Imaginaire 2024 – 5 romans incontournables et tous publics. Des conseils pour les lecteurs curieux et ouverts d’esprit.
Des histoires qui sortent du lot, qui font marcher l’imagination, sans jamais oublier les émotions et en parlant de sujets forts. La forme au service du divertissement et du fond.
Sarah Brooks – Comment voyager dans les terres oubliées (Sonatine)
Ce voyage en transsibérien fait autant appel au souffle du récit historique qu’à la créativité du fantastique, autant au vent de l’aventure qu’à celui du frisson. Toute la magie de la littérature se trouve incarnée dans ce formidable roman.
C’est une littérature des genres qui ne s’interdit rien, surtout pas l’ambition. L’écriture de Sarah Brooks est à la fois imagée et prenante, tout en étant travaillée, pour se mettre au diapason de l’époque. Sa plume est un vrai régal, contribuant au dépaysement et à l’enrichissement.
Des rebondissements, vous en aurez, de l’inventivité tout autant. Avec toujours un très grand soin apporté à la narration pour qu’elle vous emporte et vous implique dans l’aventure à l’ambiance old school décalée. Un pur divertissement, mais qui peut aussi se lire à travers ses lignes, de manière métaphorique. À voir ce train comme un trait d’union entre les peuples, entre les gens. Telle une veine qui permet de circuler, protégé de l’extérieur, mais qui sert aussi de lien. Telle une sorte d’ode au respect de la différence.
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4ème de couverture
» On dit qu’il y a un prix que doit payer tout voyageur s’aventurant dans les Terres oubliées. Un prix dépassant le simple coût d’un billet de train. «
XIXe siècle. Quels secrets renferment les Terres oubliées, ces vastes étendues entre la Russie et la Chine totalement coupées du monde ? La seule activité que l’on y connaisse est le passage du Transsibérien. Si la traversée est réputée dangereuse, les voyageurs ne manquent pas, tous attirés par les mystères et les légendes de ce territoire isolé. Malgré d’inquiétantes rumeurs à propos d’un accident survenu lors du dernier trajet, la compagnie l’assure, tout est désormais sécurisé. Et le prochain départ est là pour en attester. À bord, les passagers s’installent, font connaissance. Mais si tout semble s’annoncer pour le mieux, certains ont des raisons toutes particulières d’être là. Marya, par exemple, qui a l’impression qu’on lui cache la vérité sur la mort de son père, survenue peu après la dernière traversée. Ou bien Weiwei, l’enfant née dans le train, qui en connaît chaque recoin et secret par cœur. Ou encore Henry Grey, le scientifique prêt à tout pour obtenir son heure de gloire et la reconnaissance de ses pairs. Sans oublier la mystérieuse capitaine du train, dont la discrétion confine à l’invisibilité. Alors que le train commence sa course folle, des évènements d’abord imprévisibles, puis très vite incontrôlables, se produisent.
Défiant tous les genres, du roman d’aventures à l’horreur, en passant par le thriller historique, Sarah Brooks nous offre avec ce premier roman subjuguant un voyage plein de mystères et de suspense. Un régal de lecture qui nous rappelle à quel point la littérature peut être magique !
Michael McDowell – Katie (Monsieur Toussaint Louverture)
Michael McDowell aime tout particulièrement raconter des histoires qui nous ramènent aux temps passés des USA. Blackwater débutait en 1919, Les aiguilles d’or se déroulait en 1882, Katie prend place en 1871. Autant dire que les univers se rapprochent, l’écriture également.
L’éditeur présente le roman comme une rencontre de Jane Austen et Stephen King. C’est plutôt drôle, et assez bien vu. On est en plein dans le genre d’histoires populaires qui faisaient fureur au XIXe siècle, mettant en scène des histoires familiales, avec des personnages confrontés à l’horreur qu’on suit dans leurs quotidiens chamboulés.
Katie est une nouvelle réussite, mélange de fiction historique et d’histoires de famille. De l’aventure, de l’émotion, des rebondissements étonnants, des passages cocasses et décalés, de la tension, et une belle peinture des milieux argentés du XIXe. Tous les bons ingrédients qui font une lecture populaire de qualité et démontrent une fois de plus le formidable talent de raconteur d’histoires de Michael McDowell.
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4ème de couverture
Lorsqu’en 1871, la désargentée et intrépide Philomela Drax reçoit une lettre de son richissime grand-père déclarant qu’il craint pour sa vie à cause d’une famille peu scrupuleuse, les Slape, elle se précipite à la rescousse.
Mais le temps presse, car Katie Slape, une jeune femme dotée d’un don de voyance et d’un bon coup de marteau, est sur le point d’arriver à ses fins…
Démarre alors une traque endiablée, des rues poussiéreuses d’un village du New Jersey aux trottoirs étincelants de Saratoga, en passant par les quais…
Victor Lavalle – Les esseulées (Actes Sud)
Les auteurs anglo-saxons sont des habitués du genre (mais quel genre ?), à se moquer des frontières littéraires, à mélanger les styles et les ambiances. Ce roman en est une nouvelle belle illustration. Le roman tient autant de la fresque historique que du roman fantastique, plongeant le lecteur dans la dureté de l’existence de l’époque (surtout pour une femme) pour subitement le confronter à une horreur inimaginable.
Le roman s’apparente à une vraie aventure humaine, portée par des personnages taiseux, mais touchants, le tout nimbé d’un ténébreux et sanglant mystère au goût de malédiction. Une histoire d’émancipation, alors qu’une phrase ne cesse d’être répétée : « Une femme est une mule ».
Comme McDowell, Victor Lavalle ne se prive pas pour changer subitement d’ambiance d’une phrase à l’autre, à virer vers le fantastique pour revenir abruptement les pieds sur terre. Avec un talent qui fait qu’on intègre vite cette « anomalie », qu’on se retrouve littéralement plongé dans l’atmosphère.
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4ème de couverture
1915. Adelaide Henry ne voyage pas sans son énorme malle fermée à clé. Car si la malle s’ouvrait, les gens autour d’elle pourraient bien disparaître. Son terrible secret a causé la mort de ses parents, et la voilà obligée de fuir la Californie. Avec une seule idée en tête – rejoindre le Montana. Elle fait partie de ces « esseulées » souhaitant profiter d’une nouvelle loi facilitant l’accès de la population à la propriété. Mais Adelaide n’est peut-être pas si seule qu’il y paraît. Et son terrible secret contient peut-être la clé de sa survie dans ce territoire hostile.
Conçu par un maître contemporain du fantastique, Les esseulées dépeint un groupe inoubliable d’aventurières sur le point de découvrir l’horreur et la sororité au milieu d’un paysage implacable.
GennaRose Nethercott – La Maison aux pattes de poulet (Albin Michel)
Voilà une histoire qui semble de prime abord bien farfelue, GennaRose Nethercott va pourtant rapidement vous faire croire à La Maison aux pattes de poulet. Derrière la magnifique couverture se cache un non moins merveilleux texte qui jongle avec brio avec différents genres de l’Imaginaire, alliant modernité et respect du passé.
GennaRose Nethercott a un don pour nous faire croire à l’impensable, pour que vite on se sente comme chez soi auprès de cette maison étrange. Dans un monde proche du nôtre, sauf qu’il a certaines particularités, comme ces objets qui prennent en partie vie, comme ces pouvoirs aux mains de certains. Le récit navigue entre fantastique et fantasy, un réalisme magique qui trouve ses racines dans une période sombre de l’humanité, entre Ukraine et Russie, pour reprendre vie au fond des États-Unis.
La plume est pour beaucoup dans la réussite, à la fois accessible et joliment poétique. A avoir envie de noter et surligner nombre de phrases. L’ambiance gothique joue également, formidablement composée, pour parfaire ce spectacle dans sa forme comme dans le fond.
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4ème de couverture
Séparés depuis l’enfance, Bellatine et Isaac Yaga pensaient ne jamais se revoir. Mais lorsque tous deux apprennent qu’ils vont hériter de leur grand-mère ukrainienne, frère et sœur acceptent de se rencontrer. Ils découvrent alors que leur legs n’est ni une propriété ni de l’argent, mais quelque chose de bien étrange : une maison intelligente juchée sur des pattes de poulet. Arrivée de Kyiv, foyer ancestral de la famille Yaga, l’isba est traquée par une entité maléfique : Ombrelongue, qui ne reculera devant aucun acte de violence pour détruire l’héritage de Baba Yaga.
Romancière, folkloriste et poétesse, GennaRose Nethercott a fondé le Traveling Poetry Emporium, une équipe de poètes à louer. Elle vit dans les bois du Vermont, à côté d’un vieux cimetière.
Sequoia Nagamatsu – Plus haut dans les ténèbres (Seuil)
Ce texte est une effervescence, une pure exaltation de lecture, un bouillonnement d’idées et d’émotions, sombres ou lumineuses.
Ce roman atypique est l’histoire de ce qu’il advient ensuite, en s’éloignant sensiblement par la forme et par le fond de la plupart des histoires du genre. Le monde tel que nous le connaissons se dérègle, la maladie et la mort prennent une tout autre place dans le quotidien, mais le récit de l’auteur a une autre ambition que de seulement détailler ce chamboulement.
La forme frappe rapidement, tel un recueil de nouvelles qui donne la parole à différentes voix, mais reliées plus ou moins directement en elles. Un récit choral, comme autant d’instantanés de vie. Avec toujours les émotions en ligne de mire, toujours les ressentis mis en avant. C’est souvent déchirant, mais pas uniquement plombant, les mots servent de porte diaphane pour laisser entrevoir la lumière.
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4ème de couverture
2030. Cliff se rend en Sibérie pour poursuivre le travail de sa fille récemment disparue. Dans le cratère de Batagaika, les archéologues étudient la fonte du permafrost et les restes parfaitement conservés d’une enfant, porteurs d’un virus inconnu…
Une épidémie va bouleverser la vie sur Terre et obliger les générations suivantes à s’adapter à ce fléau mortel. De nombreux destins vont se croiser à travers le temps et l’espace : dans un parc d’attractions conçu pour les enfants gravement malades, Skip, un employé désabusé, tombe amoureux d’une mère désespérée ; David, un biologiste, trouve une seconde chance de devenir père lorsqu’un de ses sujets de test, un cochon, développe un langage ; Miki, une artiste, et Yumi, sa petite-fille, se lancent à la conquête d’une nouvelle planète habitable…
À travers toutes ces vies liées intimement les unes aux autres, Sequoia Nagamatsu nous conte une histoire sur la résilience de l’âme humaine, sur notre capacité infinie à rêver et sur les liens qui nous unissent sur Terre et ailleurs.
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Catégories :Littérature

Déjà lu Katie. ✌️ Yess. Merci à toi pour le rappel 🙏😘
Je re-note le Yagamatsu. Merci !
Bon ben je les notes
Ah, les pattes de poulet <3
Bon, j’en ai trois dont 2 lu, les autres, et bien je les note, ai-je le choix ?
Rhaaaaaaaaaaaaaaaa !!! 😁🤣