Le syndrome [E] – Sylvain Runberg et Luc Brahy (BD d’après le roman de Franck Thilliez)

Le lecteur d’un roman se crée son propre imaginaire, sa propre vision mentale des personnages et des scènes. Il se construit son propre monde. Selon les personnes, il sera clair et net ou plus imprécis.

C’est donc une véritable expérience sensorielle lorsque des représentations lui sont proposées, surtout lorsqu’il s’agit de protagonistes d’un romancier fétiche qu’il suit depuis longtemps.

C’est mon cas avec Franck Thilliez et son couple de flics Lucie Henebelle et Franck Sharko. Avec son diptyque initial sur la violence, devenu ensuite triptyque, il a marqué durablement les esprits entre 2010 et 2012. Le syndrome [E] fut suivi de Gataca et Atomka.

De l’ordre du ressenti

Sylvain Runberg au scénario et Luc Brahy au dessin ont décidé de donner forme et ombres à ces trois romans.

2020, Le syndrome [E] est la première de ces traductions en bande dessinée. Une vision à la fois respectueuse du livre originel et personnelle, puisque Thilliez n’est pas impliqué dans cette adaptation.

La BD est un art qui laisse tout de même une grande part de ressenti au lecteur. Tout n’y est pas décrit, certaines choses restent suggérées et font appel aux sensations.

Soyons honnête, je n’y connais pas grand-chose dans le domaine, ma « culture » BD se résumant aux comics de mon adolescence. Mon sentiment reste donc au plus près du ressenti, n’ayant pas les compétences pour juger le dessin en soi.

A l’essentiel

Ces dessins, je les ai trouvés classiques, mais bien réalisés. Une mention toute particulière pour le travail de coloriste de Hugo S. Facio. Les couleurs sont changeantes selon les scènes et les ambiances, parfois brutes et vives, d’autres fois plus pastelles, et donnent une vraie atmosphère à l’histoire.

Dans un roman, on peut prendre le temps. Franck Thilliez avait pu poser ses bases sur 430 pages. Dans la BD, en 100 pages de dessins et de dialogues, il fallait aller directement à l’essentiel. Les auteurs le font bien, le rythme est constant, l’intrigue complexe est plutôt bien rendue.

Au final, voilà un bel hommage à l’un des meilleurs romans de Franck Thilliez, pour ceux qui sont fans, amateurs de bandes dessinées ou non. Et pour ceux qui aiment la BD et ne connaissent pas l’écrivain, c’est une intéressante porte d’entrée, avec Sylvain Runberg et Luc Brahy qui se sont approprié l’univers du syndrome [E] en y imprimant leurs pattes.

Du coup, vous imaginiez Sharko et Henebelle de la sorte ? 🙂

Yvan Fauth

Date de sortie : 29 octobre 2020

Éditeur : Philéas

Genre : BD / Thriller

4° de couverture

Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle. Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses jumelles.
Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié… Il n’en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko, en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.
Très vite, ces deux affaires pourtant éloignées semblent étroitement liées. De la casbah d’Alger aux orphelinats du Canada, les deux nouveaux coéquipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d’une réalité effrayante.



Catégories :Littérature

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5 réponses

  1. Je l’ai acheté à sa sortie et un feuilleté, mais j’attends mon fiston pour le lire… Il est fan de la brigade des cauchemars, il a ensuite adoré Puzzle en BD, celui-ci me semblait donc une bonne idée… (mis à part qu’il n’a que 11 ans 😀).

  2. Mon avis est programmé pour demain et je suis d’accord avec toi, l’imagination du lecteur doit s’adapter au prisme des images et c’est intéressant. J’imaginais Sharko beaucoup plus cassé par la vie que ne le présente la BD et j’ai trouvé Hennebelle un peu effacée…

  3. j’ai adoré la série de Thilliez et je n’ai pas trop envie de lire cette BD, je préfère rester dans ma façon d’imaginer Lucie et Sharko 🙂

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