The Junction – Norm Konyu – Chronique littéraire : 1 lecture, 5 émotions

The Junction – Norm Konyu (roman graphique)

En bref

Éditeur : Glénat

Date de sortie : 21 janvier 2026

Genre : bande dessinée fantastique

Emerveillement

Dans un monde qui pousse à la conformité, y compris dans la création, le roman graphique est un immense espace de liberté. Je dois dire que j’y ai trouvé ma nouvelle idole, Norm Konyu. Self-made-man, qui s’occupe des dessins, de leur colorisation et du scénario.

The Junction est très proche visuellement comme dans l’atmosphère, du très remarqué précédent, Downlands. J’avais été littéralement émerveillé par cette lecture, le voilà qui récidive, et qui me fait revivre les mêmes émotions intenses.

On retrouve cette ambiance fantastique, un brin gothique, autour d’un postulat de base étonnant : le retour d’un enfant de onze ans, disparu depuis douze années, mais qui n’a pas pris une ride, toujours dans son état de jeune garçon.

Autour de ce retour, l’auteur a créé un récit très profond, en apportant énormément de soin à l’histoire autant qu’aux graphismes, aux émotions autant qu’à l’impact visuel. À tous les niveaux, cette lecture m’a fait l’effet d’un choc autant que d’un éblouissement.

Inspiration

Norm Konyu vient de l’animation et ça se sent, il a travaillé pour DreamWorks ou encore Nickelodeon.

Sa patte se reconnaît entre mille, son style ne ressemble à personne d’autre. Ses dessins géométriques atypiques, le côté vintage de ses couleurs passées, ses histoires profondes, font de lui un Artiste avec un grand A. De ceux capables de faire passer des émotions de dingue à travers des personnages à la fois anguleux et filiformes et une colorisation sublime.

L’auteur est transcendé par son art, inspiré dans chaque dessin et chaque texte, n’hésitant pas à sortir des cases, au sens propre comme au figuré.

La construction narrative est parfaite, avec ce jeu entre présent et passé, ou plutôt entre deux mondes, s’appuyant sur cette belle idée du carnet de souvenirs, qui ne collent pas avec le réel.

Enthousiame

Cette histoire est une plongée dans l’intimité d’un petit garçon, dans celle de sa faille, de sa communauté. Elle est l’occasion de développer des thèmes forts autour de la perte des proches et de leurs souvenirs.

La manière dont l’auteur a imaginé son univers est absolument envoûtante. Ses dessins cubiques qui pourraient créer de la distance transmettent vite le contraire, une réelle émotion.

J’en ai pris plein les yeux, j’ai été subjugué, touché au plus profond, autant par son inventivité de tous les instants que par ce qui se dégage de ses dessins sublimes.

Je n’ai pas tous les codes de la bande dessinée, je suis encore trop novice dans le domaine, même si j’en lis de plus en plus. Je sais simplement que ses images et ses récits me touchent d’une manière qui me laisse sans voix, me faisant trouver difficilement les mots. C’est peut-être ça quand notre âme est touchée en prise directe.

Sans doute que son approche très personnelle ne parlera pas à tout le monde, en tout cas, pour moi, ça fonctionne du tonnerre.

Tendresse

Oui, j’éprouve une réelle tendresse pour les personnages et les dessins de Norm Konyu, malgré leur aspect très particulier, parce qu’ils dégagent de fortes émotions (le maître mot de cette chronique), que, à travers son histoire douce-amère, singulière, il arrive à faire passer des sentiments vivants.

Les morts y sont aussi présents que les vivants, sans surjouer les effets, en toute sensibilité.

Surprise

À chaque page, à chaque interaction entre personnages, à chaque dessin. C’est imaginatif au possible, mais sans jamais perdre le fil de ce que l’auteur cherche à faire passer. Voilà tout ce que j’attends de la créativité, savoir surprendre tout en gardant son chemin, savoir étonner pour mieux faire passer une large palette d’émotions.

À l’image de la fin qui transpire d’émotion, très étonnante, particulièrement touchante, tellement bien vue.

Note personnelle

Des lectures de cet acabit, décalées, différentes, personnelles et si parlantes, j’en redemande.

Le travail sur le deuil, à travers cette histoire, est très touchant, les dessins et la colorisation, qui les font ressembler à des collages, m’ont tant captivé que ça tient de la magie.

Norm Konyu entre dans mon panthéon des artistes incontournables.

À noter, après l’histoire, quelques pages sur les coulisses de cette création, qui sont passionnantes, autant sur la technique (le dessinateur démarre au crayon avant de passer à l’ordinateur) que sur ses envies.

Résumé éditeur

Lucas Jones réapparaît sur le pas de la porte de son oncle, dans sa ville natale de Medford, après 12 ans d’absence. La joie des retrouvailles laisse rapidement place aux doutes et au mystère. Où était-il passé ? Où est son père, qui a disparu au même moment ? Et surtout, comment est-il possible que Lucas soit toujours le même jeune garçon de 11 ans ? Comme l’enfant reste muet, c’est à l’inspecteur David King et à la psychologue Jean Symonds de tenter de trouver des réponses à partir des rares affaires que Lucas a rapportées – quelques Polaroid, et surtout son journal intime, récit délirant dans lequel il évoque une ville appelée Kirby Junction où des maisons surgissent brusquement de nulle part et où des gens attendent un train qui n’arrive jamais…

Pour aller plus loin

La page de l’auteur sur le site de Glénat


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Catégories :1 lecture, 5 émotions, Littérature

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21 réponses

  1. Merci pour cette découverte Yvan. Je lis régulièrement des BD depuis un an, et j’apprécie souvent mes lectures. Le graphisme de celle-ci est vraiment original, tout comme semble l’être l’histoire.

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      Il faut vraiment tenter ! Moi aussi, ça fait un an que je me mets aux BD. Et en ce moment je les avale à la file

  2. Caroline - Le murmure des âmes livres – Lectrice enthousiaste et éclectique, je lis de tout, partout et sur tout type de support.

    Je note ce graphique. J’aime beaucoup les couleurs, que je trouve apaisantes.

  3. Mais non ? ?? J’avais écrit un très long commentaire avec plein de propositions et tout s’est effacé… 😕
    Bref. Pour l’originalité, je te suggère « Feuilles volantes » d’Alexandre Clerisse. Et sinon tu peux aller voir sur le blog « Delivrer-des-livres.fr » à chaque fin d’année je fais un récap de mes coups de coeur (je lis beaucoup de bd)

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      wow, un immense merci pour tous ces conseils précieux ! j’en cherche sur la BD, et j’irai voir sur le blog 😉

  4. J’ai déjà noté Downlands dont le graphisme et les couleurs m’attiraient beaucoup !
    Dans les graphismes un peu « originaux » en bd, j’aime beaucoup Paulina Spucches (très coloré), « Les illuminés » de Jean Dytar (mise en page particulière où l’on voit deux puis trois personnages en simultané), « Revoir Comanche » (magnifique noir & blanc façon « film noir »), « Le port des marins perdus » de Radice & Turconi (pour la douceur et la finesse du crayon), « Leonard 2 Vinci » de Stéphane Levallois (space opéra magnifique qui intègre certaines oeuvres de De Vinci)

  5. , « La vie d’adulte » de Sophie Adriansen (les illustrations donnent envie d’entrer dans la BD pour se promener en Toscane…), les 2 bd de Joris Mertens (j’attends sa prochaine avec impatience !), l’illustrateur Alexander Utkin,  » Grimoire noir » de Greentea et Bogatch, « Le monde de Pikto » (un ovni…), « Ici » de Richard Mc Guire (histoire d’un lieu à travers les âges). Et j’en cherchais une en particulier « Feuilles volantes » d’Alexandre Clerisse. Désolée pour la longueur du commentaire !

  6. J’ai réussi à faire un copié-collé finalement… Mon commentaire devait être trop long ! 😉😂

  7. Je vois bien l’image, tes yeux écarquillés, comme un enfant devant le sapin le 25 décembre au matin. Ça me fait plaisir de lire un tel enthousiasme. Merci à toi pour le partage 🙏 😘

  8. depuis un moment je ne lis plus de bd (manque de temps plutôt que non envie – et oui le temps pris par internet) ; mais je vais voir si je la trouve à la médiathèque ; le dessin est très fin. Bises

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      c’est bien de retrouver du temps pour les BD, moi j’ai réouvert ce monde depuis plus d’un an et je me régale !

  9. belette2911 – Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

    Je ne suis pas fan du graphisme, mais si tu dis que c’est bourré d’émotions, alors, je veux bien te croire et je vais l’ajouter, des fois qu’il arriverait à la biblio (on peut rêver). 😉

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      essaye, ça vaut le coup 😉

      • belette2911 – Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

        Je vais essayer ! Je n’essaierai pas tout ce que tu proposeras, mais en littérature, j’ose tenter le coup 😉

  10. Je viens de lire Downlands de Norm Konyu. Le dessin est magnifique. Le texte très littéraire. Beaucoup d’âme. Mon mari vient de le lire aussi.
    Merci pour votre conseil. J’emprunterai Junction quand il sera disponible. Bon dimanche

    • Yvan – Strasbourg – Qui suis-je : homme, 57 ans, Strasbourg, France

      voilà qui me fait très plaisir ! Un vrai bonheur de voir ces émotions partagées, merci à tous les deux. Oui Junction est dans la lignée

  11. Collectif Polar : chronique de nuit – Simple bibliothécaire férue de toutes les littératures policières et de l'imaginaire.

    Ah bah mince, tu m’as donné envie là.
    Différente, décalés, ça me parle ! Merci mon ami !!!

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