De mort lente – Michaël Mention

Michaël Mention est un perturbateur. Un agitateur de conscience, un provocateur de réactions.

Un mutin mutant qui frappe frappe frappe là où ça fait mal. Choc frontal pour nous ouvrir les yeux.

Nous vivons de plus en plus vieux. Mais nous tombons de plus en plus malades, de plus en plus jeunes. Cancers, infécondité, problèmes de thyroïde, autisme…, la liste des maladies et nouveaux symptômes est interminable. On en a plus ou moins conscience sans trop arriver à toucher le problème du doigt. Mais :

Certains savent…

Certains savent et ne font rien…

Certains savent et en profitent…

Certains profitent et savent en être responsables…

Certains savent !

Le sujet central de son nouveau roman est en lien avec les perturbateurs endocriniens. Ils sont partout, villes et champs, intérieur et extérieur.

Les envahisseurs, des substances étranges. Leur but : s’établir dans votre corps et en faire leur univers. Michaël Mention les a vus. Pour lui, cela a commencé pendant une triste nuit (sans sommeil), alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva.

A présent, Michaël Mention sait que les envahisseurs sont là, qu’ils ont pris forme humaine et il lui reste à convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé…

Parce que les envahisseurs ne sont pas que matières et composants chimiques. Ce sont aussi des hommes de l’ombre qui défendent les profits de ceux qui répandent le mal : les lobbies.

Contre les lobbies seuls, laissons Michaël Mention être notre Obi-Wan.

L’écrivain de génie (je n’ai pas peur d’utiliser le mot) choisit la fiction pour faire passer des messages. Et des émotions. Le but n’est pas de faire peur, mais d’ouvrir les consciences à la réalité et jeter une pierre supplémentaire dans la mare saumâtre des profiteurs à profits.

Les personnages capricieux de son histoire sont en guerre. Un journaliste, un scientifique, un couple et leur jeune enfant atteint par des maux étranges. Qui veulent savoir, qui veulent faire savoir. Le prix de leur engagement sera très lourd.

Peu d’auteurs savent ainsi proposer un récit imaginaire si ancré dans le réel, avec une patte si personnelle. Coups de griffes.

Chaque roman de l’auteur possède son atmosphère propre. Écriture inimitable et reconnaissable entre mille, mais ambiance et traitement différents.

Ce Mention-là est presque journalistique. Enquête de fond d’un frondeur qui dévoile la face cachée d’une Industrie. Et les rouages complexes et grippés de la Commission Européenne, qui virent trop souvent de leur axe.

L’équilibre est précaire entre cette investigation et ses obsessions stylistiques. C’est la première fois que j’ai parfois trouvé sa manière d’intégrer la musique à l’histoire un peu surjouée sur un sujet qui s’y prête moins, mon léger bémol (et pourtant, j’aime ça d’habitude !).

Mention, séduisant séditieux, qui cogne avec ses mots, percute avec son style, bouscule avec sa construction narrative. Lynche, dérouille, pilonne, rosse, bastonne. Écrit avec les tripes à l’air ; opération à cœur ouvert. Ses personnes souffrent mais combattent, avec le peu d’armes à leur disposition. David contre Goliath, moustiques dans le système.

Parce que c’est aussi une histoire d’humains et de notre humanité dont il est question. C’est. Notre. Histoire.

De mort lente est un acte de résistance. Brutal comme la vie l’est, insolent comme l’est le talent de son auteur. Michaël Mention est un perturbateur littéraire, au don unique, et qui a encore la folie de croire qu’on peut se battre. Essayons de croire comme lui, puisqu’on croit en lui !

Dans une période où on se retrouve dans l’obligation de prendre physiquement du recul à cause d’un virus, profitons-en pour réfléchir à d’autres sujets graves. Et ce qui doit inévitablement changer dans notre société, le jour d’après. Ce livre parle de ça, aussi.

Yvan Fauth

Date de sortie : 11 mars 2020

Éditeur : Stéphane Marsan

Genre : roman noir

4° de couverture

« Nous sommes en guerre. Il en va de notre évolution, de l’avenir de l’humanité. Ils noyautent la Commission, alors nous noyautons l’industrie. Tous les coups sont permis. »

Marie, Nabil et leur fils étaient heureux.
Philippe était un éminent scientifique.
Franck était journaliste au Monde.

Désormais, ils sont victimes du puissant lobby de l’industrie chimique. Leur erreur : s’être interrogés sur les perturbateurs endocriniens, ces substances présentes dans notre alimentation et les objets de notre quotidien, responsables de pathologies telles que l’infertilité, le diabète ou encore le cancer.

Marie et les autres exigeaient des réponses, ils subissent une riposte d’une violence sans précédent. Rien ne leur sera épargné. Une guerre sans pitié, de Paris à Bruxelles, de la Bourse à la Commission européenne, où s’affrontent santé publique et intérêts privés, notre avenir et leurs profits.



Catégories :Littérature

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30 réponses

  1. Chronique remarquable !

  2. Salut Yvan, je suis en plein dedans et je ne peux qu’être d’accord. D’habitude je ne lis pas les chroniques des livres que je lis avant de les avoir finis. Mais là, tu as fait fort. Ta chronique est magnifique. Amitiés

  3. Superbe chronique, à la hauteur des livres de M. Mention. Merci !

  4. Super chronique
    Mais on te l’a déjà dit
    Je l’ai toujours en tête et pourtant j’en ai lu 3 derrière, et des bons , mais celui ci ‘a marqué, parce que j’y crois … malheureusement
    Bonne journée malgré tout ce marasme
    Biz

  5. Une très belle chronique pour un livre qui doit absolument être connu. D’une part parce que la plume de Michael est exceptionnelle mais aussi parce que ce roman devrait être reconnu d’utilité publique !

  6. Une présentation qui donne envie de lire le livre!

  7. Excellente chronique! J’aime cet auteur qui sait clairement où il va. Il éveille les consciences. Vraiment hâte de le lire!

  8. Je vais t’avouer que tu m’as vraiment fait peur mais que j’ai envie de lire ce livre! C’est tout ton talent ça! Bravo! Maintenant, nous savons aussi que tu es un grand chroniqueur!

  9. Ciel… tu deviens aussi fou que l’auteur 🙂 Bravo pour cette délirante chronique !
    Tu connais mon sentiment et notre grand désaccord sur Michael ( que j’aime beaucoup en tant que personne )
    A part Power que j’ai adoré, j’ai beaucoup de mal.
    Je passe donc mon tour 🙂

  10. Une chronique magistrale (je crois bien que c’est ma préférée) pour un livre qui ne l’est pas moins. Michael surprend et se renouvelle à chaque fois mais toujours avec la même fougue et un talent qui ne cesse de grandir !!!!!!!!!!!!

Rétroliens

  1. Interview – 1 livre en 5 questions : De mort lente - Michaël Mention - EmOtionS - Blog littéraire

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