La prophétie des abeilles – Bernard Werber

Bernard Werber jongle avec les histoires pour plonger dans l’Histoire. Le petit « h » au service du Grand.

Ceux qui imaginent une version jaune et ailée des Fourmis en seront pour leurs frais. L’ambition de l’auteur est tout autre. Il n’y a qu’à savoir qu’il est question de l’Ordre des Templiers, et d’une quête, pour se rendre compte que le roman emprunte d’autres chemins.

Virées dans le temps

Car c’est bien un voyage auquel nous invite Werber, à travers le temps. Comprendre le passé, prendre un certain recul sur la situation mondiale actuelle, pour mieux l’appréhender et réfléchir à la changer.

Déchiffrer le risque pour tenter d’y échapper. Par la fiction au service de la réalité.

Le roman est à lier avec La boîte de Pandore, sorti en 2018, et la capacité du personnage à se projeter dans le passé par l’hypnose, à travers ses vies antérieures. La machine à voyager dans le temps n’a besoin d’aucune machinerie, elle est dans nos têtes !

Une virée vers un inconnu connu, les racines de tout. Ce qui a été vécu permettra de mieux vivre.

En terme de narration, le champ des possibles devient illimité avec un tel concept. Les allers-retours se font d’un claquement de doigts (en fermant les yeux et en méditant), pour celui qui sait maîtriser la technique. Imparable pour naviguer entre l’époque de la création des templiers, et les suivantes. Idéale pour surfer sur ses vies et à travers le monde entier.

Comprendre en se divertissant

Mais pas comme on surfe sur internet, car c’est une expérience en immersion, avec les 5 sens en éveil (il ne fait pas toujours bon se retrouver 1000 ans en arrière).

Tout repose sur un étrange codex, La prophétie des abeilles. Le chercher et le retrouver, à travers le temps et les âmes des ancêtres, devient la quête / l’enquête ultime pour sauver le monde. L’écrivain se la joue Nostradamus et fin limier. Et si tout avait été prédit ?

Il nous invite à prendre son livre au premier degré, au deuxième, et au troisième aussi. L’intrigue rythmée est entrecoupée de cours d’Histoire et de mythologie qui nous aident à comprendre, à travers les archives, le parcours d’hommes connus et de peuples (celui des juifs notamment, mais aussi ceux des Ordres religieux et militaire comme les Templiers).

S’instruire et se divertir, c’est le credo de la foi de Werber en l’écriture. Il pousse l’idée sans doute encore plus loin cette fois-ci, sur ces 580 pages. Toujours intéressantes, même si parfois un peu redondantes.

Espoir par les abeilles

Nous sommes dans l’ordre de l’apprentissage par l’expérience comme dans celui du symbole. Vérités, mythes et spiritualités s’entremêlent pour permettre de mieux s’ouvrir sur le monde et les autres.

Et les abeilles dans tout ça ? Elles sont présentes en filigrane, partout dans le livre, comme les sauveurs d’une humanité en péril. Sans elles, point de vie. Parce que l’autre faisceau braqué par le livre s’oriente sur le respect de notre planète.

Que ce soit sur le passé, l’environnement et les comportements actuels, l’auteur a des idées bien arrêtées, tout en restant toujours à l’écoute et ouvert aux autres.

La prophétie des abeilles est un roman d’évasion autant que d’apprentissage. Une épopée dans le temps et l’esprit, pour comprendre et se divertir. Bernard Werber creuse son sillon spirituo-scientifiquo-historique, avec à-propos. Et avec un message non dénué d’espoir.


Yvan Fauth

Date de sortie : 29 septembre 2021

Éditeur : Albin Michel

Genre : Fiction contemporaine et historique / Fantastique

4° de couverture

Depuis la nuit des temps, les abeilles détiennent le secret du destin de l’Humanité.
Ce secret est annoncé dans une prophétie écrite à Jérusalem il y 1000 ans par un chevalier Templier.
Mais sa trace est perdue, et pour la retrouver, il faudra remonter dans le temps, traverser époques et continents, affronter tous les dangers.

Êtes-vous prêts à payer ce prix pour sauver votre futur ?



Catégories :Littérature

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7 réponses

  1. Je suis très très tentée parce que j’ai envie de me plonger dans un univers particulier, différent de ma lecture actuelle. Ta chronique fait très envie. Peut-on le lire sans avoir lu « La boite de Pandore »?

  2. Très bonne présentation, merci

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