Morts chroniques – Nick Gardel

Nick Gardel mène sa barque depuis quelques années dans le monde du roman noir, avec son univers bien à lui. Chantre du bon mot, filiation Audiard bien marquée.

Sauf qu’avec ces Morts chroniques, le voilà qui déploie une autre facette de son talent. Avec un humour plus discret (sans disparaître pour autant), et une intrigue qui oscille entre polar et thriller.

Autre style, autre écriture

Un projet qui pourrait s’apparenter à l’exercice de style, mais où l’auteur tire son épingle du jeu par sa voix qui reste personnelle et l’environnement de l’intrigue.

Nick Gardel aime pointer sa plume sur certaines dérives de notre société, avec une vision à la fois noire, mélancolique et sensible (cf la tendresse misérabiliste de son précédent roman : Laisse tomber).

Cette fois-ci, la trame de fond tourne autour des réseaux sociaux, des groupes de lectures et du milieu de l’édition. Des sujets qui devraient parler à nombre d’entre vous, et vous risquez d’éprouver un sentiment de déjà-vu. Satirique mais jamais méchant.

Une atmosphère assez légère pour un roman qui ne l’est pourtant pas. L’écrivain a vraiment cherché à se mettre au service de son histoire, travaillant son écriture pour qu’elle s’adapte au(x) style(s) littéraire(s), portant davantage l’attention sur l’intrigue que dans ses précédent romans.

Celle-ci n’est pas follement originale, mais dégage une ambiance prenante et bien construite, à mi-chemin entre le polar et le thriller. Parfois en privilégiant l’enquête, d’autres fois la tension.

Caméléon

Et c’est bien dans ces scènes de thriller que l’auteur m’a le plus étonné. Les passages en huis clos sont bien menés et surtout l’écriture de l’auteur y est méconnaissable. Preuve de sa belle capacité à jouer le caméléon et s’adapter. Avec le talent nécessaire pour que ça sonne juste et non pas simplement comme un exercice imposé.

Mais Gardel reste Gardel, et il apporte toujours un soin particulier à ses personnages y compris les seconds couteaux (son personnage irascible, sorte de dictateur des réseaux sociaux, est formidable).

Dommage que le roman ne soit pas plus long, avec un développement supplémentaire des protagonistes qui aurait permis de s’y attacher encore davantage.

Au final, cette incursion dans le polar et le thriller est une réussite, Nick Gardel faisant montre d’une belle capacité à se fondre dans l’ambiance. Un champ des possibles s’ouvre à lui, prouvant que ses futurs romans ne seront pas des Morts chroniques. Et qu’un tel livre sorti en auto-édition mériterait qu’un éditeur s’y intéresse vraiment.

Yvan Fauth

Lien vers l’interview de Nick Gardel au sujet de ce roman

Auto-édition

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4° de couverture

Un corps est retrouvé dans le chaudron de caramel d’une fête foraine. Bientôt, c’est un second cadavre qui est découvert dans une petite ville de Seine-et-Marne. Les deux victimes n’ont en commun que leur appartenance à un groupe de lecteurs sur Facebook. Les meurtres suivent le déroulement d’un exercice de « cadavre exquis » initié sur le réseau social.
Un jeu de piste compliqué et sanguinaire se lance pour Éliane Condrieux et les autres membres de l’équipe du Capitaine Henri Verdiant. Surtout quand sa plus jeune collègue vient à disparaître.



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2 réponses

  1. Mais tu vas arrêter de faire des cordes de pendu avec tes câbles USB, toi ??

    Les réseaux sociaux et les groupes de lectures, j’y suis entrée à reculons, FB n’a jamais phagocyté mon temps et j’ai évité les groupes de lectures où on insultait les membres. Ouf.

Rétroliens

  1. Interview – 1 livre en 5 questions : Morts chroniques - Nick Gardel - EmOtionS - Blog littéraire

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