Interview – 1 livre en 5 questions : Féroce – Danielle Thiéry

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Danielle Thiéry

Titre : Féroce

Éditeur : Flammarion

Date de sortie : 14 mars 2018

Lien vers ma chronique du roman

Comment vous est venue cette idée de Féroce, et cet original terrain de jeu ?

L’idée m’est venue en allant visiter la réserve africaine de Thoiry que j’ai découverte après avoir été présentée à son propriétaire fondateur. J’en avais entendu parler dès sa création qui avait fait polémique dans la région mais n’y étais jamais allée. La réunion, autour d’un château Renaissance, d’animaux en quasi liberté m’a semblé constituer un décor d’exception pour un polar. Qui plus est, j’ai pu effectuer plusieurs séjours au château et entrer dans les coulisses du parc. C’était inespéré car j’ai besoin de comprendre et de m’imprégner de l’ambiance d’un lieu pour bien le mettre en scène. Et tout le monde a joué le jeu avec moi, c’était formidable.

Vous êtes une spécialiste du polar. Celui-ci a parfois un vrai rythme de thriller moderne…

Je suis surtout une spécialiste du monde policier et judiciaire. Mes romans sont donc très inspirés d’un contexte et de personnages qui m’ont accompagnée pendant plus de vingt-cinq ans. Mais sans doute ai-je évolué parce que, retraite aidant, les souvenirs du vécu s’émoussent. En outre, les choses ont bien changé dans les services aujourd’hui, tant par les techniques que par l’évolution des mentalités. Je pense aussi qu’on a tendance à écrire comme on aime lire et j’avoue que j’aime quand ça pulse. Je ne supporte pas de m’ennuyer dans un polar donc je fais en sorte de ne pas endormir le lecteur à mon tour.

Sans trop en dire, le sujet est sensible. On marche sur des œufs en traitant une telle thématique ?

On parle de quelle thématique ? La pédopornographie et ses réseaux tentaculaires ? La thématique des animaux ?

Pour ce qui concerne la première, mon activité comme éducatrice spécialisée et mon passage à la brigade des mineurs m’ont laissé une empreinte profonde à propos des violences, en particulier sexuelles, faites aux plus faibles, les enfants. Le plus souvent d’ailleurs dans le premier cercle de la famille, là où ils devraient être en sécurité. La prolifération des prédateurs via les réseaux sociaux et Internet sont chez moi une véritable obsession.

Pour ce qui est des animaux, je ne fais qu’exposer des sensibilités contradictoires mais ce sont mes personnages qui les expriment, je ne prends pas parti. Enfin, presque pas… C’est un problème complexe en tout cas et, à Thoiry, il n’y a pas d’ambiguïté : les animaux sont heureux et parfaitement bien traités.

Ma cible, on le comprend à me lire, est plutôt l’humain qui lui, dispose d’un cerveau capable de le conduire à tous les extrêmes et, la plupart du temps, à choisir les pires. Même si le thème est connu, éculé selon certains, je ne cesserai de le dénoncer, c’est comme ça.

Dans votre galerie de personnages récurrents, c’est l’une des plus récemment arrivée qui prend de l’importance : Alix de Clavery, la jeune psycho-criminologue…

Alix existe, je l’ai rencontrée… Ma curiosité pour ce qu’elle fait au quotidien auprès de l’OCRVP m’a conduite à la mettre dans la lumière. On me dira que c’est littéraire et que, dans la vraie vie, son rôle est sûrement moins glamour. C’est un peu vrai parce que les enquêteurs auprès desquels elle travaille sont encore réticents vis-à-vis d’elle. Ils ont besoin de certitudes et elle ne peut leur donner que des indications parce que la matière qu’elle traite n’est pas scientifique. Elle tente de sonder l’insondable mais chacun sait que c’est un combat sans fin. Et elle apporte une dimension humaine dans un ensemble d’actes d’enquêtes un peu froids dont on imagine qu’ils pourraient être conduits derrière un écran d’ordinateur. Une enquête sans contact, comme la carte bancaire, en quelque sorte…

Avec votre œil d’ancienne commissaire divisionnaire, les enquêtes actuelles sont-elles réellement en train de changer avec les nouvelles technologies et les nouvelles approches ?

Il est vrai qu’en quelques années, les choses ont bien changé. Un de mes collègues de la Crim me disait récemment qu’il est quasiment impossible aujourd’hui de commettre un homicide sans se faire prendre : téléphonie, ADN, vidéosurveillance, prolifération des portables qui filment et enregistrent… Alors, du coup, le nombre d’affaires ne cesse de chuter, preuve s’il en est que le « pas vu pas pris » est bien un moteur puissant ! Et la peur du gendarme et de la sanction un frein à la commission d’un acte répréhensible. Si l’on excepte, bien sûr, les cas où le meurtrier est soumis à une pulsion ou à un aveuglement qui lui fait oublier d’élémentaires précautions. Je ne parle même pas du crime parfait qui, en dehors du fait qu’il est lui aussi, avant tout, un concept romanesque, n’est même plus envisageable ! Qu’on se le dise !

Tout cela, il va sans dire, ne facilite pas la tâche des auteurs de polar qui rament souvent pour différer la résolution d’un crime sans recourir aux ficelles d’antan : pas de réseau, pas de traces pas d’indices, pas de témoin… Mais c’est la vie, il faut s’adapter ! Pour ma part, je suis sans cesse sur le pont pour me tenir à jour mais je crois bien que c’est ce que je préfère, au fond !



Catégories :Interviews littéraires

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5 réponses

  1. Merci pour ce partage
    Bonne journée

  2. Merci pour le partage ! L’auteure n’a pas l’air aussi féroce que le beau lion sur la couverture… 😉

  3. Belle présentation. J’avais eu la chance de la rencontrer lors d’une dédicace organisée par Babelio. Je l’ai retrouvée telle qu’elle s’était présentée ! Simple, accessible et passionnée !

Rétroliens

  1. Féroce – Danielle Thiéry – EmOtionS – Blog littéraire et musical

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