La roche – Martin Lichtenberg

Une grande première, un coup double. Pour son premier roman, La Roche, Martin Lichtenberg voit son ouvrage publié chez l’éditeur Héloïse d’Ormesson. C’est de la science-fiction chez un éditeur habitué jusqu’alors à publier uniquement de la littérature dite générale.

Ecriture changeante

Ce qui frappe dès les premières pages, c’est le soin apporté à l’écriture, changeante selon les chapitres et les narrateurs, empreinte d’une poésie moderne. Un vrai parti pris qui a sans aucun doute joué sur le fait que le texte ait été retenu par l’éditeur.

Ce récit s’apparente à de la fantasy, mais garde les pieds sur terre. Un monde étrange se résumant à une île, appelée La Roche, quasi exclusivement peuplée de miséreux qui triment ou volent pour survivre. Pour ne pas mourir de soif, l’eau, élément rare, est conditionnée dans de minuscules bulles pour être transportée et consommée.

Plusieurs destins

Plusieurs castes de femmes et d’hommes à la vie misérable, dont la principale raison de survivre (et de trimer) s’appuie sur le rêve de rejoindre un paradis dont personne ne sait grand-chose, présenté uniquement via des écrans. Un lieu réservé à quelques rares élus, triés par une milice armée qui fait régner l’ordre.

Le roman est l’occasion de suivre plusieurs destins, notamment celui d’un père et de sa fillette, un artisan en rébellion larvée, et une fillette pleine de vie et d’imagination. Il met également en scène un jeune homme insoumis, un artiste, dans un monde où l’art n’a plus aucune place.

L’art en question

L’auteur se singularise par son écriture, mais aussi par de très bonnes idées qui donnent du corps à son monde, avec quelques touches d’une certaine magie le différenciant du nôtre. La principale concerne un flux qui constitue chaque être. Qu’est-ce ? À quoi sert-il ?

Ces idées et cette plume forment une aura onirique mais toujours au plus près des personnages, de leur vie, de leurs douleurs, de leurs espoirs, de leurs rêves.

Ils luttent pour défendre une autre conception de l’existence, pas uniquement de labeur, mais emplie d’émotions. Et une approche intéressante pour questionner la place de l’art dans le quotidien.

Nouvelle belle voix

Cette lecture est un voyage dans un monde gris, sans couleur, sans saveur, aliénation du corps et de l’esprit, qui va s’ouvrir à d’autres teintes. Avec quelques scènes de poursuite, entrecoupées de moments de réflexion ; des passages forts, d’autres plus faibles. Un premier roman sans doute perfectible mais avec la fraîcheur et l’enthousiasme des premières fois.

Martin Lichtenberg trouve une voix dès son premier roman, à travers un récit de l’imaginaire qui sait donner vie à ses personnages. La Roche est un endroit à visiter pour les lecteurs curieux.

Yvan Fauth

Sortie : 18 janvier 2024

Éditeur : Héloïse D’Ormesson

Genre : Science-fiction

Prix : 22 €

4ème de couverture

Tous rêvent de fuir cette île désolée, où la ressource en eau est rare et contrôlée. La plupart des habitants s’épuisent à pomper des nappes inaccessibles. Ceux qui refusent cette cadence infernale n’ont d’autre choix que de se tapir dans l’obscurité. Mais dans cet univers de violence, une poignée d’individus n’a pas renoncé à la poésie. Au péril de leur vie, ils vont conjuguer leurs forces et chercher l’espoir et la beauté jusque dans les recoins les plus sombres de cette terre.
Que reste-t-il de l’humanité quand les corps et les esprits sont aliénés? Quel avenir se dessine quand les ressources sont mises sous scellés? Roman d’anticipation à l’onirisme fabuleux qui déploie un monde hostile et fragmenté, La Roche choisit de livrer combat grâce à une langue dont chaque mot virevolte, percute et vient nourrir la possibilité d’un renouveau.


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Catégories :Littérature

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11 réponses

  1. Aude Bouquine – « Lire c’est pouvoir se glisser sous différentes peaux et vivre plusieurs vies. » Ici, je lis, je rêve, je parle de mes émotions de lectures, avec des mots. Le plus objectivement possible. Honnêtement, avec respect. Poussez la porte. Soyez les bienvenus dans mon univers littéraire.

    J’adore tes chroniques de romans que je n’avais pas notés ! Défricheur de talents va ! 😉

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      j’aime tellement ce côté défricheur 😉

      • Aude Bouquine – « Lire c’est pouvoir se glisser sous différentes peaux et vivre plusieurs vies. » Ici, je lis, je rêve, je parle de mes émotions de lectures, avec des mots. Le plus objectivement possible. Honnêtement, avec respect. Poussez la porte. Soyez les bienvenus dans mon univers littéraire.

        Et il te va si bien 😉

  2. Collectif Polar : chronique de nuit – Simple bibliothécaire férue de toutes les littératures policières et de l'imaginaire.

    Je vais faire ma curieuse, j’irai visiter La Roche, en plus un premier roman, alors !!!

  3. Alors là, je découvre : merci pour cette possible future lecture originale.

  4. Comment tu fais pour dénicher des romans pareils😍 ? Merci à toi pour la chronique 🙏 😘

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      habituellement c’est mon instinct de défricheur, j’adore chercher les livres dont on ne parle pas encore :-). Mais sur ce coup, c’est l’éditeur qui me l’a proposé, en voyant mes goût. Une bonne idée de sa part !

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  1. Interview Martin Lichtenberg - La Roche - EmOtionS, blog littéraire

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