2024 – 5 plumes féminines à ne pas rater

2024 – 5 plumes féminines à ne pas rater

Le présent s’écrit et l’avenir s’inscrira de plus en plus au féminin, et c’est une très bonne nouvelle.

La France n’a pas toujours laissé la bonne place aux autrices par le passé, surtout en littérature noire. Ces cinq voix fortes résonnent fortement, ce sont sans aucun doute parmi les plus belles réussites de l’année.

Ne ratez pas ces romans fabuleux, ces plumes vibrantes !

Bonnes lectures !

Charlotte McConaghy – Je pleure encore la beauté du monde (Gaïa)

Des loups qui hurlent à la lune sur la belle couverture du livre de Charlotte McConaghy. Et moi, Je pleure encore la beauté du monde, à ses côtés, criant tout mon amour pour son éblouissant roman. Je pleure de joie et d’émotions tellement cette lecture fut émouvante, puissante, parlante, remuante, palpitante. Des émotions d’une telle force j’en ressens peu dans une année de lectures.

Un récit prenant, des personnages forts et à la psychologie fouillée, des considérations environnementales et sociales parlantes, une vision humaniste poignante, une noirceur et une lumière qui sont inséparables, des surprises de taille, une écriture vibrante, l’alchimie parfaite.

Des thématiques universelles entremêlées, amour, haine, vengeance, que l’autrice arrive à renouveler. Des sujets importants en lien avec l’écologie et la violence faite aux femmes parfaitement intégrés dans une vraie histoire. Le tout, sans jamais alourdir le propos, toujours d’un vrai enrichissement. Une sorte de couteau suisse d’une Australienne qui n’oublie jamais les émotions en route. Tête et cœur, indissociables.

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4ème de couverture

La biologiste Inti Flynn mène un programme de réintroduction des loups dans les Highlands écossais, où la
présence de l’animal doit permettre de restaurer un écosystème en crise. La jeune femme est rapidement confrontée à l’hostilité des locaux, qui continuent de percevoir le prédateur comme un nuisible et n’hésiteront pas à faire feu pour protéger leur bétail. Quand Inti découvre le cadavre mutilé d’un éleveur, quelques jours après avoir relâché les premières meutes, elle comprend que les coupables sont tout désignés et, pour éviter un bain de sang, elle fait disparaître le corps. Mais si les loups n’y sont pour rien, quel monstre rôde donc dans les forêts ? Les suspects sont nombreux, mais la réponse pourrait bien se trouver dans le passé d’Inti.

Explorant la noirceur de l’âme humaine et les splendeurs d’une nature menacée de destruction, « Je pleure encore la beauté du monde » est l’histoire inoubliable d’une femme prête à tout pour sauver les êtres qu’elle aime.

Barbara Kingsolver – On m’appelle Demon Copperhead (Albin Michel)

Le roman est noir, dur, terrible, hommage appuyé et assumé à David Copperfield de Charles Dickens. Une accumulation d’histoires personnelles, qui vont pourtant faire sens. Ce livre est une sacrée leçon de vie.

Dans toute cette noirceur, l’autrice fait émerger des bribes d’espoir, des stries de lumière. En grande partie parce que Demon est un chic type. Qui commet des erreurs et des mauvais choix, mais qui a vraiment bon fond malgré son environnement, et ce qu’il traverse. Des mauvaises rencontres, il va en faire des tonnes. Mais quelques belles personnes du quotidien vont jouer un rôle majeur dans son existence.

On m’appelle Demon Copperhead est une expérience de lecture déchirante mais si humainement enrichissante. Un livre rare, dans lequel Barbara Kingsolver se voue corps et âme à son personnage principal. Le genre de roman dont la rémanence perdure longtemps après la dernière page.

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4ème de couverture

Né à même le sol d’un mobil-home au fin fond des Appalaches d’une jeune toxicomane et d’un père trop tôt disparu, Demon Copperhead est le digne héritier d’un célèbre personnage de Charles Dickens. De services sociaux défaillants en familles d’accueil véreuses, de tribunaux pour mineurs au cercle infernal de l’addiction, le garçon va être confronté aux pires épreuves et au mépris de la société à l’égard des plus démunis. Pourtant, à chacune des étapes de sa tragique épopée, c’est son instinct de survie qui triomphe. Demon saura-t-il devenir le héros de sa propre existence ?
Comment ne pas être attendri, secoué, bouleversé par la gouaille, lucide et désespérée, de ce David Copperfield des temps modernes ? S’il raconte sans fard une Amérique ravagée par les inégalités, l’ignorance, et les opioïdes – dont les premières victimes sont les enfants -, le roman de Barbara Kingsolver lui redonne toute son humanité. L’auteur de L’Arbre aux haricots et des Yeux dans les arbres signe là un de ses romans les plus forts, couronné par le prestigieux prix Pulitzer et le Women’s prize for fiction.

Sarah Brooks – Comment voyager dans les terres oubliées (Sonatine)

Ce voyage en transsibérien fait autant appel au souffle du récit historique qu’à la créativité du fantastique, autant au vent de l’aventure qu’à celui du frisson. Toute la magie de la littérature se trouve incarnée dans ce formidable roman. 

C’est une littérature des genres qui ne s’interdit rien, surtout pas l’ambition. L’écriture de Sarah Brooks est à la fois imagée et prenante, tout en étant travaillée, pour se mettre au diapason de l’époque. Sa plume est un vrai régal, contribuant au dépaysement et à l’enrichissement.

Des rebondissements, vous en aurez, de l’inventivité tout autant. Avec toujours un très grand soin apporté à la narration pour qu’elle vous emporte et vous implique dans l’aventure à l’ambiance old school décalée. Un pur divertissement, mais qui peut aussi se lire à travers ses lignes, de manière métaphorique. À voir ce train comme un trait d’union entre les peuples, entre les gens. Telle une veine qui permet de circuler, protégé de l’extérieur, mais qui sert aussi de lien. Telle une sorte d’ode au respect de la différence.

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4ème de couverture

 » On dit qu’il y a un prix que doit payer tout voyageur s’aventurant dans les Terres oubliées. Un prix dépassant le simple coût d’un billet de train. « 

XIXe siècle. Quels secrets renferment les Terres oubliées, ces vastes étendues entre la Russie et la Chine totalement coupées du monde ? La seule activité que l’on y connaisse est le passage du Transsibérien. Si la traversée est réputée dangereuse, les voyageurs ne manquent pas, tous attirés par les mystères et les légendes de ce territoire isolé. Malgré d’inquiétantes rumeurs à propos d’un accident survenu lors du dernier trajet, la compagnie l’assure, tout est désormais sécurisé. Et le prochain départ est là pour en attester. À bord, les passagers s’installent, font connaissance. Mais si tout semble s’annoncer pour le mieux, certains ont des raisons toutes particulières d’être là. Marya, par exemple, qui a l’impression qu’on lui cache la vérité sur la mort de son père, survenue peu après la dernière traversée. Ou bien Weiwei, l’enfant née dans le train, qui en connaît chaque recoin et secret par cœur. Ou encore Henry Grey, le scientifique prêt à tout pour obtenir son heure de gloire et la reconnaissance de ses pairs. Sans oublier la mystérieuse capitaine du train, dont la discrétion confine à l’invisibilité. Alors que le train commence sa course folle, des évènements d’abord imprévisibles, puis très vite incontrôlables, se produisent.

Défiant tous les genres, du roman d’aventures à l’horreur, en passant par le thriller historique, Sarah Brooks nous offre avec ce premier roman subjuguant un voyage plein de mystères et de suspense. Un régal de lecture qui nous rappelle à quel point la littérature peut être magique !

Sophie Loubière – Obsolète (Belfond)

Vous vous dites d’emblée : ces histoires ont été racontées déjà maintes et maintes fois, à décrire un monde post-apocalyptique. Détrompez-vous. Non seulement l’autrice n’est pas tombée dans la facilité, mais elle a pensé et construit son univers dystopique sans jamais tomber dans les excès et la caricature, sans surjouer le catastrophisme à tout-va.

C’est un récit engagé pour les femmes, mais pas d’un féminisme à deux balles, d’ailleurs les personnages masculins y ont aussi une place de choix. C’est une vision lucide, mais pas un pamphlet écolo déconnecté des humains.

Quelle richesse, quel travail, quelle merveille de texte ! Mon enthousiasme pour cette lecture est une bénédiction, tant j’ai été emporté et subjugué par le talent, l’inventivité de ce roman. Touché par la finesse et l’intelligence, transporté par les émotions. Obsolète est un bijou d’une belle profondeur, écrit et raconté avec une subtilité rare, pour bien tenir compte de la fragilité du quotidien.

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4ème de couverture

La femme, un produit sans grand avenir ?

2224. Depuis le Grand Effondrement de la civilisation fossile et les crises qui ont suivi, l’humanité s’est adaptée. Économiser les ressources, se protéger du soleil, modifier son habitat, ses besoins, et adhérer au tout-recyclage. Y compris celui des femmes.

Afin d’enrayer le déclin de la population, toute femme de cinquante ans est retirée de son foyer pour laisser la place à une autre, plus jeune et encore fertile.

L’heure a sonné pour Rachel. Solide et sereine, elle est prête. Mais qu’en est-il de son mari et de ses enfants ? Car personne n’est jamais revenu du Grand Recyclage. Et Rachel sent bien que le Domaine des Hautes-Plaines n’est pas ce lieu de rêve que promet la Gouvernance territoriale aux futures Retirées…

Tiffany McDaniel – Du côté sauvage (Gallmeister)

Elle fait chanter les mots et les âmes, déchire les corps et les cœurs, fait parler les rivières ou les morts. Tiffany McDaniel nous emmène Du côté sauvage qui est celui de beaucoup de femmes.

Autant Betty pouvait être un roman dur mais souvent lumineux, autant la part très sombre de ce nouveau roman m’a mis à genoux. Comme l’impression de ressortir de ce livre avec des bleus, secoué, malmené. Une histoire terrible, des scènes éprouvantes, mais toujours cette poésie de l’écriture qui illumine les pages ; un grand écart.

C’est un voyage, celui de l’espoir perdu, où on enterre ses rêves à pleine pelletée. Emporté par la vague lyrique, touchante et inventive d’une écriture à nulle autre pareille. C’est noir, noir, noir, mais c’est beau, à la fois intensément tendre et profondément triste, toute la mélancolie d’une poésie en prose qui fait vibrer les cordes sensibles sans tricher. Et qui touche l’âme.

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4ème de couverture

Arc et Daffy sont jumelles, nées à une minute d’intervalle. Unies par leurs indomptables chevelures rousses, les récits de leur grand-mère et une imagination fertile, les deux sœurs sont inséparables. Ensemble, elles fuient un quotidien sordide en plongeant dans un monde imaginaire. Pourtant, irrémédiablement engluées dans les ténèbres familiales, elles ne peuvent échapper aux fantômes qui les hantent. Devenue adulte, Arc lutte toujours avec ses souvenirs lorsqu’on découvre le corps d’une femme noyée dans la rivière. Bientôt, les cadavres s’accumulent. Alors que ses amies disparaissent autour d’elle, Arc se rend peu à peu à l’évidence : tenir la promesse qu’elle a faite à Daffy de les protéger des puissants remous du « côté sauvage » de l’existence s’avère impossible.

Le nouveau chef-d’œuvre élégiaque de Tiffany McDaniel est une ode à toutes celles qui ont disparu ou perdu un être cher, qui transcende par une plume virtuose et lumineuse.


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Catégories :Littérature

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8 réponses

  1. Voilà Doc Yvan pour la piqûre de rappel. Merci à toi 🙏 😘

  2. Aleksandra Duncan – Région parisienne – Créatrice et rédactrice sur Ilmi' Mag. Passionnée de musiques un peu bruyantes, dame à chat et MacGyver en formation éternelle.

    ‘Obsolète’ a l’air dingue ! Bon, ils ont tous l’air géniaux… Mais celui-ci m’intrigue particulièrement !

  3. Bien attirée par le premier titre. Merci pour ces chroniques !!

  4. Collectif Polar : chronique de nuit – Simple bibliothécaire férue de toutes les littératures policières et de l'imaginaire.

    5 incontournables pour toi si je comprends bien, hein ?

  5. Lilou – Passionnée d’égyptologie, amoureuse du Québec, adore les arts et la culture, lectrice compulsive, chroniqueuse...

    Bon 3 sur 5 de lus… Je ne me souvenais pas de Demon Copperlead, il a l’air très bien, je me le note… Quant à Du côté sauvage, j’ai adoré ses deux premiers romans et je voulais vraiment le lire, mais j’ai tenté de le démarrer… et je n’ai rien compris, c’était tellement bizarre que je l’ai lâché… ce n’était peut-être pas le bon moment…. Pour l’instant, j’ai espoir de le reprendre… ou pas. on verra ! En tout cas, merci pour ce rappel judicieux 😉

  6. belette2911 – Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

    Je suis passée totalement à côté de « du côté sauvage » et de « je pleure encore la beauté du monde »… :'(

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      T’es vraiment sans cœur 😉

      • belette2911 – Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

        Oui, ce n’est pas faux ! J’ai juste un estomac… 😆

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