AVIS DE LECTURE
Des loups qui hurlent à la lune sur la belle couverture du livre de Charlotte McConaghy. Et moi, Je pleure encore la beauté du monde, à ses côtés, criant tout mon amour pour son éblouissant roman.
Je pleure de joie et d’émotions tellement cette lecture fut émouvante, puissante, parlante, remuante, palpitante. Des émotions d’une telle force j’en ressens peu dans une année de lectures (et je lis beaucoup). Une merveille, un sombre bijou.
Parfaite alchimie
L’écrivaine australienne réussit une parfaite alchimie avec son deuxième roman, comme si toutes les qualités et toutes mes attentes étaient concentrées dans un seul récit.
Un récit prenant, des personnages forts et à la psychologie fouillée, des considérations environnementales et sociales parlantes, une vision humaniste poignante, une noirceur et une lumière qui sont inséparables, des surprises de taille, une écriture vibrante.
Universel
Des thématiques universelles entremêlées, amour, haine, vengeance, que l’autrice arrive à renouveler. Des sujets importants en lien avec l’écologie et la violence faite aux femmes parfaitement intégrés dans une vraie histoire. Le tout, sans jamais alourdir le propos, toujours d’un vrai enrichissement. Une sorte de couteau suisse d’une Australienne qui n’oublie jamais les émotions en route. Tête et cœur, indissociables.
J’ai découvert ou approfondi des thèmes passionnants à travers cette fiction qui parle de l’empreinte dévastatrice de l’homme sur la nature, tout comme des dégâts subits par la moitié de l’humanité (les femmes). Un parallèle en forme de domination, qui fait sens au fil des pages.
Cascades trophiques
La notion de cascades trophiques ne vous dit pas grand-chose, comme moi avant de lire le livre ? C’est pourtant une notion essentielle pour comprendre l’équilibre naturel mis à mal par l’homme. Faire disparaître un prédateur (le loup) fait proliférer ses proies naturelles (les cervidés) qui détruisent l’écosystème naturel (les plantes, et les arbres qui ne poussent plus). La démonstration (jamais professorale), à travers cette histoire, est parlante et pousse sérieusement à réfléchir à notre vraie place dans le monde, et à prendre de la hauteur.
(Image tirée de la page Wikipédia sur le sujet)
Hyper-sensibilité
Autre sujet qui m’a passionné et que j’ai envie de creuser à l’avenir avec d’autres fictions qui s’appuient dessus, le personnage principal est atteint d’une forme rare de synesthésie visuo-tactile, sorte d’hyper sensibilité, d’empathie extrême qui la force à ressentir dans son corps tout ce que les autres ressentent et endurent. Au point de lui pourrir la vie. Si quelqu’un se brûle devant elle, elle perçoit cette brûlure comme si c’était la sienne, une gifle comme si elle la prenait en pleine tête, etc.
L’écrivaine arrive à intégrer ces deux concepts dans son intrigue, ce qui donne des scènes d’une incroyable puissance, violemment émouvantes, et parfois stressantes. Je n’ai que rarement autant frémi et palpité à la lecture de scènes, au point d’en trembler littéralement. C’est la magie de l’autrice qui arrive à propager cette synesthésie au lecteur, c’en est inimaginable !
Connexion
Les personnages sont formidables, tellement humains, même quand ils sont durs (à l’image de la mère flic), même quand ils sont perturbés (la sœur jumelle, et leur rapport déchirant). Les relations interpersonnelles sont une des forces de ce roman, son âme.
Mais pas seulement, la connexion avec la nature en est la seconde source, preuve que ce n’est pas incompatible. Avec l’humain à sa juste place, qui respecte son entourage comme ses congénères.
Guérir ?
Les passages autour de la réintroduction des loups sont fascinants, bien assimilés dans l’intrigue. Car il s’agit bien d’un vrai roman noir (il y a un mort, d’ailleurs je vous déconseille de lire la 4ème de couverture qui en dit trop), qui flirte aussi avec le thriller, tout en restant social et parfois contemplatif. Un mix qui pour moi est parfait, et qui porte toutes les qualités pour plaire au plus grand nombre.
Des passages beaux à pleurer, des scènes dures au possible, d’autres vibrantes d’humanité. Avec l’idée de pouvoir guérir, la nature, ses propres blessures, celles des autres. Et comprendre.
Je pleure encore la beauté du monde est à l’image de son titre magnifique, Charlotte McConaghy y fait preuve d’une sensibilité rare et précieuse, d’un sens inné de la dramaturgie et d’un profond amour pour la nature comme pour les humains. Une réussite magistrale, une fiction admirable, et un livre important.
Yvan Fauth
Sortie : 07 février 2024
Éditeur : Gaïa
Genre : Roman noir
Traduction : Marie Chabin
Prix : 22,90 €
4ème de couverture
La biologiste Inti Flynn mène un programme de réintroduction des loups dans les Highlands écossais, où la
présence de l’animal doit permettre de restaurer un écosystème en crise. La jeune femme est rapidement confrontée à l’hostilité des locaux, qui continuent de percevoir le prédateur comme un nuisible et n’hésiteront pas à faire feu pour protéger leur bétail. Quand Inti découvre le cadavre mutilé d’un éleveur, quelques jours après avoir relâché les premières meutes, elle comprend que les coupables sont tout désignés et, pour éviter un bain de sang, elle fait disparaître le corps. Mais si les loups n’y sont pour rien, quel monstre rôde donc dans les forêts ? Les suspects sont nombreux, mais la réponse pourrait bien se trouver dans le passé d’Inti.
Explorant la noirceur de l’âme humaine et les splendeurs d’une nature menacée de destruction, « Je pleure encore la beauté du monde » est l’histoire inoubliable d’une femme prête à tout pour sauver les êtres qu’elle aime.
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Catégories :Littérature

Chronique vibrante pour ce roman absolument magnifique ♥️
Mes mains et mon cœur en vibrent encore ! 😉
Et ça se sent ♥️
Alors j’en suis heureux ! Merci
Woooowww 😍😍😍 tu m’as mis des frissons à te lire. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘
tant mieux alors, merci à toi 😉
Merci Yvan pour cette émouvante chronique. Ce roman est dans ma liste depuis un moment, sur les conseils d’une amie. Je dois l’en sortir, pour enfin le découvrir !
ton amie est de bon conseil !
Merci de me faire du pied pour me rappeler que je n’ai pas encore lu ce roman et si en plus, tu en dis du bien (mais tu n’es pas le seul), alors, je dois le lire durant les mois d’été 😉
Et en plus il y a un cheval dedans 😉
Il n’est pas dans les lazagnes, j’espère ?? PTDR :p
moi aussi j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui m’avait attiré déjà par sa couverture (magnifique !) et son titre. Un de mes coups de coeur de l’année ! Très belle chronique, merci à toi 🙂
quelle belle réussite !
Je l’ai dans ma liste d’envies suite à la chronique d’Aude, mais quand je lis ton cri du coeur pour ce roman, je me dis que s’il y en a bien un qu’il faut que je sorte dans l’été, c’est celui-ci !
nos deux voix doivent effectivement te convaincre 😉
Bon ben celui-là il est fait pour moi.
En plus je ne peux pas résister à une couverture avec des loups ! 😉
Un de mes coups de cœur… très beau.
Merci pour cette recommandation. Très beau livre qui rime avec celui que je lis d’Agnès Ledig (répondre à la nuit). Bonne journée
Jolie rime 😉