Interview – 1 livre en 5 questions : Qaanaaq – Mo Malø

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Mo Malø

Titre : Qaanaaq

Date de sortie : 31 mai 2018

Éditeur : La Martinière

Lien vers ma chronique du roman

Loin de moi l’idée de chercher l’auteur qui se cache derrière le pseudonyme de Mo Malo ;-). Par contre, j’aimerais beaucoup savoir ce qui a attiré un écrivain français à placer son intrigue au Groenland…

Je comprends ta question, et néanmoins je ne me sens pas comme un écrivain « français » à proprement parler, c’est-à-dire enchaîné d’un point de vue romanesque à un territoire donné, en l’occurrence celui de mes origines. La curiosité et l’imaginaire n’ont pas vraiment de frontière, me semble-t-il. D’ailleurs, dans les romans que j’ai écrits sous d’autres noms de plume, une majorité se situe hors de France. Parfois même à d’autres époques ou dans d’autres réalités que la nôtre. J’aime avoir cette liberté totale au moment de choisir mes sujets, mes terrains d’exploration.

Quant à savoir pourquoi le Groenland, les raisons sont multiples. La première est que, avant de m’y attaquer moi-même, je méconnaissais largement ce pays. C’est toujours intrigant un pays dont on ne connaît presque rien, si ce n’est quelques a priori passe-partout et forcément réducteurs. Ça pose question : pourquoi suis-je « passé » à côté ? Pourquoi les médias européens en parlent si peu ? Que cela cache-t-il ?

Ensuite, en le découvrant par moi-même, j’ai levé le voile sur une histoire et une culture d’une richesse que je ne soupçonnais pas. Ça aussi, c’est fascinant. En France, on a tendance à penser que les pays où les grands espaces prédominent sont sans culture. Sans richesse. C’est une erreur profonde. Et je voulais montrer qu’à propos une île aussi immense et d’apparence aussi désertique, il y avait pourtant mille choses à raconter. La preuve, Qaanaaq n’est pas vraiment un roman bref !

Qaanaaq est un vrai polar, l’ambiance y est donc primordiale. On sent que tu as porté un soin tout particulier à la développer…

C’est vrai. Je ne voulais pas juste construire un récit efficace. Je voulais que le pays soit un personnage à part entière. Quitte à prendre un peu de temps pour le « camper ». Quitte à détourner de mon roman des lecteurs plus habitués aux thrillers qui vont à cent à l’heure. Je ne dis pas que je ne reviendrai jamais à ce genre de structure narrative. Mais dans le cas présent, surtout pour un premier tome, je trouvais bien de prendre mon temps, et d’immerger lentement les lecteurs dans ce décor si particulier.

Au fil de la lecture, on comprend que ce qui t’a intéressé c’est la manière dont vivent les habitants de ce territoire, entre respect des traditions et modernité (parfois imposée)…

Oui, le grand écart entre ces deux pôles est vraiment saisissant dans ce pays. Même s’il n’est pas seulement source de tensions. Dans certains cas, il se fait presque de manière harmonieuse. L’arrivée d’Internet dans certains petits villages très isolés a vraiment été vécue comme une bénédiction. Et en même temps, c’est cette fenêtre ouverte sur le monde qui incite les jeunes générations à quitter ces mêmes villages, et qui favorise la désertification de ce pays déjà très peu peuplé (le moins densément peuplé au monde, à peine 56 000 habitants pour toute l’île, la deuxième plus vaste de la planète). Ce sont ces paradoxes qui sont intéressants à explorer, et dont je voulais exposer la grande complexité humaine. Idem pour l’exploitation des ressources naturelles du Groenland, actuellement en marche, qui est à la fois la meilleure et la pire nouvelle pour ce pays. D’ici cinquante ans, le Groenland risque d’être une sorte de Qatar sur glace (ou ce qu’il en reste). Est-ce une bonne nouvelle ? Une mauvaise ? Le débat demeure entier…

Pour un écrivain, ça doit être particulièrement intéressant de construire des personnages qui (sur)vivent dans un tel milieu hostile…

Oui, ça les pousse forcément dans leurs retranchements. Ça les rend eux-mêmes assez extrêmes, qu’ils le veuillent ou non. Même Qaanaaq, mon personnage principal, qui a un tempérament plutôt placide et pondéré, va se trouver en situation de faire des choses assez violentes. On a tendance à imaginer que les gens des pays du Grand Nord sont forcément dans la réserve. Mais la vérité, c’est que la lutte pour la survie qui est la leur au quotidien les conduit à faire des choix drastiques, très tranchés, sans réels états d’âme.

Tu n’as pas tout dit, et tu sembles avoir envie de continuer cette aventure du grand froid…

En effet, je me sens à mon aise dans cet élément et avec ces personnages. Alors s’ils veulent bien encore de moi, je retournerai sans doute leur faire un petit coucou un de ces jours !

 



Catégories :Interviews littéraires

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12 réponses

  1. l’une de mes prochaines lectures, merci Yvan !

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour cette belle interview

    Aimé par 1 personne

  3. Merci pour cet interview Yvan !

    Aimé par 1 personne

  4. Belle interview! Alors, au final, comment s’appelle vraiment Mo Malo?

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Rétroliens

  1. Qaanaaq – Mo Malø – EmOtionS – Blog littéraire et musical

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