Interview – 1 livre en 5 questions : Dans la neige ardente – Olivier Gallien

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

OLIVIER GALLIEN

Titre : Dans la neige ardente

Sortie : 13 janvier 2022

Editeur : Robert Laffont / Collection : La bête noire

Lien vers ma chronique

On plonge d’entrée dans une ambiance apocalyptique, dont on ne sait rien, enfoncé dans une étrange « poudreuse »…

J’aime travailler sur les sensations lorsque j’écris et cette poussière qui semble tomber en permanence, qui prive la ville de ses couleurs, de ses odeurs, qui étouffe les sons aussi, était une idée qui me tenait à cœur. Elle annihile la vie d’une certaine façon.

C’est aussi un roman qui tend, par certains aspects, vers une métaphore du deuil. Les deux protagonistes cherchent à se raccrocher à ce qu’ils peuvent pour survivre, tout devrait les pousser à abandonner, ils étouffent continuellement sous le poids de cette neige mortifère et pourtant ils avancent, malgré tout, ils continuent. Ils se battent contre l’ensevelissement. J’aime cette image.

Vous racontez votre histoire au plus près des personnages. On ressent le contexte en direct à travers leurs yeux, leurs douleurs, leurs doutes et leur volonté…

Pouvoir se mettre dans la peau des personnages et ressentir les émotions qui les traversent. Arriver à s’oublier et à vivre autre chose, ailleurs, dans une autre enveloppe corporelle que la sienne. Il y a un peu de magie là-dedans. C’est un des paris de l’écriture je crois, d’essayer de faire vivre cette expérience au lecteur.

Le périple des personnages est cadencé par quelques moments chocs que vous n’édulcorez pas…

L’environnement dans lequel évoluent les personnages est très sombre, brutal. Je pense que l’histoire ne se prête pas à l’édulcoration. Cela dit, je n’ai pas le sentiment d’être allé trop loin lors de moments « chocs », au contraire, je pense même avoir fait attention lors de l’écriture de certaines scènes à rester dans la suggestion plutôt que la description pure et dure. Je voulais surtout que chaque moment ait son importance, qu’il n’y ait rien de gratuit. Ce qui est décrit c’est la violence des hommes dans une ville en guerre.

On sent que vous avez apporté un soin tout particulier à la langue, aussi brute et brutale que poétique…

Merci. Je ne suis pas certain de la réponse à donner, mais je suis heureux que vous l’ayez ressenti comme tel. Le travail sur la langue et le style est en effet très important pour moi. En tant que lecteur j’aime lire des textes dans lesquels l’auteur est dans la sincérité. Je pense notamment à Marina Tsvetaieva dont j’aime la langue, le travail d’orfèvre qu’elle entretient avec les mots. Si vous ne connaissez pas son travail vous pouvez lire son recueil Le ciel brûle/Tentative de jalousie, tout y est toujours très juste, chaque mot est parfaitement à sa place. C’est d’une beauté infernale.

Au final, votre roman est vraiment inclassable. Mais particulièrement noir…

Oui. Je ne sais pas vraiment comment on pourrait le classer et à vrai dire, je ne crois pas que ce soit si important que ça. Pour moi, un roman est un roman et peu importe dans quelle case on décide de le mettre. C’est un roman qui est noir en effet. Très sombre et assez dur. Mais qui va vers la vie aussi, vers l’espoir malgré tout. C’est le sentiment que j’ai en tout cas.



Catégories :Interviews littéraires

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