5 lectures pour votre été : cinq romans inclassables

L’été est souvent propice à la lecture. Mais que lire ? Quels livres marquants emporter avec soi ?

Voici cinq histoires mémorables, à travers des romans inclassables. Qui gomment les frontières des genres, s’affranchissent des règles et ne se laissent pas enfermer dans des boites.

Cinq livres à la personnalité marquée, qui ne ressemblent à rien de ce que l’ont peut lire habituellement, tout en restant accessibles à tous. De la littérature populaire audacieuse et captivante, pour un plaisir de lecture décuplé !

Bonnes lectures !

Michael McDowell – Blackwater

Editions Monsieur Toussaint Louverture

Sortie : 2022

Les six tomes qui ne font qu’une histoire ont été édités à quinze jours d’intervalle, comme un feuilleton, respectant le rythme et le format original en poche. Un procédé dont Stephen King s’est inspiré pour sortir La ligne verte.

La saga de Michael McDowell se révèle être une lecture rare, étonnante, perturbante, déstabilisante, effrayante parfois, mais surtout passionnante. Du jamais lu, à travers une histoire d’une incroyable richesse, et surtout qui gomme les frontières des genres.

Ce récit inclassable est avant tout histoire une saga familiale, mais se révèle être bien davantage que ça. A l’image de la tournure parfois fantastique que prend cette aventure, transformant ce livre en une quintessence de cette littérature populaire si volontairement défendue.

Blackwater couvre cinquante ans d’une lignée, d’une contrée, à travers un récit à la fois épique et profondément humain. Avec un réalisme contrebalancé par le mystère, une matérialité teintée de merveilleux (et d’horreur aussi). Sans que jamais le lecteur ne puisse anticiper le ton du paragraphe à venir.

4ème de couverture du tome 1

Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater.

Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey.

Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ¬co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi ¬addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Stuart Turton – Les sept morts d’Evelyn Hardcastle

Editions Sonatine – 10/18

Sortie grand format : 2019 – Poche : 2020

Cette histoire est dingue, ambitieuse, complexe, fantastique, inimaginable, aussi minutieuse que follement ludique.

Ce livre est un puzzle, au nombre de pièces inconnu. Le résumé dit que chacune des plus de 500 pages recèle un rebondissement et un morceau de cette énigme. Cela parait impossible, mais c’est pourtant la stricte vérité. Une page = une pièce du puzzle (au minimum).

Ce roman tient donc du casse-tête, du jeu de patience, du Memory, de l’enquête… Mais c’est aussi une peinture très détaillée d’un monde aristocratique, début 20ème, qui s’effondre. Mensonges, trahisons, secrets, tout y est. C’est incroyablement fun, formidablement divertissant !

Les sept morts d’Evelyn Hardcastle est un roman sans pareil, une énigme hautement et follement jouissive. Stuart Turton se révèle, dès son premier livre, comme un auteur qui ose l’impossible mais qui s’en donne les moyens. Le résultat est singulier et se révèle une inoubliable expérience littéraire.

4ème de couverture

Prêt pour un plaisir de lecture comme vous n’en avez pas connu depuis longtemps ? Mixez Agatha Christie, Downton Abbey et Un jour sans fin… Voici le roman le plus divertissant de l’année !

Ce soir à 23 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ? Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre. Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée. Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.
Chef d’œuvre de construction, de références littéraires et d’habileté technique, Aiden croisera lapin blanc et personnage masqué pour tenter de percer le mystère de ce meurtre aux mille tiroirs !

Jérémy Fel – Nous sommes les chasseurs

Editions Rivages

Sortie : 2021

Plus de 700 pages d’une fiction qui mange la réalité. Qui la façonne, la malaxe, la digère pour l’intégrer dans une œuvre fictionnelle d’une ambition folle.

Ce récit met de nombreux protagonistes en scène, imaginés, ayant existés, ayant pu exister autrement.

En entrant dans ces pages, Jérémy Fel attend que vous lâchiez prise. Pour vous laisser porter, emporter. Vous laisser broyer, ronger. Vous laisser perdre, vous abîmer. Vous laisser pervertir aussi. Si vous acceptez ce parti pris, cette lecture sensorielle sera de celles dont vous vous souviendrez très longtemps.

Nous sommes les chasseurs est un roman qui ne peut être anticipé. 10 chapitres comme autant d’histoires qui pourraient être distinctes. Comme de longues nouvelles, de 70, 100 ou encore 150 pages. Sauf que des liens subtils apparaissent au fil du temps.

Nous sommes les chasseurs, est un livre de genre. Ou plutôt de genres, tous ces mauvais genres qui vont du Roman Noir historique au roman d’anticipation, en passant par une actualité crue. Transgenre, ce qui le rend impossible à ranger dans une case.

4ème de couverture

Dans un univers sombre et magnétique, où les époques et les lieux se superposent jusqu’au vertige, Gabriel, Damien ou Natasha se débattent avec de vieilles peurs héritées de l’enfance et leurs pulsions les plus inavouables.
Jérémy Fel entraîne ici son lecteur dans un imaginaire éblouissant, où cruauté et trahison règnent en maître. Comme dans un palais des glaces, les destins se répondent et se reflètent, créant un monde où visible et invisible, réel et fiction, se confondent.

Michaël Mention – Manhattan Chaos (2019)

Editions 10/18

Sortie : 2019

Miles Davis était un fou génial, roi des expérimentations. J’ose affirmer que Michaël Mention l’est tout autant.

Vous vous attendez à une bio romancée du musicien ? Oubliez… Vous pensez lire un roman noir classique ? Oubliez… Vous imaginez vivre une banale déambulation dans New York ? Oubliez…

New York vit, le temps d’une nuit, l’insurrection et le désordre. Le livre est, lui aussi, une R.é.v.o.l.u.t.i.o.N. ! Il est maîtrisé au cordeau tout en étant d’une liberté totale. Original au possible, dans la forme et dans le fond.

Court (210 pages), asphyxiant, surprenant, fantastique (à bien des égards). Une course qui se transforme en traque. Visuel et sensoriel. Viscéral. Hallucinogène.

Écriture immersive, images dans la tête, sons dans les oreilles… C’est la marque de fabrique de Michaël Mention depuis toujours. Avec cette histoire, il a eu l’occasion d’aller au bout de ses trouvailles stylistiques. Empreinte reconnaissable entre mille. Qui arrive à mettre des mots sur la musique. Des mots sur les émotions les plus puissantes, comme les plus subtiles.

4ème de couverture

New York, 13 juillet 1977. Un black-out total paralyse Manhattan et fait basculer la vie de Miles Davis.

L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Son of Sam rôde dans les rues.
Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. Mais nous sommes le 13 juillet, et tout va basculer. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont alors plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville. Forcé de sortir, Miles va errer dans les rues prises d’assaut par la foule et entamer un trip halluciné qui lui fera revivre certains des épisodes les plus marquants, les plus tragiques, de l’histoire de la grosse pomme.

Glen David Gold – Carter contre le diable (2001 / 2002 – réédition 2014)

Editions Super 8 – 10/18

Sortie initiale : 2001 – Réédition grand format : 2014 – Sortie poche : 2015

Il y a des livres qui touchent directement votre âme… cette partie de votre âme qui est encore capable de s’émerveiller.

Carter contre le diable est de ceux-là. Ce n’est pas qu’un simple livre, il est un peu magique. A l’image de son sujet, il fait appel à notre capacité d’éblouissement et d’optimisme d’une manière incroyablement touchante et ludique.

Ce roman prouve qu’on peut proposer un pur divertissement tout en ayant une ambition folle. Car cette histoire est totalement unique, mélange de tant de genres : roman historique, polar, chronique sociale, histoire d’amour, roman d’aventure, avec même une toute petite touche de fantastique.

L’auteur est un envoûteur, un charmeur, un prestidigitateur des mots, un enchanteur des sens. Ce qui est proprement étonnant c’est que, malgré l’épaisseur du roman (800 pages), jamais Glen David Gold n’en fait trop. Le récit coule tout seul, le tout étant hautement visuel et d’une confondante subtilité.

Je me suis accroché aux pages, j’ai ri, j’ai frissonné, j’ai eu la larme à l’œil, j’ai viscéralement aimé les personnages. Toutes ces émotions, au point de ressentir de la tristesse, une fois le livre refermé, tristesse de devoir quitter cette ambiance et ce héros des temps anciens si profondément attachant.

4ème de couverture

1923, San Francisco. Carter le Grand, l’un des prestidigitateurs les plus célèbres du pays, donne ce soir-là un spectacle exceptionnel devant le président des États-Unis, Warren G. Harding, qu’il invite sur scène pour participer à l’un de ses stupéfiants numéros. La représentation est un triomphe mais, quelques heures plus tard, le président meurt mystérieusement dans sa chambre d’hôtel. Sachant qu’il va être suspecté, Carter disparaît afin de mener sa propre enquête. Aurait-il eu des raisons de se débarrasser du locataire de la Maison Blanche ? L’agent Griffin, des services secrets, se lance alors à ses trousses. Mais affronter un génie du trompe-l’œil et de l’illusion tel que Carter ne va pas être chose aisée.

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7 réponses

  1. Merci pour toutes ces idées de lecture et ce partage avec nous les lecteurs curieux de découvrir d’autres horizons et d’autres atmosphères.

  2. Je découvre, de bonnes idées de lectures, merci.

  3. Je dois avouer que je n’ai pas trop accroché aux « Sept morts d’Evelyn Hardcastle ». « Nous sommes les chasseurs » est dans ma pile à lire depuis longtemps mais je n’ai pas encore osé y toucher. Je n’étais pas sûre d’aimer… je vais peut-être finir par me lancer, finalement.

  4. Oups, pas encore lu le Jeremy Fel, pas bien de ma part, je sais…

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