Le livre de Sève – Charlotte Monsarrat
En bref
Titre original : Le livre de Sève
Auteurs : Charlotte Monsarrat
Éditeur : Le tripode
Date de sortie : 05 mars 2026
Genre : fiction
Voici ma chronique en cinq émotions
Émerveillement
Le livre de Sève porte bien son nom. Charlotte Monsarrat nous raconte à la fois la vie de ce personnage et celle d’un monde perdu pour l’humanité qui tend à se ressourcer. Ce roman est une invitation à retrouver ses racines. Il ne fait rien de moins que toucher au sublime, pour moi. Vous voilà prévenus, dès mes premiers mots, je ne peux faire autrement que crier mon émerveillement et mon amour de cette lecture.
Ce court texte, de 200 pages, est d’une richesse et d’une puissance qui m’ont laissé sans voix. À l’image du personnage principal, il m’a fallu attendre quelque temps pour trouver les mots face aux émotions primitives, originaires que ce livre a puisées en moi.
Il est le phloème qui a assuré le transport de cette sève vers mon cœur, mes tripes. L’essence même d’une vie qu’on tend à perdre de vue. Il a créé cette alchimie, cette photosynthèse qui a transformé ces pages de papier en molécules d’émotions inoubliables.
Je n’ai jamais lu un livre pareil, sans doute que vous non plus. Aussi original que prenant, aussi parlant que touchant, aussi créatif. Je n’ai jamais rencontré des protagonistes pareils non plus.
Tendresse
La source, la souche de cet émerveillement est Sève, la bien nommée. Elle est le liquide nourricier qui circule dans les différentes parties de ce texte. Lui donnant force, vigueur et vitalité.
J’ai ressenti une tendresse infinie pour l’ensemble des personnages, pas seulement celui-ci. Sève est le tronc, ils sont les branches de ce récit qui permettent cette si belle floraison émotionnelle. Un houppier de ramifications vivantes, vibrantes, porté par ce moteur de croissance qu’est le personnage de Sève.
Ce livre est saisissement, trouble, émoi. Avec une autrice en état de grâce qui s’est laissée porter, emportée par la croissance folle de ses graines semées.
Charlotte Monsarrat m’avait déjà impressionnée et emballée par son premier roman, Les âmes fragmentées. Dans ma chronique de l’époque, je parlais de bombe à fragmentation, tant son talent m’avait explosé à la figure. C’était un roman d’anticipation, mais surtout un récit de l’intime. Comme celui-ci, intime au possible. Si différent dans sa forme, sa narration, son approche, mais toujours d’une humanité folle. Mais pas celle que vous imaginez, une autre, ancrée dans le sol.
Ma sensibilité est donc, avant tout, touchée par cette écrivaine, qui en deux romans m’a chamboulé comme peu d’autres l’ont fait.
Étonnement
Au fur et à mesure que l’écorce de l’histoire s’exfoliait, ce texte m’a littéralement, littérairement, retourné. À en perdre mes repères habituels de lecteur, sans jamais m’égarer en chemin dans la luxuriante forêt de son imagination.
Et autant dire qu’elle est fertile. Elle a créé un monde, loin du nôtre, retourné à la nature. Une nature qui a repris le pouvoir, combattu l’humain, gagné la partie, pour l’asservir ensuite. Le rendre à l’état d’animal en cage, du moins les femmes. Les hommes je vous laisse la surprise.
Ce roman est grouillant d’idées, d’inventivité, toujours au service de l’histoire et des personnages. Un peu à la manière d’un conte fantastique, où l’accent est mis aussi sur l’écriture, à la fois accessible et travaillée, toujours au service des émotions.
Avec la nature au centre, mais sans oublier de donner une belle place aux mots, au langage. Au point d’avoir imaginé un autre alphabet pour permettre d’écrire le livre qui raconte la vie de Sève. Un ABC directement connecté aux arbres. Fascinant.
Inspiration
L’intrigue est surprenante de bout en bout, l’évolution des protagonistes tout autant. Loin de toute surenchère, l’autrice a su faire éclore des bourgeons à partir d’une situation en dormance, grâce à un être atypique, qui fait le lien : Sève.
Ce n’est pas qu’une simple histoire, on sent Charlotte Monsarrat totalement impliquée, fabuler un retour aux sources qu’elle semble avoir entamé personnellement, à se servir de sa connexion avec la nature pour inventer un tel récit, à la fois cri d’alarme, appel à la recherche d’une harmonie, et preuve d’un talent de conteuse hors pair.
Son amour de cette nature sert d’humus qui permet de faire éclore des sensations de lecture rares et précieuses. Jusqu’à approcher les cimes de mes amours littéraires.
Rémanence
Ce texte porte ses fruits, montrant de quel bois se chauffe l’autrice, celui de l’intime, des racines que nous perdons peu à peu à trop se déshumaniser. Elle révèle combien nous ne sommes qu’un élément parmi d’autres.
Elle maîtrise l’art de la fructification des mots en émotions, à écorcer l’âme de ses personnages, morceau par morceau, au sens propre comme au figuré.
Charlotte Monsarrat est connectée à la terre, aux autres aussi avec ce récit aux accents de sororité, d’une manière simple et saine.
Ses métaphores, sa manière de donner du sens par des images fortes, cette idée formidable d’un monde détruit par arrogance et qui cherche une autre manière de se reconstruire, ses visions positives transperçant les ténèbres, tous ces éléments sont une bénédiction pour un lecteur comme moi. Ma recherche de romans différents, créatifs, qui portent des messages et des valeurs a été comblée, à me rendre au centuple le temps que je lui ai accordé.
Lisez ce livre, lisez autrement, ouvrez votre cœur et votre esprit, laissez-vous porter par Le livre de Sève, c’est un livre racine, rare et puissant, qui ne se contente pas de se lire, il circule dans vos veines longtemps après la dernière ligne.
Résumé éditeur
Dans le Roncier, les femmes naissent et enfantent. Elles ont depuis longtemps oublié les rêves et le sens des mots. Parmi elles, deux sœurs grandissent, différentes des autres. Duramen et Sève sont avides du monde par-delà leur prison d’écorce et d’épines. Un jour, elles tentent de s’échapper. Mais le Roncier retient Duramen et la jeune Sève se retrouve seule. Et libre. Elle entame alors une quête à travers les plaines et les forêts, à la découverte d’un monde qu’elle apprend à connaître, guidée par ses rencontres et la promesse de revenir libérer sa sœur.
Pour aller plus loin
La page du roman sur le site de l’éditeur
Lien vers ma chronique de « Les âmes fragmentées«
Lien vers mon interview autour des « Âmes fragmentées »
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Catégories :1 lecture, 5 émotions, Littérature

Quelle belle chronique, travaillée sur le champ lexical de la terre pour mettre en lumière un roman qui parle de la nature. J’aime ♥️
merci mon amie :-). Ce livre parle si bien de la nature que j’avais envie de lui rendre hommage de cette manière
J’avais beaucoup aimé « Les âmes fragmentées » (découvert grâce à toi, décidément 😉), et celui-ci est noté depuis que j’ai appris sa sortie. Merci Yvan pour ce joli partage
ça fait plaisir ! Alors tu peux y aller, même si les deux livres sont très différents
Tu me donnes envie de jardiner, toi ! Et de lire ce roman 😉
oui va prendre le soleil, tu lis trop, ahah !
Oui, j’ai pris le soleil, maintenant, j’ai trop chaud 😆
Yvan le jardinier des mots, c’est joli je trouve. Merci à toi pour le partage 🙏 😘
eheh c’est joli, merci 😉
🤗 Tu sèmes, et nous on récolte