Voilà un roman qui porte parfaitement son nom, il vous faudra tenir la main de Julien Freu et lui faire confiance pour sortir Hors la brume.
Jointure
Son premier roman avait marqué les esprits curieux par son mélange des genres et son ambiance à la Stranger Things. Ce deuxième livre est sensiblement différent, dans son ambiance, dans son récit, dans son approche.
Et pourtant, on y retrouve des éléments clés qui font la jointure entre les deux. Le premier est cette manière de ressusciter la décennie des années 90, l’auteur jouant autant l’hommage que la nostalgie. Sa mémoire de cette époque est encore vivace, les détails fourmillent et créent un environnement qui prend rapidement vie et forme. Pour ceux qui ont connu cette période, c’est un vrai plaisir que ce retour vers le passé.
L’autre lien tient à la manière dont l’écrivain n’hésite pas à intégrer l’étrange, avec une touche de fantastique, ici plutôt légère, mais qui aide à développer une atmosphère singulière.
Inclassable
L’histoire débute comme un slasher, avec un premier chapitre qui pousse presque la caricature, mais très vite l’ambiance développe (une fois encore) diverses influences. C’est ce qui rend le roman atypique et assez inclassable ; autant un thriller de serial killer (mais au rythme lent), qu’un roman social, autant un polar qu’un roman noir ou encore un récit générationnel.
Autour d’ne petite ville, qui très vite devient un personnage propre et influence ses habitants. Derrière les murs et la brume se déroulent des horreurs, qui vont peu à peu ressurgir et mettre le chaos.
Courir
La quête du tueur cache un récit qui met en scène de nombreux personnages (trop à mon goût, on se perd parfois). Certains ont un caractère marqué, on pense qu’ils seront le centre de l’intrigue, mais les forces en vigueur vont rebattre les cartes du jeu. Du coup, impossible d’anticiper où nous emportera l’auteur, d’où mon conseil de vous laisser guider dans ce brouillard.
Le récit est évanescent, se perd, se retrouve, se dérobe, se retourne. Un parti pris autant qu’une conséquence de la manière de fonctionner de l’auteur qui, visiblement, n’est pas du genre à travailler avec un plan détaillé.
Comme avec son premier livre, il fonctionne à l’envie, et court lui-même aussi après son histoire. Une méthode qui peut dérouter, mais qui a l’avantage de libérer l’imagination et laisser libre cours à ses idées. Qui sont parfois un peu folles, ça tombe bien ce genre d’histoire en a besoin. Reste que, parfois, on se dit que Freu pourrait se canaliser davantage.
Perte de l’innocence
C’est une histoire de perte de l’innocence, traduite à travers des personnages entiers, dont des adolescents perturbés par l’ambiance générale. Ils sont marqués par la terreur, la violence.
L’auteur arrive à monter un récit décalé, grâce à son écriture changeante selon les protagonistes, avec parfois un brin d’humour (la scène de coaching des gamins avant un match de foot est mémorable).
A travers ce deuxième écrit, Julien Freu a le mérite de ne pas se répéter, tout en continuant à développer son univers propre. Hors la brume est un roman noir atypique, déstabilisant et profondément humain, c’est bien l’essentiel à retenir et ça vaut la peine de s’y pencher.
Yvan Fauth
Sortie : 12 mars 2025
Éditeurs : Actes sud
Genre : roman noir / polar / thriller
Prix : 22,50 €
4ème de couverture :
Hérrières, hiver 1994. Un jeune couple d’amoureux est assassiné sur le parking du lac. Un rire glaçant retentit dans la nuit brumeuse.
Chargé de l’enquête, le commissaire Ariel Lanecquer lutte contre ses propres démons : des migraines insoutenables et des visions violentes qui le hantent. L’image d’une camionnette revient sans cesse.
Le tueur insaisissable frappe à nouveau, la rumeur enfle autour de la fermeture prochaine de l’usine et, dans une clairière toute proche, des centaines d’oiseaux sont retrouvés cloués aux arbres, dans une mise en scène macabre. Des lycéens, liés aux victimes, se confrontent alors aux lourds secrets d’Hérrières…
Dans ce polar social obsédant, Julien Freu explore avec tendresse l’effervescence de l’adolescence : ses premiers émois, ses peurs, ses doutes, ses contradictions et le vertige de la vie devant soi.
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Catégories :Littérature

J’avais oublié le côté Stranger things mais tu as tout à fait raison. C’est assez rare d’avoir une touche de fantastique et une explication qui tienne la route à la fin. Rien que pour ça ♥️
Oui, rien que pour ça, ça vaut la peine 😉
J’ai lu en mars son précédent titre « Ce qui est enfoui » et j’ai bien aimé ses ambiances, même si le côté Stranger Things était ténu. Je vais toujours ajouter celui-ci aussi 😉
Encore une chronique qui donne envie. Merci à toi 🙏 😘
beaucoup aimé son premier livre
Oh je l’ai loupé celui-ci, je crois déjà que c’est toi qui m’avait conseillé son premier, non ?
et je te le conseille toujours 😉
merci mon ami !
ou,pas dit ma PAl ! ahaha 😉😆