Bourbon Kid – Anonyme

« – Barman ! Un bourbon ! Celui sur votre étagère, là, derrière.

– Z’êtes nouveau vous, non ? Je vous ai jamais vu par ici, hein ? Et encore moins à boire ce bourbon, là. Z’êtes sûr de ce que vous faites ?

– Posez pas trop de questions, barman. On m’en a beaucoup parlé de ce whisky là !

– C’est toi l’client, mon pote, tu dois savoir ce que tu fais…»

Je plonge mes lèvres dans le breuvage, curieux de goûter ce nectar, ou ce tord boyaux, on va vite savoir.

Wow, ça arrache d’entrée ce truc, pire que le feu de l’Enfer ! Le Bourbon Kid, c’est pas une boisson pour les enfants de cœur ça, ni pour les gonzesses, diraient certains. Ou plutôt si, pour les nanas bien dans leurs cuirs, du genre à te coller sur le comptoir du bar, les fesses à l’air, si tu viens les emmerder de trop près.

Il est étonnant quand même ce breuvage, le premier effet est assez déstabilisant quand on n’y a jamais goûté. On m’a dit que les habitués, qui ont connu le premier millésime sorti en 2010, en sont totalement accro, pire qu’une drogue dure. Faut que je me méfie alors, va savoir si ce n’est pas le genre à te monter au cerveau ou à te transformer en je ne sais quel monstre.

Deuxième gorgée (et troisième dans la foulée, soyons fou)… J’ai le cœur qui palpite et le sang qui bouillonne, clairement je suis en train de me métamorphoser et d’y prendre goût. On est loin d’un grand cru classé, c’est plutôt un alcool puissant et sans fioriture. Mais, dès cette deuxième gorgée, j’ai le sourire aux lèvres, c’est pas souvent qu’un remontant me met, aussi vite, dans un état enjoué. Explosif, ce cocktail ! Hop, cul sec, le verre.

« – Barman ! Un autre !

– Oh là, z’êtes certain de vous, l’ami ? Parce que je vous préviens, après plusieurs doses du Bourbon Kid, on se met très vite à halluciner, y en a qui en vu de drôles de choses avec la cuvée 2017, genre des goules verdâtres, les cavaliers de l’apocalypse et même le Diable ! Faites-zy bien gaffe quand même, hein !

– Vous êtes là pour faire la morale ou pour servir des verres ? J’en veux encore, je sais ce que je fais.

– En même temps, j’vous comprends, hein, z’êtes pas le premier à ne pas vous arrêter au premier godet ! »

Deuxième verre… Je ne sais pas qui fabrique ce bazar (la bouteille est Anonyme), mais il doit mettre des ingrédients pas très catholiques là-dedans ! Je sais pas, j’ai une subite envie de retourner les croix et de cracher sur les tombes (même si je commence à avoir peur qu’une monstruosité en sorte).

Je me mets à regarder partout autour de moi. Je suis du genre assez cartésien, mais ça ne m’étonnerait qu’à moitié de découvrir un vampire pendu dans un coin du plafond…

Tiens, le barman ne s’emmerde pas, il m’a laissé la bouteille à disposition. Pas très raisonnable tout ça, mais bon Dieu c’est bon par où ça passe (mais ça passe par où, au juste ?).

Mes alcooliques… euh acolytes m’avaient pourtant prévenus. « Si t’en bois plus qu’une lampée, tu vas te mettre à déclamer des propos iconoclastes et scatologiques ! ». Je leur ai répondu que c’était n’importe quoi, que je ne suis pas du genre à dire ce genre de conneries. C’est vrai, non ? bordel de d… ! (oups…).

Troisième verre, je pète le feu ! Bon, le barman me semble de plus en plus louche, j’ai comme une envie de mettre ses tripes à l’air et de le pendre avec, genre serial killer (allez savoir pourquoi, il m’a rien fait. Enfin, pour le moment…). C’est paradoxal, en même temps, voilà que je trouve tout le monde sexy dans ce bar (sauf le barman).

On m’avait pourtant mis en garde contre ce Bourbon Kid, et ses nombreux et étranges composants. C’est du genre épicé (et la note du bar va être salée). Les effets sont assez incontrôlables, de quoi perdre la maîtrise de ses organes (les zygomatiques, mais aussi le reste). Je vais vite devenir croyant en la recette du producteur Anonyme, moi, même si je me vois pas ingurgiter ça tous les jours.

Allez, un dernier verre (avant le prochain ?). Vous m’accompagnez ?

Sortie : 21 septembre 2017

Éditeur : Sonatine

Genre : Fantastique

Traduction : Cindy Colin-Kapen 

Ce que j’ai particulièrement aimé :

Le coté délirant

L’aspect iconoclaste

Les personnages

4° de couverture

Quand le tueur en série le plus impitoyable et le plus mystérieux que la terre ait jamais porté devient une cible.

Les Dead Hunters ont une morale très personnelle. C’est la moindre des choses pour une confrérie de tueurs sanguinaires. Ils ont aussi quelques menus défauts, se croire invincibles, par exemple. Un démon va néanmoins vite les détromper. Malin, fort et intelligent comme seuls les démons savent parfois l’être, il va tranquillement les décimer les uns après les autres. À une exception près. Un des membres des Hunters reste en effet introuvable, et non des moindres : le Bourbon Kid.

Notre démon va alors jeter toutes ses forces dans la bataille, depuis les quatre cavaliers de l’Apocalypse jusqu’à une armée de morts vivants, pour retrouver et anéantir définitivement notre tueur bien-aimé.



Catégories :Littérature

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27 réponses

  1. J’ai lu tout les livres en rapport avec le Bourbon kid mais je ne connaissais pas celui la 😮 ! Je crois qu’il va rejoindre ma wish list rapidement !

  2. Ah ah ah !!! Excellente chronique, tellement dans le ton, bien délirante comme il faut. Génial !
    Si je comprends bien, c’était ton premier Bourbon ? Si c’est le cas, est-ce que tu as tout pigé, ou bien y’a-t-il des moments où tu as eu l’impression d’être largué par certaines choses (références à des épisodes précédents, personnages…) ?
    J’ai un peu décroché sur la série, j’en ai manqué deux, et je me demandais si je n’allais pas être un peu paumé en m’y replongeant avec celui-là.
    En tout cas, si je ne connaissais pas déjà les aventures du Bourbon Kid, ta chronique m’aurait donné envie de m’y intéresser 🙂 Good job, my friend !
    (Et attention, y’a une goule verdâtre derrière toi !!!!!)

    • Je me suis éclaté à l’écrire ;-).
      Oui c’est mon premier, j’avais peur d’être décroché. Mais pas du tout.
      Clairement, j’ai dû rater des subtilités, mais l’auteur résume bien les précédents, assez régulièrement.
      Sont connes ces goules 😉

  3. « Sont connes ces goules »… tiens, ça fait une contrepèterie : « sont cool ces gones » 😉

  4. J’adore ton article !! ^^ j’ai lu les trois premiers que j’avais vraiment aimé, j’ai un peu lâché de peur que ça s’essouffle au fil des tomes, j’vais peut-être y revenir 😉

  5. AAaaaaaah, une nouvelle sortie du Bourbon Kid !!!!!! Je fais partie des alcooliques de la cuvée 2010, tu viens donc de me rendre passablement hystérique 😉 Très chouette article au passage !

  6. Qu’elle est drôle cette chronique 🙂
    Addict au premier shot de 2010, ce nouveau cru est juste très réussi 😊

  7. Mais quelle chronique!!!Enthousiasmante et bien enlevée, j’adore!!!!Et je suis en plein dedans (pour moi aussi, premier essai avec la série à part le Psycho Killer que j’avais adoré)
    Je suis trop fan de la couv’, j’espère que j’aurai le même plaisir de lecture! Bravo!!!!!

  8. Pas question que je rate ce bouquin. Je suis fan de la première heure et le resterai jusqu’à la dernière 🙂

  9. Non mais c’est quoi cette chronique de dingue !!!!
    Qui a possédé le corps et l’esprit de mon pote ???
    Excellentissime mon ami, j’adore quand tu pars dans ce genre de trip, ça faisait bien trop longtemps que tu ne l’avais pas fait! 🙂

Rétroliens

  1. Festival Sans Nom 2017 : Concours Bourbon Kid – EmOtionS – Blog littéraire et musical
  2. Festival Sans Nom 2017 : Concours Bourbon Kid – A vos crimes !
  3. Festival Sans Nom 2017 : Concours Bourbon Kid – Collectif polar : chronique de nuit

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