Sélection de sorties littéraires : août et septembre 2022

Voici une sélection personnelle des sorties littéraires d’août et septembre 2022qui ne se veut absolument pas exhaustive et est uniquement le reflet de mes goûts et envies.

Une sélection comme toujours éminemment intime, faite de très nombreux choix pour cette rentrée littéraire.

Bonnes découvertes, bonnes futures lectures ! Allez chez vos libraires et lisez !

Jo Nesbø – De la jalousie (Série noire – Gallimard) 11/08

Aucun remède à la jalousie sinon le temps ou la vengeance, à chaud ou calculée.Autour de Phtonos, longue nouvelle démoniaque dont l’ambiguïté perverse aurait ravi Patricia Highsmith, six récits illustrent la jalousie meurtrière : du raffinement de la bourgeoise hitchcockienne aux atermoiements de l’auteur à succès installé à l’étranger ; de la pulsion primaire de l’éboueur bafoué à la résignation blessée d’une petite vendeuse issue de l’immigration ; de la préméditation froide du photographe d’art raté à la ruse d’un chauffeur de taxi humilié par sa femme.

Jo Nesbø utilise la nouvelle policière avec le panache d’un maître accompli du genre – construction impeccable, tension latente et sens de la chute – pour décrire la solitude humaine.

Franck Bouysse – L’homme peuplé (Albin Michel) 17/08

Harry, romancier à la recherche d’un nouveau souffle, achète sur un coup de tête une ferme a l’écart d’un village perdu. C’est l’hiver. La neige et le silence recouvrent tout. Les conditions semblent idéales pour se remettre au travail. Mais Harry se sent vite épié, en proie à un malaise grandissant devant les événements étranges qui se produisent.

Serait-ce lie a son énigmatique voisin, Caleb, guérisseur et sourcier ? Quel secret cache les habitants du village ? Quelle blessure porte la discrète Sofia qui tient l’épicerie ? Quel terrible poids fait peser la mère de Caleb sur son fils ? Entre sourcier et sorcier, il n’y a qu’une infime différence.

Au fil d’un récit ou se mêlent passé et présent, réalité apparente et paysages intérieurs, Franck Bouysse trame une stupéfiante histoire des fantômes qui nourrissent l’écriture et la création.

Leila Mottley – Arpenter la nuit (Albin Michel) 17/08

En Californie, une adolescente noire est décidée à survivre, coûte que coûte, dans un monde qui se refuse à la protéger. Un premier roman coup de poing.

Kiara, dix-sept ans, et son frère aîné Marcus vivotent dans un immeuble d’East Oakland. Livrés à eux-mêmes, ils ont vu leur famille fracturée par la mort et par la prison. Si Marcus rêve de faire carrière dans le rap, sa soeur se démène pour trouver du travail et payer le loyer. Mais les dettes s’accumulent et l’expulsion approche.

Un soir, ce qui commence comme un malentendu avec un inconnu devient aux yeux de Kiara le seul moyen de s’en sortir. Elle décide de vendre son corps, d’arpenter la nuit. Rien ne l’a pourtant préparée à la violence de cet univers, et surtout pas la banale arrestation va la précipiter dans un enfer qu’elle n’aurait jamais imaginé.

Laurent Gaudé – Chien 51 (Actes sud) 17/08

Autrefois, Zem Sparak fut, dans sa Grèce natale, un étudiant engagé, un militant de la liberté. Mais le pays, en faillite, a fini par être vendu au plus offrant, malgré l’insurrection. Et dans le sang de la répression massive qui s’est abattue sur le peuple révolté, Zem Sparak, fidèle à la promesse de toujours faire passer la vie avant la politique, a trahi.

Au prix de sa honte et d’un adieu à sa nation, il s’est engagé comme supplétif à la sécurité dans la mégalopole du futur. Désormais il y est « chien » – c’est-à- dire flic – et il opère dans la zone 3, la plus misérable, la plus polluée de cette Cité régie par GoldTex, fleuron d’un post- libéralisme hyperconnecté et coercitif. Mais au détour d’une enquête le passé va venir à sa rencontre.

Kim Stanley Robinson – Chaman (Bragelonne) 17/08

Il était épuisé et gelé. Mais pas au point d’en mourir. Il survivrait jusqu’à l’aube. Il le sentait. C’était son errance, c’était ainsi que naissaient les chamans.

Le récit puissant, exaltant et émouvant du voyage initiatique d’un jeune homme… il y a trente-cinq mille ans.

À l’ère glaciaire, époque charnière du développement de la race humaine, qui vit naître les peintures rupestres de la grotte Chauvet, au coeur de l’Ardèche, Huant voit son destin bouleversé. Désigné comme le futur chaman de sa tribu, il devra surmonter de brutales épreuves initiatiques, suivre les pas de son mentor et découvrir sa propre voie. Dans un univers si hostile, ce genre de voyage n’est jamais simple, et sa destination, hasardeuse.

Quand arrive une étrangère, porteuse de changement…

Kim Stanley Robinson tourne son regard vers les racines de l’humanité et une fois encore embrasse avec maestria la destinée des hommes.

Marcus Malte – Qui se souviendra de Phily-Jo (Zulma) 18/08

Qui ne connaît pas un de ces inventeurs géniaux dont la découverte reste à jamais inconnue, empêchée ou censurée ? Phily-Jo est de ceux-là. Sa machine à énergie libre, la FreePow, est révolutionnaire. Si visionnaire et dérangeante que la mort brutale de Phily-Jo demeure un mystère pour ses proches. Meurtre ou suicide ? Est-ce le combat de David contre Goliath, une conspiration du grand capital prompt à freiner tous les progrès humanistes ?

Dans un infernal jeu de poupées gigognes, les héritiers et disciples de Phily-Jo se lancent tour à tour dans une quête de vérité qui les mène au cœur du Texas, ses couloirs de la mort et ses champs pétrolifères. Mais qui croire, à la fin ?

Avec un humour décapant, Qui se souviendra de Phily-Jo ? est le roman de toutes les manipulations –emprise du capitalisme, mensonge, complot, ou pouvoir du récit… Vertigineux et époustouflant !

Tiffany McDaniel – L’Été où tout a fondu (Gallmeister) 18/08

Eté 1984 à Breathed, Ohio. Hanté par la lutte entre le bien et le mal, le procureur Autopsy Bliss publie une annonce dans le journal local : il invite le diable à venir lui rendre visite. Le lendemain, son fils Fielding découvre un jeune garçon à la peau noire et aux yeux d’un vert intense, planté devant le tribunal, qui se présente comme le diable en personne. Cet enfant à l’âme meurtrie, heureux d’être enfin le bienvenu quelque part, serait-il vraiment l’incarnation du mal ? Dubitatifs, les adultes le croient en fugue d’une des fermes voisines, et le shérif lance son enquête. Se produisent alors des événements étranges qui affectent tous les habitants de Breathed, tandis qu’une vague de chaleur infernale frappe la petite ville.

Porté par une écriture incandescente, L’été où tout a fondu raconte la quête d’une innocence perdue et vient confirmer le talent exceptionnel d’une romancière à l’imaginaire flamboyant.

Koz – Bleu (Fleuve) 18/08

De nouvelles menaces mettent notre monde en péril…
 
Alors qu’une violente tempête se prépare près de Nantes, les météorologues redoutent la conjonction de ce phénomène avec la grande marée d’équinoxe, promesse de crues exceptionnelles. Rapidement, leurs prédictions se révèlent justes et la montée conjuguée des eaux maritimes et de la Loire devient totalement incontrôlable. Mais, plus inquiétant encore, les hôpitaux de la région se retrouvent subitement submergés par des cas d’encéphalite fulgurante qui poussent les malades au suicide. Une situation aussi dramatique qu’inexplicable…

Hugo Kezer et Anne Gilardini, commandants en charge de la cellule Nouvelles Menaces, se rendent alors sur place. Embarqués par leur collègue nantais, le lieutenant Fabrice Le Troadec, ils vont tenter, malgré les inondations et l’évacuation de la ville, de faire la lumière sur cette pandémie suicidaire sans précédent et de l’endiguer.

Dominique Scali – Les marins ne savent pas nager (La peuplade) 18/08

Danaé Berrubé-Portanguen dite Poussin possède le rare don de savoir nager. Orpheline, tour à tour sauveuse et naufrageuse, elle vit au milieu de l’Atlantique, sur l’île d’Ys, berceau d’un peuple obsédé par l’honneur et le courage. Une île où même les terriens se vantent d’être marins, où seuls les plus braves ont le privilège de vivre dans la cité fortifiée à l’abri des grandes marées d’équinoxe. Suivant le destin des riverains qui doivent se partager plages et marges, Danaé Poussin se soumettra aux cycles qui animent les mouvements de la mer comme à ceux qui régissent le cœur des hommes.

Les marins ne savent pas nager s’adresse à celles et ceux qui, un jour, se sont demandé si c’était la montée des eaux qui les faisait pleurer ou leurs larmes qui faisaient monter les eaux. Dominique Scali signe un roman d’aventures maritimes époustouflant campé dans un XVIIIe siècle alternatif salé par l’embrun et rempli de la cruauté du vent.

Rumaan Alam – Le monde après nous (Seuil) 19/08

Amanda et Clay, des Blancs newyorkais, partent en vacances avec leurs deux enfants à Long Island. Amanda a loué une jolie villa récemment rénovée. Le temps est superbe, la piscine immense, la nature accueillante. Mais lors de la deuxième nuit, un bruit sourd résonne dans le lointain et peu de temps après, on frappe à la porte. Les propriétaires, un couple d’Afro-Américains plus âgés, surpris sur la route par une soudaine panne d’électricité et de réseau demandent l’hospitalité. Inquiets et agacés par cette intrusion, Amanda et Clay n’ont d’autre choix que d’accepter. Leur séjour de rêve prend fin brutalement.

Désormais sans lien avec le monde extérieur, loin de la ville, sont-ils en sécurité ? Peuvent-ils se fier les uns aux autres ? Hypocrisie, peur de l’autre, panique, chacun affronte l’inconcevable à sa façon dans ce huis clos oppressant et sans concession.

Sam Millar – Black’s Creek (Le beau jardin) 19/08

Un jeune garçon, Joey, se noie dans un lac du nord de l’État de New York, Black’s Creek. Tommy, 14 ans, et ses deux amis ont assisté à la noyade. Tommy a même essayé de sauver son copain, en vain. Les trois jeunes sont sûrs de savoir qui l’a poussé à se suicider: pour eux c’est Norman Amstrong, «l’anormal». Mais il n’y a pas suffisamment de preuves et les enfants décident de prendre eux-mêmes les choses en main.

Ce roman noir parle de crime pédophile supposé, de pouvoir, de découverte de la sexualité et de rumeurs. De défiance envers les autorités et de soif de justice aussi. La force supplémentaire du roman est liée à l’âge des protagonistes, des enfants à peine adolescents qui prennent une arme, en quête de vengeance, la frontière entre victimes et coupables ne cesse de louvoyer, jusqu’à se dissoudre parfois.

Sandrine Collette – On était des loups (Lattès) 24/08

Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose. Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours. À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude. Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux. Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompagné d’un enfant terrifié.

Dans la lignée de Et toujours les Forêts, Sandrine Collette plonge son lecteur au sein d’une nature aussi écrasante qu’indifférente à l’humain. Au fil de ces pages sublimes, elle interroge l’instinct paternel et le prix d’une possible renaissance.

Colin Niel – Darwyne (Rourgue) 24/08

Darwyne Massily, un garçon de dix ans, légèrement handicapé, vit à Bois Sec, un bidonville gagné sur la jungle infinie. Et le centre de sa vie, c’est sa mère Yolanda, une femme qui ne ressemble à nulle autre, bien plus belle, bien plus forte, bien plus courageuse. Mais c’est compter sans les beaux-pères qui viennent régulièrement s’installer dans le petit carbet en lisière de forêt. Justement un nouvel homme entre dans la vie de sa mère : Jhonson, un vrai géant celui-là. Et au même moment surgit Mathurine, une employée de la protection de l’enfance. On lui a confié un signalement concernant le garçon. Une première évaluation sociale a été conduite quelques mois auparavant par une collègue qui a alors quitté précipitamment la région.

Dans ce roman où se déploie magistralement sa plume expressive, Colin Niel nous emporte vers l’Amazonie, territoire d’une puissance fantasmagorique qui n’a livré qu’une part infime de ses mystères. Darwyne, l’enfant contrefait prêt à tout pour que sa mère l’aime, s’y est trouvé un refuge contre le peuple des hommes. Ceux qui le voudraient à leur image.

Yusuke Kishi – La leçon du mal (Belfond) 25/08

Rythme effréné, personnages détonants, narration addictive, un roman sidérant : par son envergure, par le phénomène qu’il a généré au Japon, par les thématiques qu’il aborde. Un American Psycho japonais, critique féroce et jouissive d’une société enfermée dans ses codes, sa hiérarchie sociale et ses traditions passéistes, qui finit par engendrer des monstres.

De l’avis de tous, Seiji Hasumi est le professeur le plus charmant, le plus séduisant, le plus charismatique du lycée Shinkô Gakuin de Machida. Adulé de ses élèves, admiré de ses collègues, apprécié de sa direction, le jeune homme est fin, drôle, toujours prêt à voler au secours des uns, à aider les autres, à combattre les injustices et le harcèlement, à dénouer les conflits.
Hasumi est tout cela et pire encore. Hasumi est un psychopathe. Manipulateur, calculateur, pervers, prêt à tout pour prendre le contrôle et asseoir son pouvoir. Un être violent, qui n’hésite pas à éliminer quiconque se met en travers de sa route.
Trois élèves l’ont percé à jour. Commence alors une traque terrifiante, aux conséquences inimaginables…

Olivier Paquet – Composite (L’Atalante) 25/08

Esther réhabilite des espaces naturels à l’aide des traces numériques que nous laissons tous sur la toile sans même y penser. Quand elle s’aperçoit qu’une vidéo archivée dans son téléphone, datant de son adolescence pendant le confinement du printemps 2020, a été modifiée, elle comprend rapidement que des forces qui la dépassent manipulent nos souvenirs.
Mais se met-on en chasse simplement pour récupérer un balcon fleuri sur une vidéo, alors même qu’une insurrection gronde et menace la démocratie ?

Un roman de politique fiction qui tire sa force émotionnelle de la complexité des relations entre parents et enfants. À croire que si les machines voulaient notre bien, elles commenceraient par nous libérer de nos familles…

Mark Z. Danielewski – La maison des feuilles (Monsieur Toussaint Louverture) 25/08

En rentrant chez elle un soir, la famille Navidson découvre qu’une nouvelle pièce a surgi dans leur maison. L’explication la plus étrange devient rapidement la plus évidente : leur foyer est plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur. Lorsqu’une nouvelle porte apparaît dans le salon et donne sur un couloir obscur, Will Navidson, photoreporter de renom et aventurier intrépide, décide de mettre sur pied une équipe d’explorateurs afin d’étudier ce passage sans fin où l’obscurité semble vouloir déchirer les rêves et dévorer la raison.

Entre récit fantastique, énigme littéraire et mise en abyme, ce roman captivant se confie comme un trésor de générations en générations. Aujourd’hui et pour la première fois, il est offert aux lecteurs français dans une édition entièrement remasterisée en couleurs.

Tiffany Quay Tyson – Un profond sommeil (Sonatine) 25/08

 » Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé. « 

White Forest, Mississippi. Cachée au milieu de la forêt, la carrière fascine autant qu’elle inquiète. On murmure que des esprits malveillants se dissimulent dans ses eaux profondes. Par une chaude journée d’été, Roberta et Willet bravent toutes les superstitions pour aller s’y baigner avec leur petite sœur, Pansy. En quête de baies et à la faveur d’un orage, ils s’éloignent de la carrière. Quand ils reviennent, Pansy a disparu.
Quelques années plus tard, Roberta et Willet, qui n’ont jamais renoncé à retrouver leur sœur, suivent un indice qui les mène dans le sud de la Floride. C’est là, dans les troubles profondeurs des Everglades, qu’ils espèrent trouver la réponse à toutes leurs questions.

Tiffany Quay Tyson nous entraîne dans un voyage hanté au coeur des terres américaines. Des forêts obscures du delta du Mississippi jusqu’aux mangroves des Everglades, l’histoire tourmentée d’une famille fait écho à celle de toute une région, le sud des États-Unis, peuplée d’esclaves, de prêcheurs, d’assassins, de laissés-pour-compte, de monstres et de saints. Quelque part entre Faulkner et True Detective, un roman sombre, envoûtant, inoubliable.

Olivier Truc, Sylvain Runberg, Gaël Branchereau, Damour, Greg Lofe – La source, tome 1 (Philéas – BD) 25/08

Le monde s’est effondré, le temps de la reconstruction est venu…
Mais l’unité de la communauté de La Source est ébranlée par une série de meurtres violents qui met en péril cette nouvelle société déjà bien fragile. Rachel est désignée pour enquêter, promue Gardienne du Talion.

Un polar âpre dans un monde bouleversé par un désastre climatique, en quête de nouveaux repères.

Sue Rainsford – Jusque dans la terre (Les forges de Vulcain) 26/08

Ada vit avec son père dans une clairière, en bordure d’une forêt, non loin de la ville. Ils passent leur temps à soigner les habitants qui leur confient leurs maux et leurs corps, malgré la frayeur que ces deux êtres sauvages leur inspirent parfois. Un jour, Ada s’éprend de Samson, un de ces habitants. Cette passion, bien vite, suscite le dépit voire la colère du père de la jeune fille et de certains villageois.

L’adolescente se retrouve déchirée par un conflit de loyauté entre son héritage vénéneux et cet élan destructeur qui l’emmène loin de tout ce qu’elle a connu.

Roman lyrique, inquiétant, roman de l’émancipation autant que roman du désir souverain, Jusque dans la terre a été salué comme la naissance d’une romancière à l’imagination terrifiante, peuplée de sorcières et de monstres.

Stephen Graham Jones – Un bon indien est un indien mort (Rivages) 31/08

Quatre amis d’enfance ayant grandi dans la même réserve amérindienne du Montana sont hantés par les visions d’un fantôme, celui d’un élan femelle dont ils ont massacré le troupeau lors d’une partie de chasse illégale dix ans auparavant.

Jan Weiss – La maison aux mille étages (Hachette) 31/08

Une tour de mille étages où l’humanité est enfermée. Un homme s’y réveille, seul, amnésique, invisible, hanté par des images insoutenables de salles obscures, remplies de corps décharnés enchaînés les uns aux autres. Qui est-il? Quelle est sa mission? 

Une société reconstituée dans tous ses excès, sous la tyrannie arbitraire et sadique du mystérieux Muller : tel est ce cauchemar dystopique incroyablement visionnaire écrit en 1929, qui pointe, avec une acuité douloureuse, toutes les dérives à venir: le contrôle des hommes et des cerveaux par les écrans, le culte de la personnalité poussé à son extrême, le délire de la surconsommation, l’exploitation des vices et des obsessions… Le tout traversé par des scènes qui évoqueront doulouresement les abonimations à venir: camp de concentration, chambres à gaz, utilisation massive des drogues, des bas instincts, de la violence et des femmes… 

Waubgeshig Rice – La Lune de l’âpre neige (Les arènes) 01/09

Quand une communauté indienne au bout des terres habitées découvre
que la civilisation s’est effondrée.

Au nord du Canada, dans une petite réserve indienne anichinabée, on chasse et on stocke des vivres à l’approche de l’hiver. Lorsqu’une panne d’électricité générale survient, peu s’en émeuvent.

Mais, au fil du temps, l’absence de moyens de communication avec l’extérieur et la diminution des stocks de nourriture font monter la tension. L’inquiétude s’installe. Le conseil de la tribu tente de gérer la situation. Des clans se forment.

Puis des étrangers viennent chercher refuge dans la réserve : le monde semble avoir sombré dans le chaos. Les mois passent, les conditions climatiques se durcissent, les premiers décès adviennent. L’affolement gagne du terrain. Les habitants comprennent que la plus grande menace ne vient pas du dehors mais de la communauté elle-même. Guidés dans le chaos par un leader improbable nommé Evan Whitesky, ils s’efforcent de rétablir l’ordre. Tous les savoirs ancestraux n’y pourront rien : quand un monde s’effondre, un autre renaît.

Piergiorgio Pulixi – L’illusion du mal (Gallmeister) 01/09

À travers toute l’Italie, les téléphones portables vibrent à l’unisson. En l’espace de quelques minutes, des milliers de personnes reçoivent une vidéo intitulée « La loi, c’est toi« . À l’écran, un criminel ligoté et un homme masqué qui prend la parole. Son objectif : faire voter en ligne le public sur le sort de son prisonnier, qu’un système judiciaire inefficace et corrompu a laissé impuni. La vindicte populaire est en marche. Mara Rais et Eva Croce, deux femmes aussi différentes qu’imprévisibles, sont chargées de l’enquête, épaulées par le criminologue Vito Strega. Confronté à un ennemi insaisissable à la popularité grandissante, le trio se lance dans une course contre la montre.

Après L’Île des âmes, la nouvelle enquête d’Eva et Mara nous emmène de la Sardaigne à Milan. Face à la séduction du mal, chacun devra choisir entre envie de justice et soif de vengeance.

Jason Rekulak – Hidden Pictures (Bragelonne) 07/09

Un nouveau classique de l’horreur, bientôt traduit en 18 langues et adapté en série Netflix.

Alors qu’elle sort tout juste d’une cure de désintoxication, Mallory Quinn est engagée comme baby-sitter par Ted et Caroline Maxwell. Elle doit s’occuper de leur fils de cinq ans, Teddy. Mallory est aussitôt sous le charme. Elle a son propre espace de vie, elle sort le soir pour courir, et elle a enfin la stabilité dont elle rêvait. De plus, elle s’attache sincèrement à Teddy, un petit garçon doux et timide qui ne se déplace jamais sans son cahier et son crayon. Ses dessins suivent les thèmes habituels de cet âge : arbres, lapins, ballons. Mais un jour, il dessine quelque chose de différent : un homme dans une forêt, qui traîne le corps sans vie d’une femme.

Les oeuvres de Teddy deviennent alors de plus en plus sinistres, et ses bonhommes rudimentaires se changent bientôt en esquisses trop réalistes qui excèdent largement les capacités d’un enfant de cinq ans. Mallory commence à se demander si ce ne sont pas là les échos d’un meurtre ancien, peut-être relayés par une force surnaturelle. Consciente que tout cela relève de la folie, Mallory entreprend néanmoins de déchiffrer ces images… et de sauver Teddy avant qu’il soit trop tard.

Jo Walton – Ou ce que vous voudrez (Denoël) 07/09

À soixante-treize ans, Sylvia Harrison est une autrice à succès ayant déjà publié plus d’une trentaine de romans. Le prochain se déroulera à Thalia, une cité qui ressemble beaucoup à Florence et qu’elle a imaginée pour la trilogie qui a lancé sa carrière. Afin de nourrir son inspiration, elle se rend en Italie et va, une nouvelle fois, faire appel à lui.

Lui ? Il apparaît dans presque tous ses romans. Il a été dragon, voleur, guerrier et même dieu. Il est celui grâce à qui Sylvia a créé ses personnages les plus marquants. Celui à qui elle parle en son for intérieur depuis des décennies. Celui qui l’a sauvée, qu’elle a chassé, qu’elle a accueilli de nouveau. Celui qui s’éteindra avec elle, lorsqu’elle décédera. S’éteindre ? Ça, il ne peut l’accepter.

Histoire trépidante, méditation sur la réalité et la fiction, Ou ce que vous voudrez est une magnifique lettre d’amour à Florence, à la Renaissance et à la littérature.

Jeff Noon – La Ville des histoires (La Volte) 07/09

À Histoireville, tout le monde écrit et peut être happé dans les récits des autres. Mais certaines histoires ne sont pas bonnes à raconter, malgré les agents narratifs chargés de les contrôler…C’est ce qui arrive au détective John Nyquist, qui se réveille à côté du cadavre de l’homme qu’il était payé à suivre. Le voici piégé dans le Corps bibliothèque, à la fois la tour de la cité Melville de laquelle il ne peut sortir et l’histoire dramatique écrite par un certain Obéron. De dangereux personnages sont à la recherche des pages de ce livre, dont Nyquist a trouvé un extrait, et ces pages recèlent un pouvoir véritablement envoûtant, voire mortel.

La série des« enquêtes de John Nyquist »,entamée avec Un homme d’ombres en 2020, s’inspire du principe des Villes invi-sibles d’Italo Calvino ; l’action se déroule à chaque livre dans une ville différente, aux règles totalement fantasmagoriques. Ce polar new weird est éblouissant, étrange et poétique. Un roman à la Jeff Noon promet un voyage dans les contrées du fantastique, pour un mélange unique des genres et un renouvellement des formes de la narration. La Ville des histoires aurait pu être écrite par l’enfant d’Agatha Christie et de William S. Burroughs (pour son écriture-collage ou cut-up).

Becky Manawatu – Bones bay (Au vent des îles) 08/09

Nouvelle-Zélande, aujourd’hui. Le chant de Taukiri résonne dans le grondement de cette mer qu’il aime et déteste à la fois, dans la musique qu’il tire de la guitare héritée de son père. Le jeune homme fuit sur l’autre île, au nord, espérant échapper au poids des secrets de famille. Arama, son petit frère qu’il a abandonné dans un foyer hostile, est celui dont on n’attend rien. Pourtant, avec l’ardeur et la grâce des vulnérables, le garçon s’obstine à révéler l’éclat de la vie dans chaque faille où elle peut encore trouver à se faufiler.

Becky Manawatu fend la littérature avec l’élégance d’un rêve. Elle se coule dans la force de l’océan, absorbe ses remous, danse sur ses crêtes, vive, déchirante et indomptable. Un roman à la fois brutal et sublime, une nouvelle voix puissante de la fiction néo-zélandaise.

Philippe Thirault / Mig – Glacé (Phileas) 08/09 (BD, d’après le roman de Bernard Minier)

Le commandant Martin Servaz se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière : les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise d’une vallée encaissée des Pyrénées.
L’ADN d’un criminel interné à l’asile proche est retrouvé sur le corps du cheval… et quelques jours plus tard, le premier meurtre a lieu. Aidé par la capitaine de la gendarmerie Irène Ziegler, il va devoir mettre fin aux agissements d’un criminel diabolique.

Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.

Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée quand l’ADN d’un des détenus les plus notoires de l’asile, Julian Hirtmann, accusé d’avoir tué et violé plusieurs femmes, est retrouvé sur le corps du cheval… et quelques jours plus tard, le premier meurtre a lieu. Une histoire sombre de folie et de revanche semble alors se dérouler.

Le commandant Martin Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière. Aidé par la capitaine de la gendarmerie Irène Ziegler, il doit utiliser toutes leurs compétences pour résoudre ce mystère et mettre fin aux agissements d’un des criminels les plus diaboliques qui soit.

Anthony Doerr – La cité des nuages et des oiseaux (Albin Michel) 14/09

Un manuscrit ancien traverse le temps, unissant le passé, le présent et l’avenir de l’humanité.

Avez-vous jamais lu un livre capable de vous transporter dans d’autres mondes et à d’autres époques, si fascinant que la seule chose qui compte est de continuer à en tourner les pages ?

Le roman d’Anthony Doerr nous entraîne de la Constantinople du XVe siècle jusqu’à un futur lointain où l’humanité joue sa survie à bord d’un étrange vaisseau spatial en passant par l’Amérique des années 1950 à nos jours. Tous ses personnages ont vu leur destin bouleversé par La Cité des nuages et des oiseaux, un mystérieux texte de la Grèce antique qui célèbre le pouvoir de de l’écrit et de l’imaginaire.

Et si seule la littérature pouvait nous sauver ?

Becky Chambers – Un psaume pour les recyclés sauvages (L’Atalante) 15/09

Voilà des siècles, les robots de Panga ont accédé à la conscience et lâché leurs outils ; voilà des siècles, ils sont partis ensemble dans la forêt, et nul ne les a jamais revus ; voilà des siècles qu’ils se sont fondus dans les mythes de l’humanité.
Un jour, la vie de Dex, moine de thé, est bouleversée par l’arrivée d’un robot qui, fidèle à une très vieille promesse, vient prendre des nouvelles. Il a une question à poser, et ne rejoindra les siens qu’une fois satisfait de la réponse. La question : « De quoi les gens ont-ils besoin ? »

Mais la réponse dépend de la personne à qui on parle et de comment on pose la question. La nouvelle série de Becky Chambers s’interroge : Dans un monde où les gens ne manquent de rien, à quoi sert d’avoir toujours plus ?

Guillaume Musso – Angélique (Calmann-Lévy) 20/09

Paris, Noël 2021.

Après un accident cardiaque, Mathias Taillefer se réveille dans une chambre d’hôpital. Une jeune fille inconnue se tient à son chevet. C’est Louise Collange, une étudiante venue jouer bénévolement du violoncelle aux patients.

Lorsqu’elle apprend que Mathias est flic, elle lui demande de reprendre une affaire un peu particulière. D’abord réticent, Mathias accepte finalement de l’aider, les plongeant ainsi, tous les deux, dans un engrenage mortel.

Ainsi commence une enquête hors du commun, dont le secret tient  à la vie qu’on aurait voulu mener, l’amour qu’on aurait pu connaître,  et la place qu’on espère encore trouver…

Stephen King – Billy Summers (Albin Michel) 21/09

Billy Summers est un tueur à gages, le plus habile qui soit. Il a fait partie des meilleurs tireurs d’élite au monde et est un vétéran décoré de la guerre d’Irak.
Mais il n’accepte les missions que si la cible est vraiment un sale type.
Avant de prendre définitivement sa retraite et se consacrer à l’écriture, Billy doit effectuer un dernier travail.
Alors, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
Eh bien, tout.

Ici, pas de surnaturel ni d’horreur. Un roman noir dans lequel Stephen King dévoile, une fois de plus, toute l’étendue de son talent.

Grand prix des enquêteurs 2022 (Robert Laffont) 22/09

Nicolas Beuglet – L’archipel des oubliés (XO) 22/09

Cette histoire vous fera douter de tout…

Les inspectrices Grace Campbell et Sarah Geringën le savent. Malgré leurs caractères opposés, elles doivent unir leurs forces pour neutraliser l' » homme sans visage « , l’architecte du plan diabolique qui mènera l’humanité à sa perte.

Seule piste : un manoir égaré dans les brumes d’Écosse. Derrière les volets clos de la demeure, l’ombre d’une jeune veuve austère, en apparence innocente. Mais cette femme est-elle vraiment ce qu’elle prétend être ? Ce que les deux inspectrices découvrent dépasse leurs pires hypothèses.

Dans une course qui les entraîne du loch Ness à la Norvège, Grace et Sarah vont devoir repousser les frontières de la peur pour rejoindre l’énigmatique archipel des Oubliés – l’ultime rempart au chaos du monde.

Un thriller glaçant. Et perturbant. Car ce qui se joue sur ces terres mystérieuses pourrait bien ressembler au choix de civilisation qui se dresse devant nous… même de vous…

Claire North – La maison des jeux Tome 2 : Le voleur (Le Bélial’) 22/09

Depuis des siècles, il existe un établissement mystérieux connu sous le nom de Maison des Jeux. Un établissement qui accueille deux loges. Dans la basse, des fortunes se font et se défont face à un échiquier, devant une table de backgammon ou n’importe quel autre jeu. Ceux que favorisent la chance ou le talent sont parfois invités à concourir dans la haute loge… Là, le jeu se déroule à l’échelle d’un pays, les pièces du plateau sont de véritables individus, les cartes impliquent la manipulation de véritables personnes ; dans cette loge, les enjeux sont des souvenirs, des compétences, des années de vie… voire bien davantage encore.

Bangkok, 1938. Remy Burke, membre de la haute loge, reprend conscience après une nuit trop arrosée et se souvient qu’il a parié avec Abhik Lee, joueur redoutable, un bien précieux : sa mémoire

Le jeu qui déterminera le vainqueur ? Une partie de cache-cache, Lee ayant un mois pour trouver Burke ; après quoi les rôles seront inversés. Le plateau de jeu ? La Thaïlande toute entière. Burke doit donc se cacher comme il le peut… ce qui n’est pas chose aisée quand on est un Européen à la forte carrure. D’autant que Lee dispose de tous les moyens possibles pour traquer sa proie…

Second volet de la trilogie de la « Maison des Jeux », trois récits indépendants mais liés entre eux de façon subtile, Le Voleur est un thriller aussi fantastique que haletant placé sous le haut-patronage de L’Échiquier du mal de Dan Simmons…

Joël Alessandra : On la trouvait plutôt jolie (Michel Lafon) 22/09 (BD d’après le roman de Michel Bussi)

Leyli Maal est une jolie femme tout charme et tout sourire. À Port-de-Bouc, près de Marseille, elle fait le ménage dans des hôtels pour subvenir aux besoins de ses trois enfants, Bamby, Alpha et Tidiane. Leyli nourrit un rêve immense : qu’au moins un de ses enfants échappe au sortilège auquel ils sont condamnés.

« Leyli ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

Cette histoire humaniste sur l’immigration et le déracinement ne laisse pas indifférent. En seulement quatre jours et trois nuits, Michel Bussi nous plonge dans un suspense haletant. Le lecteur est pris au piège, embarqué du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, jusqu’au dernier twist final, stupéfiant.
Sublimée par les dessins de Joël Alessandra, l’histoire n’en est que plus poignante.

Runberg / Brahy / Lofé – Atomka (Philéas) 22/09 (BD, d’après le roman de Franck Thilliez)

Un journaliste de faits divers retrouvé mort de froid dans son congélateur, des femmes enlevées retrouvées entre la vie et la mort dans un lac gelé, un enfant d’Europe de l’Est errant, malade, avec un tatouage étrange et pour seule destination l’adresse d’une reporter disparue… Hennebelle et Sharko se retrouvent de nouveau face à leurs vieux démons !

Entre le moment où s’arrête la vie et celui où commence la mort il existe une frontière. Certains l’ont explorée… Dernier opus de la Trilogie de la Violence de Franck Thilliez, réunissant de nouveau Lucie Hennebelle et Franck Sharko !

À quelques jours de Noël une affaire d’envergure démarre pour Lucie Hennebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, quai des Orfèvres. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue est amie a disparu, alors qu’elle enquêtait sur un dossier explosif dont personne ne connaît le contenu. Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier détenu par un enfant errant très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes mais inconscientes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis grâce à des coups de fil mystérieux à la police.

Tandis que l’enquête s’accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui de manière dangereuse. Un duel secret et cruel s’engage alors, détruisant le flic à petit feu…

Ian Manook – Le chant d’Haïganouch (Albin Michel) 28/09

On leur avait promis une terre qu’ils ne quitteraient plus. Et c’est à nouvel exil qu’ils sont contraints…

Ils en rêvaient : reconstruire leur pays et leur histoire. Comme des milliers d’Arméniens, Agop, répondant à l’appel de Staline, du Parti Communiste français et des principales organisations arméniennes de France, quitte sa famille et embarque en 1947 à bord du Rossia dans le port de Marseille. Mais au bout du voyage, c’est l’enfer soviétique qu’il découvre et non la terre promise.

Sur les bords du lac Baïkal, Haïganouch, une poétesse aveugle, séparée de sa soeur lors du génocide de 1915, aujourd’hui traquée par la police politique, affronte elle aussi les tourments de l’Histoire.

Des camps de travail d’Erevan aux goulags d’Iakoutsk, leurs routes se croiseront plus d’une fois, au fil d’une odyssée où la peur rencontre l’espoir, le courage et l’entraide. Agop et Haïganouch parviendront-ils à vaincre, une fois de plus, les ennemis de la liberté, pour s’enfuir et retrouver ceux qu’ils aiment ?

Après le succès de L’oiseau bleu d’Erzeroum (lauréat des Trophées littéraires des Nouvelles d’Arménie magazine), Ian Manook signe une nouvelle fresque familiale bouleversante et une saga historique tumultueuse, hymne à la résistance et à la mémoire d’un peuple.

Marguerite Imbert – Les Flibustiers de la mer chimique (Albin Michel) 28/09

Tout commence par un naufrage, aussi figuré que littéral. Ismaël, naturaliste de Rome, agonise sur un radeau de fortune au beau milieu de la mer chimique quand il est repêché par le Player Killer, un sous-marin capable de naviguer dans les courants acides, machine-témoin d’une technologie à laquelle plus personne ne comprend rien. A la tête de l’engin : Jonathan, flibustier et excentrique despote. Ce capitaine hésite ; doit-il livrer Ismaël aux ennemis de Rome ou le garder pour lui ? Le savant a-t-il une quelconque valeur ?

Sur la terre ferme, la solitude n’a pas réussi à Alba. Graffeuse omnisciente, elle a peut-être tendance à confondre les dates et les noms. Elle est pourtant choisie pour incarner la mémoire des survivants. Dans une Rome assiégée par la Méditerranée, elle apprend que le futur n’est pas tendre avec ceux qui ont la langue trop bien pendue et que certains secrets peuvent s’avérer mortels.

Et si, séparés par des milliers de kilomètres, ignorant tout l’un de l’autre, Ismaël et Alba cherchaient à percer la même énigme ?

Marlon James – Léopard noir, loup rouge (Albin Michel) 28/09

Dans un lointain royaume d’Afrique orientale, Pisteur est connu de tous pour ses extraordinaires talents de chasseur. « Il a du nez », dit-on de lui. Ce don lui vaut d’être recruté, aux côtés de huit mercenaires hauts en couleur, pour retrouver un mystérieux garçon disparu trois ans plus tôt. Mais très vite, de cité en royaume légendaires, les obstacles se multiplient et d’étranges créatures semblant bien décidées à leur barrer la route. Pisteur ne peut alors s’empêcher de s’interroger : qui
est vraiment cet enfant qu’ils recherchent, et quel est le lien entre lui et le mystérieux marchand d’esclaves qui leur a confié cette mission ?

La quête, initialement prévue pour durer deux mois, se poursuivra neuf années durant. Et comme on l’apprend dès les premières pages, le garçon est mort. Pisteur finira enfermé dans une cellule, accusé de l’avoir tué. Ce livre, écrit à la première personne, est sa confession et sa version de la vérité.

Elly Bangs – Unity (Albin Michel) 28/09

Danae est unique. Danae est multiple.

Dotée de l’apparence d’une jeune femme de trente ans, elle existe depuis soixante-dix ans et abrite en elle des expériences humaines encore plus anciennes. C’est son secret et elle le doit à un implant d’une technologie incroyablement avancée.
Parce qu’elle doit se rendre à Redhill pour l’équinoxe et que ce rendez-vous conditionne sa survie, Danae fuit la cité sous-marine de Bloom City, une ville au bord de l’implosion. Accompagnée de son amant Naoto et d’un mercenaire, Alexei, qui fut enfant-soldat, elle va tenter d’échapper définitivement à ceux qui la traquent. Des ennemis énigmatiques et puissants qui cherchent à tout prix à s’emparer de son secret.

Danae n’a jamais été aussi proche de l’extinction. Et pourtant, elle incarne le plus bel espoir de l’humanité…

Bernard Werber – La diagonale des reines (Albin Michel) 28/09

Et si vous n’étiez qu’un pion dans leur jeu ?

Deux femmes, deux génies des échecs que tout oppose.
L’une croit dans la force du groupe.
L’autre en l’individualisme.
Leur duel est inévitable… laquelle aura l’avantage ?
Des années 1970 à 2050, entre guerres, attaques terroristes et espionnage, nos deux joueuses d’échec vont s’affronter sans répit et sans merci, faisant du monde un gigantesque échiquier ; des humains, les pièces maîtresses de leur jeu.
Dans ce roman puissant, porté par deux héroïnes exceptionnelles, Bernard Werber, explore et déploie l’art de la stratégie pour nous entraîner au cœur d’une aventure contemporaine visionnaire et captivante

De 1970 aux années 2050 leur duel se poursuit sans répit et sans relâche aux quatre coins de la planète et de l’histoire contemporaine devenue, pour elles un échiquier géant dont les humains sont les pièces.



Catégories :Littérature

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24 réponses

  1. Même pas mal. 😁
    Vais carrément braquer l’écureuil.
    Merci à toi Yvan pour la sélection. 🙏❤️

  2. Merci pour cette sélection 🙂 Beaucoup de choses très tentantes

  3. Merci Yvan, autant te dire que j’ai l’eau à la bouche…..

  4. Très jolie sélection, je reviendrais pour en noter quelques uns. Bon lundi.

  5. C’est pas bien de nous tenter comme ça!

  6. On dirait un pervers qui propose des bonbons ! Sauf qu’on est des proies plus que consentantes…

  7. Ah la la … le supplice est toujours le même … Comment faire pour lire les titres en retard et ceux qui ns sont si bien recommandés …! merci, Yvan ! Je choisirai sans doute l’auteur japonais pour commencer !!

  8. ouh la la ….. Je sens quelques pépites ou tentations en tout cas; merci pour ces idées qui vont devenir concrètes !! bonne semaine

  9. C’est vraiment la rentrée ! Ça promet 😀

  10. Sans surprise nous avons beaucoup de titres en commun dans le collimateur… jamais nous n’aurons le temps de lire tout ça !!!

  11. Argh, beaucoup trop de notes !! Trop de choses intéressantes… Mais je retiens le King, le Manook, le Webb, le Beuglet, le Doer, le Colette, le McDaniel, le Malte, le Bouysse, le Gaudé, le Quay Tyson et le Mottley…. Mon banquier me téléphone déjà pour me hurler dessus 😆

  12. Une sacrée sélection on aimerai tous les lire

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