant de sonnettes d’alarme qu’à comprendre « l’âme » de ces machines, cette post-humanité ne laisse pas de répit au lecteur.
Les filiations annoncées avec Terminator et Mad Max : Fury Road sont bien présents, vous pouvez donc imaginer une partie du carnage.
Intensité
Mais, réduire le roman à de l’action serait lui faire injure. Elle est entrecoupée de flash-back, comme autant d’explications de la chute de l’humanité. Et des pistes de réflexion et d’analyse sont nombreuses et fort bien menées. Tout ça est sacrément intelligent.
Du coup, la lecture se révèle intense, dans cet univers robotique qui pourtant ne cesse d’évoquer la notion de liberté.
Il faut dire qu’avec ce Big Brother Ia-tique qui tente de prendre le contrôle de l’ensemble des machines, chaque page est une nouvelle surprise, un nouveau rebondissement.
Et comme l’auteur joue l’anthropomorphisme à fond, on se sent vite totalement impliqué dans cet univers de métal et de rouille.
Sympathie
Oui, vous allez vous attacher à ces personnages, même s’ils ne sont pas humains. C’est le grand point fort de ce récit.
Cargill a une capacité incroyable à décrypter leur état émotionnel (le robot au cœur de l’intrigue s’appelle Fragile, un nom prédestiné), à détailler leur vulnérabilité.
Les IA ont-elles une conscience ? L’auteur s’en amuse autant qu’il creuse le sujet, injectant un vrai souffle à l’histoire.
Ses individus-machines sont hyper bien caractérisés (Fragile est un ancien robot aidant, il lui reste des bribes « d’empathie »), au point qu’on oublie parfois qu’il n’est pas question de nature humaine. Car de ces passages découlent de vraies émotions.
Enthousiasme
L’ensemble de ces questionnements existentiels, et ces parties quasi philosophiques totalement intégrées dans l’action ont emporté mon adhésion, passionnément.
L’écrivain sait y faire, et son écriture pleine de verve, caustique, y est aussi pour beaucoup.
On pourrait penser que son histoire et l’environnement créé ont été traités tant et tant de fois, et pourtant il arrive à y imprimer sa patte.
Rémanence
Les romans comme celui-ci, accessibles et profonds, c’est pain bénit pour les lecteurs qui cherchent un divertissement qui laisse tout de même des traces.
Avec cette histoire soigneusement élaborée, C. Robert Cargill s’est assuré que ce roman haletant restera gravé dans la mémoire du lecteur, grâce à des passages mémorables, des sentiments profonds et des questionnements marquants.
Il faut dire que ses créatures ressemblent tant à leurs créateurs…
Note personnelle
J’ai adoré me plonger dans ce blockbuster qui propose de grosses pelletées de réflexion. De quoi nous regarder en face à travers ces IA robotiques.
L’auteur ne fait pas que recycler des idées connues, il les transforme, à l’image de Fragile devenue collecteur de composants. Il faut savoir s’adapter :-). C. Robert Cargill ne cache pas ses influences, il en joue, pour mon plus grand bonheur.
Je conseille vivement de lire son livre suivant, et même de le faire dans l’ordre inversé, puisque Jour Zéro est une préquelle qui raconte le dernier jour de l’humanité. Et il est encore meilleur !
En résumé
Roman publié en janvier 2020
Quatrième roman de C. Robert Cargill, le premier publié en France
Cinq émotions dominantes : Choc, Intensité, Sympathie, Entousiasme, Rémanence.
Une lecture qui plaira aux amateurs de thrillers d’anticipation, vivants et intelligents.
Résumé éditeur
Robots, androïdes… Pendant des décennies ils ont effectué les tâches les plus ingrates, ont travaillé sur les chantiers les plus dangereux. Ils nous ont servi de partenaires sexuels, se sont occupés de nos malades et de nos proches en perte d’autonomie. Un jour, confrontées à notre refus de les émanciper, certaines de ces machines ont commencé à nous exterminer.
Quinze ans après l’assassinat du dernier humain, les Intelligence-Mondes et leurs armées de facettes se livrent un combat sans merci pour la domination totale de la planète. Toutefois, en marge de ce conflit, certains robots vivent en toute indépendance. Fragile est l’une d’eux. Elle écume l’océan de rouille à la recherche de composants à troquer et défendra sa liberté jusqu’à la dernière cartouche, si nécessaire.
Pour aller plus loin
Lien vers ma chronique de « Jour zéro », la préquelle
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Catégories :1 lecture, 5 émotions, Littérature

Tu vas rire mais je pense que j’en ai un qui traîne dans ma bibliothèque… oups 😬
je sais, oui 🙂
Argh, toujours pas lu…
Argh, c’est pas bien 😉
Ah, pour une fois, je suis en avance : lu depuis un certain temps !! 😆
Ça arrivera de plus en plus 😉
Hé non, alors, ce sera le monde à l’envers ! Il est déjà à l’envers, le Monde, n’en rajoutons pas, sinon, à la fin, tu vas finir par nous chanter du Johnny 😆
Un roman qui m’attire beaucoup (bon en même temps j’adore Terminator et Mad Max), et que je rajoute de ce pas à ma longue liste d’envies.
Il en vaut la peine, tu verras !
Celui-ci je l’ai lu et apprécié il y a 5 ans, je l’avais amené avec moi en vacances et nous avons été confiné derrière.
Du coup pour moi c’est devenu une lecture marquante aux vues de la situation inédite que nous vivions.
Et en lisant ta chronique, c’est tout ce que j’ai ressenti lors de ma lecture que j’ai ressenti là !
Merci mon ami 🤩
Ah oui c’est ke genre de souvenir marquant !