Interview – 1 livre en 5 questions : Les cicatrices – Claire Favan

1 livre et 5 questions pour permettre à son auteur de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

CLAIRE FAVAN

Titre : Les cicatrices

Éditeur : HarperCollins

Sortie : 04 mars 2020

Lien vers ma chronique du roman

Te voilà de retour au thriller pur et dur, et à ton intérêt pour les histoires de serial killers américains…

Effectivement. Comme je l’ai toujours dit, pour moi, la France c’est la réalité. Je l’ai prouvé avec Inexorable qui était une vraie parenthèse dans mes écrits. Pour autant, ça n’est pas mon terrain de jeu, parce que quand je lis ou quand j’écris, je recherche l’évasion. Les Etats-Unis m’offrent exactement ce que je recherche pour y placer mes histoires de tueurs en série.

Effectivement, le roman Les cicatrices constitue un vrai retour au thriller pur et dur. Je venais de lire une série young adult, Red Rising, et j’ai été emballée par ce déferlement d’actions, de rebondissements et de contretemps. J’ai eu envie d’appliquer cette recette dans ce livre.

Ce n’est pas la première fois qu’un de tes personnages principaux est un homme docile, visiblement faible de caractère…

Owen a préféré renoncer à se battre et se soumettre à son ex-femme qui est aussi sa co-propriétaire. Il fait également le dos rond face à sa belle-famille puisque son ex-beau-père est son employeur. Et s’il a fait ces choix, c’est pour acheter une « pseudo » paix sociale, vu que son présent est inextricablement lié à eux qui se plaisent à l’enfermer dans une boucle temporelle de reproches et d’espérances. Ce qui n’empêche pas Owen de ne pas céder et de résister à sa façon.

Chez moi, un manque de caractère apparent permet au personnage de se révéler progressivement comme pour Samantha ou Dany. Leur soumission vient du fait qu’ils ont choisi la facilité, celle qui leur permet d’éviter les conflits ou les sanctions. Cependant, mis au pied du mur, ils savent tous se rebeller et montrer qu’ils ont de la ressource.

Tu aimes écrire sur les vies, les destins bouleversés…

Les personnages heureux ne m’intéressent pas. Ils sont vides et lisses. J’aime les personnages bourrés d’aspérités auxquelles je peux m’accrocher pour donner du corps à mon intrigue, puisque leur évolution personnelle fait partie intégrante de mes récits.

Ces ressources qu’ils découvrent en eux pour affronter le destin que je leur impose les rendent assez forts pour arriver jusqu’à la dernière page, ou pas…

Tu « joues » avec les tueurs en série depuis bientôt 10 ans. Tu sembles pourtant toujours trouver des variantes pour raconter tes histoires. Ça ne devient pas compliqué avec le temps ? 

Sur beaucoup de sujets, tout a été écrit, ou presque. Je pense que ce qui est important, c’est ce que l’imagination, les recherches de l’auteur, sa sensibilité, sa touche personnelle apportent à l’intrigue.

Alors compliqué, non. Comme je l’ai toujours dit, je ne commence à écrire que quand j’ai bâti mon projet d’histoire, mon plan, mes rebondissements et ma fin. Tant que je ne suis pas satisfaite, je ne démarre pas. Je pense que cette exigence bipolaire (lectrice/auteur) me permet de trouver de nouvelles pistes à explorer malgré ce sujet ultra rebattu.

L’intrigue est dure, et tes personnages prennent cher. Dans quel état es-tu à la fin du travail d’écriture ?

Si j’ai survécu à Serre-moi fort et surtout à Inexorable, je peux survivre à l’écriture de n’importe quel livre ! 😉

Plus sérieusement, l’écriture des Cicatrices a demandé un travail minutieux et une mécanique de précision, mais émotionnellement, je suis restée à l’abri, cette fois. (pas à tous les coups quand même !). Au contraire, je me suis même beaucoup amusée à brouiller les pistes et à asséner des claques tout au long de mon récit.

Photo : Sophie Mary (Quais du Polar 2019)



Catégories :Interviews littéraires

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5 réponses

  1. Je l’ai acheté hier 😉 et après cette interview, je suis encore plus impatiente de l’ouvrir !!

  2. Encore un bel échange avec cette lumineuse dame !

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