Interview – 1 livre en 5 questions : Aux quatre vents – Amélie Antoine

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

AMELIE ANTOINE

Titre : Aux quatre vents

Editeur : XO

Sortie : 13 octobre 2022

Lien vers ma chronique

Peux-tu nous raconter la genèse singulière de ce roman ?

Tout commence il y a un peu moins de deux ans, en décembre 2020. Le dessinateur Jack Koch et moi sommes côte à côte à un salon du livre, pour présenter un album jeunesse que nous avons fait ensemble…

Je ne sais plus précisément pourquoi notre conversation nous emmène dans cette direction, mais Jack en vient à me parler d’une histoire qu’il a en tête, depuis très longtemps. L’histoire d’un petit village où, du jour au lendemain, les portes et les fenêtres d’un certain nombre de maisons seraient mystérieusement retirées…

C’est comme ça que la première graine d’Aux quatre vents a été semée.

Avec ces quelques lignes d’une histoire que Jack ne s’imaginait pas transformer en roman, avec ces quelques lignes d’une histoire qui m’a instantanément, instinctivement, touchée en plein cœur.

J’ai eu la conviction qu’elle devait exister.

C’est ainsi qu’au fil des semaines, au fil des mois sont nés Clément et Léa, Charlotte et Tobias…

C’est donc une histoire à la double temporalité que tu nous proposes…

Tout à fait. Un petit village du nord de la France, Sabran-sur-la-Lys, à deux époques différentes.

1985, période où la petite communauté est en ébullition suite à l’arrivée d’un mystérieux inconnu qui a racheté le château et s’y est installé. Tout le monde a cru qu’il aurait à cœur de le rénover et de l’ouvrir à nouveau au public, mais il n’en a rien fait. Les mois ont passé et, sans que personne ne comprenne pourquoi, il s’est mis à racheter maison sur maison à Sabran-sur-la-Lys, offrant souvent des sommes mirobolantes pour parvenir à ses fins. Jusqu’au jour où des ouvriers débarquent au village pour retirer toutes les portes et toutes les fenêtres des propriétés acquises par le châtelain… Quel est son objectif ? Nul n’est capable de le dire, mais l’inquiétude monte et la colère gronde…

On alterne alors avec une tout autre époque. 1943, retour en arrière pour découvrir le quotidien de Sabran-sur-la-Lys pendant l’occupation allemande. Les mêmes personnages en temps de guerre, confrontés parfois à des choix et des dilemmes terribles. Des choix qui ne pourront que bouleverser le futur de tous…

C’est un récit pétri d’humanité, dans toute son ambivalence, ni tout à fait blanc ou noir…

Oui, j’ai eu à cœur non seulement d’écrire une histoire qui ne soit ni sombre ni lumineuse, mais surtout de créer des personnages les plus humains possible, qui ne soient surtout pas manichéens. L’être humain est un puzzle d’émotions, un enchevêtrement d’actions et de décisions parfois contradictoires, et c’est ce que je voulais décrire dans cette histoire. Rien n’est tout noir ou tout blanc. On peut être à la fois un bourreau et un sauveur. Rien n’est figé, non plus. Il est tellement, tellement difficile de juger qui que ce soit, même si on est souvent bien prompt à le faire…

J’imagine que certaines scènes ont été difficiles à écrire…

Évidemment, je pense immédiatement à l’une des scènes terribles du roman (dont je ne peux pas parler !), qui a été un vrai coup au cœur pour moi, quand bien même je savais parfaitement qu’au fil de l’écriture, je me dirigeais vers cette issue… Il y a des scènes qui restent éprouvantes pour moi même après les avoir écrites, des scènes que j’ai du mal à relire tant elles me paraissent déchirantes, tant on voudrait pouvoir sauver les personnages à qui on a insufflé la vie et à qui on a tenu la main durant des mois…

Au final, ton histoire est pleine de surprises, loin des chemins tout tracés…

C’est sans doute un des plus beaux compliments qu’on puisse me faire sur ce texte. Il est probable que les personnes qui liront cette histoire s’attendront également à une tout autre fin. Une fin plus tranchée, que ce soit vers la lumière ou l’obscurité totale. Mais j’ai voulu une issue tout en nuances, à l’image du reste de l’intrigue, à l’image de tous les personnages qui se sont croisés entre ces pages…

Visuellement, en écrivant la fin, j’avais constamment à l’esprit l’image de Lucky Luke qui s’en va tranquillement dans le soleil couchant en fredonnant « I’m a poor, lonesome cowboy… » Ni noir ni blanc, peut-être juste humain.



Catégories :Interviews littéraires

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5 réponses

  1. Rien à faire, cette femme a ce quelque chose qui arrive à me sortir de ma zone de confort pour faire entrer les émotions… je le lirai, c’est sûr. Comme toujours, reste à trouver le bon moment…

  2. Il est déjà dans ma liste au Père Noël!

  3. Mon cadeau de moi à moi pour mon anniversaire. Merci pour ce bel échange. 🙏😘

Rétroliens

  1. Aux quatre vents - Amélie Antoine - EmOtionS - Blog littéraire

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