Interview – 1 livre en 5 questions : Comme des mouches – Frédéric Ernotte et Pierre Gaulon

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

FREDERIC ERNOTTE – PIERRE GAULON

Titre : Comme des mouches

Editeur : Lajouanie

Date de sortie : 01 mars 2019

Lien vers ma chronique du roman

Petit mot préalable des deux auteurs :

Avant de commencer, vous devez savoir que nous ne nous étions jamais rencontrés avant cette semaine. Cette interview exclusive a été réalisée dans le Sud de la France sans trucage et sans clim’ avec une température ressentie de minimum 45 degrés !!! C’est dire comme on vous aime…

Jeu de mains, jeu d’écrivains. D’où vous est venue cette idée de travailler un texte à deux ?

Frédéric : Vu ce que je touche en droits d’auteur, j’ai été obligé d’imaginer un plan diabolique pour profiter gratuitement d’une piscine dans le sud de la France pendant mes vacances. J’ai donc listé tous les auteurs qui y résident et comme j’avais déjà lu « La mort en rouge » de Pierre en 2013, c’était la solution de facilité. L’idée d’écrire un roman à 4 mains n’est pas venue immédiatement… il fallait d’abord le mettre en confiance et m’assurer qu’il possédait bien une piscine.

Pierre : L’enfoiré ! Les moustiques me vengeront ! En ce qui me concerne, j’avais lu « C’est dans la boîte » que j’avais énormément apprécié, et comme je voulais me lancer dans la contrebande de bières belges, ça ne m’a pas trop dérangé de lui prêter ma piscine…

C’était compliqué d’organiser le boulot, alors que vous êtes séparés de 1000 km, ou alors c’est vite devenu naturel ?

C’est sûr que le projet aurait été beaucoup plus compliqué à l’époque du télégraphe. Les idées sont venues assez vite, mais ce qui a pris le plus de temps, c’est de s’approprier le style de l’autre pour rendre le texte le plus homogène possible. Personne n’arrive à déterminer qui a écrit quoi. Le roman est parsemé de pièges. Si vous lisez un belgicisme, ça ne veut pas dire que c’est Fréderic qui l’a écrit, et si vous percevez un tic de langage habituel chez Pierre, cela ne signifie pas que c’est Pierre qui l’a mis. Les lecteurs ne s’en rendent pas toujours compte, mais il y a trois ans de travail derrière ce livre qui se lit rapidement. Pour un dessert, une expression dit : « 5 minutes de plaisir, 5 ans dans les fesses » pour expliquer de manière très poétique que ce qu’on a passé beaucoup de temps à créer est dévoré en quelques minutes. C’est presque aussi jouissif que frustrant. On pensait avoir trouvé le bon filon pour écrire des livres plus rapidement, mais c’était sans doute un peu naïf de notre part.

Le sujet s’est-il imposé rapidement ? Et les personnages féminins également ?

La première idée était de raconter la vie d’un jeune cocaïnomane qui, après avoir participé à l’émission Pascal le grand frère, descendait dans le sud pour ouvrir une friterie et tester une nouvelle sauce au Pastis. La mafia marseillaise s’emparait de la recette. Bref… on a rapidement compris que ça ne tiendrait pas la route. Quoi que…

Frédéric : En réalité, j’avais noté cette idée d’histoire de vengeance sur un site de rencontres dans un carnet et j’ai trouvé le sujet amusant pour un quatre mains. J’en ai parlé à Pierre et on a considérablement amélioré mon plan de départ ensemble au fil de l’écriture. Vu que nous sommes un peu fou et qu’écrire un livre à 950 kilomètres l’un de l’autre sans jamais se voir n’était pas un challenge assez compliqué (je plaisante), nous avons décidé d’incarner principalement deux héroïnes et de se mettre en quête de la compréhension d’une infime partie de la psychologie féminine. On a essayé d’éviter autant que possible les généralités et les caricatures. Les lectrices semblent bluffées par Leila et Gwen et c’est une grande fierté pour nous. On ne va pas se mentir, c’était loin d’être gagné au moment d’écrire le premier mot du roman.

Pierre : Je trouvais l’idée d’une histoire 2.0 assez symbolique car notre relation littéraire était justement née sur Internet. Si le sujet s’est imposé naturellement, en revanche, l’intrigue a connu de nombreux rebondissements pour atteindre sa forme actuelle, chaque auteur essayant d’apporter sa pierre à l’édifice. En ce qui concerne les héroïnes, personnellement, on m’a souvent dit que je maîtrisais mieux les personnages féminins que les masculins. Sans doute la part féminine en moi !

Thriller donc, mais pas que. Ce qui frappe, se sont vos bons mots à profusion !…

Nous avions dans l’idée d’écrire plusieurs romans en un et de faire monter le suspense. Le premier tiers du roman, qui sert principalement à poser l’ambiance et à présenter les protagonistes, peut se lire comme un feel-good. Puis on trouve une cassure dans le roman et le récit bascule dans le thriller. On passe du salon de coiffure à la cave. Nous n’avons pas de recette magique pour écrire un livre. On aime expérimenter, chercher et s’adapter à notre thème. Les gens qui s’arrêteraient à l’humour ou penseraient que nous cherchions un divertissement sans autre prétention passeraient à côté d’une partie de notre travail. On s’est appliqués pour mettre du rythme dans le livre afin qu’il soit fluide, ludique, addictif et qu’il permette à ceux qui le souhaitent d’avoir un deuxième niveau de lecture, à savoir une réflexion sur nos vies virtuelles. Vaste débat… On en parlerait pendant des heures, mais on n’a plus de batterie*.

* Aux lecteurs, venez nous voir en salon pour en discuter.

** Aux organisateurs, du coup, invitez-nous à des salons…

Dans vos carrières respectives, vous aimez bien surprendre et ne pas vous enfermer dans un schéma…

Bonne nouvelle, après ce court interlude « apéro pastis et bières belges », nous avons de nouveau de la batterie…

Fréderic : Pour l’instant, aucun de mes projets ne ressemble au précédent et ce n’est sans doute pas une coïncidence. J’aime surprendre les personnes qui me lisent et j’aime rendre l’écriture aussi passionnante que tout ce qui se passe une fois le roman entre vos mains. 

Pierre : Pour ma part, je n’aime pas trop rentrer dans une case et répéter sans cesse les mêmes schémas. Il faut que je puisse prendre du plaisir dans l’écriture pour essayer d’en donner aux lecteurs. Et ce plaisir passe par l’envie d’évoluer, en créant de nouveaux projets, en travaillant avec de nouveaux collaborateurs. Ecrire du jeunesse me permet par exemple de revenir à une écriture plus épurée tandis qu’un projet à 4 mains comme nous l’avons fait avec Fred, permet de mettre en évidence mes tics de langage et d’apprendre de nouvelles techniques d’écriture.

Vu qu’on aime surprendre et qu’on déteste rester dans un schéma, on va ajouter une 6ème question bonus… que retenir de notre rencontre en une phrase (ou deux ou trois ou quatre…) ?

Pierre : Je pourrais parler des cuberdons et des bières belges, des soirées de rigolade dans la piscine ou sur le boulodrome, mais je retiendrai avant tout la gentillesse de Frédéric, tout simplement un mec super que je suis heureux d’avoir rencontré.

Frédéric : Je pourrais parler du tunnel de Fourvière que j’ai vu dans les moindres détails, du pastis « léger, hein », de l’expérience scientifique « boules de pétanque rouillées dans le coca », des aoûtats (je les déteste autant qu’ils m’aiment), de la clim’ de l’Intermarché (je n’ai jamais autant fait les courses sur une semaine), mais je vais retenir l’aventure humaine avec un gars exceptionnel qui fait des tours de magie et qui a une piscine. Je n’oublierai pas de sitôt les belles rencontres et la promenade dans les rues qui ont inspiré la ville de Berry dans Comme des Mouches. Ce n’est pas rien de se promener dans son roman…



Catégories :Interviews littéraires

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3 réponses

  1. Superbe cet échange. Merci à vous trois 🤗

  2. Ah les aoutats . Saloperies de bestioles.

  3. Et remplir la piscine de bière Belge de contrebande, ils y ont pensé ?? 😆 Au fait, si on achète le roman, on a le droit d’aller nager dans la piscine en été ?? 😆

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