Stuart Turton est un grand malade, il fallait être un peu fou pour se lancer dans un tel récit autour du Dernier meurtre au bout du monde. Un projet ambitieux, toujours aussi ludique, où il aurait pu se prendre les pieds mille fois dans son intrigue, mais qu’il a maîtrisé de bout en bout.
Puzzle dingue
L’auteur n’est pas du genre à se faciliter la tâche, pour preuve, le fait qu’il change de style et d’ambiance à chacun de ses génialissimes romans. Après une intrigue gothique genre Un jour sans fin avec son premier roman Les sept morts d’Evelyn Hardcastle, un récit historique et maritime avec L’étrange traversée du Saardam, il s’est lancé dans le thriller d’anticipation avec ce troisième livre.
Trois récits très différents dans l’approche, mais toujours avec cette idée du whodunit, cette quête de lecture à la recherche du coupable, ce puzzle d’enquête. Sauf que ses textes ne ressemblent à rien de ce que proposent ses confrères.
Challenge réussi
Cette fois encore, le challenge était immense, comme si à chaque fois il se lançait des défis toujours plus complexes et audacieux, toujours à surprendre et à ne jamais reproduire les mêmes schémas narratifs ni les mêmes atmosphères.
Comme il le dit dans ses remerciements, ce n’est sans doute pas la meilleure manière de construire une carrière, mais c’est un pur bonheur pour les lecteurs qui décident de le suivre aveuglément.
C’est mon cas, après trois romans remarquables, marquants au possible, je pourrais me plonger dans ses écrits sans même en connaître le titre. Turton est sans aucun doute l’une de mes plus belles découvertes de ces dix dernières années.
Ludique au possible
L’écrivain vous invite à jouer, le côté ludique est le premier des ingrédients, genre jeu de rôle. Mais ce n’est pas le seul, tant il prend des risques et emprunte des chemins inattendus. Ce n’est pas le style de roman à se lancer dans des sujets philosophiques, même si cette fois la question de ce qu’est réellement l’humanité constitue la toile de fond. Le divertissement n’est pas incompatible avec l’intelligence, voilà la preuve.
Le futur, plus ou moins proche, des technologies avancées, mais oubliées, une île qui est seule survivante d’une apocalypse engendrée par la folie des hommes. Un environnement en vase clos où ceux nés sur place côtoient quelques « anciens », ceux qui ont connu le monde d’avant.
Fertile
Vous n’êtes pas amateur de récits de SF ? Faites confiance à l’auteur et ouvrez votre esprit, je peux vous assurer que vous prendrez un plaisir intense et qu’il saura vous embarquer dans cette aventure scénaristique et humaine.
L’imagination de Turton est fertile, mais toujours au service de son histoire et de ses (nombreux) personnages, qu’il dessine avec soin, sans jamais aucune longueur. Mention spéciale à l’enquêtrice amateur, épatante !
400 pages qui vont vous bringuebaler, vous captiver et vous stupéfier, autour d’un récit comme on en a rarement vu. Voilà qui prouve qu’on peut encore faire un thriller en cassant les codes du genre. Du génie, assurément.
Lost
L’ambiance m’a souvent fait penser à la série TV Lost, même si les histoires n’ont rien à voir, avec ces survivants qui découvrent des secrets enfouis, d’étranges technologies cachées, des pièges et des menaces inédites. Si vous avez aimé cette série, vous ne pourrez que vous enthousiasmer avec cette lecture.
Dernier meurtre au bout du monde est un nouveau tour de force de Stuart Turton, sans aucun doute l’un des plus doués de sa génération. Un thriller d’anticipation atypique, hautement addictif, jubilatoire, totalement dingue, mais parfaitement dompté par un auteur au sommet de sa forme. Que les autres lectures paraissent fades après un tel roman…
La fin du monde approche, va-t-elle être évitée à temps ? Tic-tac, tic-tac…
Yvan Fauth
Sortie : 17 octobre 2024
Éditeur : Sonatine
Genre : Thriller
Traduction : Cindy Colin-Kapen
Prix : 24 €
4ème de couverture
Élucidez le meurtre pour sauver ce qu’il reste du monde !
En dehors de l’île, il n’y a rien. Plus âme qui vive. Un brouillard a envahi la Terre il y a bien longtemps, semant la mort sur son passage.
Sur l’île, la vie est idyllique. La paix et l’harmonie règnent chez les cent vingt-deux habitants, qui vivent de la pêche et de l’élevage.
Jusqu’au jour où l’un d’eux est retrouvé assassiné.
Pire encore, il se pourrait que ce premier meurtre commis sur l’île soit aussi le dernier. Car, au même moment, le système de sécurité
qui protège les lieux du brouillard s’est arrêté.
S’ils veulent sauver de l’extinction ce qui reste de l’humanité, les habitants doivent maintenant découvrir le coupable. Et il leur reste cent sept heures avant qu’il ne soit trop tard.
Un puzzle passionnant, une incroyable toile de fond, une conclusion à couper le souffle : l’auteur des Sept morts d’Evelyn Hardcastle est de retour ! Apprêtez-vous à vous faire balader d’indice en indice dans ce labyrinthe ébouriffant jusqu’à une conclusion que vous n’êtes pas près d’oublier.
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Catégories :Littérature

Fun au possible ! J’ai passé un super moment de lecture aussi ♥️
il n’y a pas deux auteurs comme lui ;-).
Mais comme je me réjouis de découvrir ce nouveau titre de l’auteur, encore plus suite à ta chronique. 🤩
bon nouveau voyage alors !
Tic tac. Et bien dis donc, ton enthousiasme fait plaisir à lire. Ta chronique va être encore lue à une autre personne tellement elle est jubilatoire. Merci à toi 🙏 😘
c’est gentil 😉
Elle a dit wooowww. C’est superbe. 🥰
Lui aussi, j’ai envie de le découvrir et d’aller au bout du monde 😉
A suivre aveuglément (pas pratique pour lire) 😉
Non, en effet, je vais me taper tous les poteaux 😆
J’ai adoré « L’étrange traversée du Saardam » mais j’ai moins accroché à « Les sept morts d’Evelyn Hardcastle »… Mais je serai au rendez-vous de celui-ci car comme toi j’admire son écriture originale. Merci pour ta chronique !
alors tu verras ce que donnera cette version futuriste, par définition encore différente !
Pour l’instant, je n’ai lu que Les sept morts d’Evelyn Hardcastle, que j’avais beaucoup aimé et trouvé très original. Je compte bien en découvrir d’autres et celui-ci me fait très envie.
les deux autres sont tout aussi originaux, différents
Beaucoup moins enthousiaste que toi, le background postapo est faible, peu crédible et n’est jamais contextualisé. Bref, très artificiel.
Après on retrouve le talent de l’auteur avec cette construction alambiquée, ces fausses pistes et révélations jusqu’au final mais cela reste un bon cran en dessous des 7 morts d’Evelyn Hardcastle qui était un bijou de construction narrative.