Stephen King possède un pouvoir quasi magique, celui d’emporter le lecteur à travers une histoire en une page à peine. Pas étonnant qu’il soit donc aussi le maître des histoires courtes, Plus noir que noir en est une nouvelle preuve.
12 nouvelles plus ou moins longues, dont deux qui font plus de 100 pages. Toutes sombres et d’un registre fantastique, mais étonnamment, le King a déjà fait plus noir par le passé (souvenons-nous du sublime Nuit noire, étoiles mortes). On n’atteint pas le niveau de ses meilleurs recueils, mais la qualité est bien là.
Potentiel
Certains pensent que les nouvelles portent des récits qui n’avaient pas le potentiel de devenir un roman. Le King prouve régulièrement le contraire, il suffit de prendre pour exemple Le mauvais rêve de Danny Coughlin qui aurait pu largement faire l’objet d’un livre entier, mais qui se contente de 180 pages (ce qui s’avère, au final, le format idéal).
C’est bien les plus longues qui tirent leur épingle (sanglante) du jeu, comme si les autres servaient d’amuse-bouche sans qu’elles restent toutes en mémoire.
Horreur et émotions
Des histoires qui arrivent superbement à mêler horreur et émotions, parlant du destin, d’une réalité floue, de chance ou de malchance. De mort aussi, de deuil, à l’image de la magnifique novella mettant en scène le père du gamin mort dans Cujo, des décennies plus tard. Loin d’un gadget, cette idée permet de faire passer des émotions puissantes, d’allier de la tendresse et des passages émouvants au possible à une peur viscérale.
Et puis, il est intéressant de constater que l’auteur écrit avec son temps, le Covid est présent, et surtout nombre de ses personnages sont de vieux messieurs, comme lui. Une manière de faire passer ses propres ressentis, sans aucun doute.
La forme
Dans la forme, l’auteur s’amuse, entre coups rapides et lenteur assumée pour développer une ambiance, en jouant aussi sur les temps et les types de narrateurs. Des exercices de style qui ne perdent jamais de vue l’aspect principal : raconter des histoires.
Avec une postface toujours aussi passionnante à lire, sur l’art de l’écriture, et la manière de conter ce genre de récits. Je ne résiste d’ailleurs pas à partager ci-dessous une de ses citations de fin, qui résume tout.
Définition de lecteur
« Ce sont les personnes les plus compatissantes et empathiques qui apprécient le plus les histoires d’horreur. Un paradoxe, certes, mais une réalité. Je pense que ce sont les gens sans imagination, incapables d’apprécier le côté sombre de la fiction qui sont responsables des pires fléaux qui frappent le monde.
Dans mes histoires qui parlent de surnaturel et de paranormal, je me suis particulièrement attaché à montrer le monde tel qu’il est réellement, et à dire la vérité sur l’Amérique que je connais et que j’aime. Certaines vérités sont laides, mais comme le dit le poème : les cicatrices deviennent des grains de beauté quand l’amour est présent ».
Plus noir que noir est un recueil de nouvelles qui permet à Stephen King de montrer à nouveau l’immense palette de son talent unique, à travers ces histoires aux ambiances variées qui entremêlent les émotions et les frissons.
Yvan Fauth
Sortie : 26 février 2025
Éditeur : Albin Michel
Genre : recueil de nouvelles fantastiques
Traduction : Jean Esch
Prix : 24,90 €
4ème de couverture
Un secret, longtemps caché, est à l’origine du talent de deux artistes ; un flash psychique sans précédent bouleverse de manière catastrophique des dizaines d’existences, dont celle de Danny ; un veuf éploré se rend en Floride pour se reposer et reçoit à la place un héritage inattendu, accompagné d’importantes obligations ; un vétéran du Vietnam répond à une offre d’emploi et découvre qu’il existe dans l’univers des coins qu’il ne vaut mieux pas explorer…
Voici quelques-unes des histoires qui vous attendent dans ce formidable recueil de douze nouvelles qui vous plongeront dans les tréfonds les plus sombres de la vie, au sens métaphorique comme au sens propre.
Le talent de King, maître de la nouvelle, demeure sans égal. Chacune de ces histoires recèle son lot de frissons, de joies et de mystères. Chacune dégage un parfum iconique.
Vous aimez le plus noir que noir ? Vous allez être servis.
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Catégories :Littérature

Je ne le lirai pas, parce que je n’aurai pas le temps mais tu donnes envie.
Mais je vais l’acquérir pour mes lecteurs car je sais qu’ils l’attentent ! 😉
Ah, le King est arrivé, je suis contente, je l’ai noté, je le lirai avec plaisir, comme toujours ! Au moins, je sais que ce n’est pas un recueil de nouvelles sans saveur, qu’il nous a pondu ! Ouf.
J’attendrai le format poche cause que ma bibliothèque manque de place. 😝 Merci à toi pour la chronique 🙏 😘.
Je l’aime bien dans cet exercice de la nouvelle. Et ça se picore au gré des envies ou en cas de panne de lecture ! Je ferai sans doute une grande partie en audio pour voir ce que cela donne.
Tu verras que les plus longues sont vraiment chouettes. Curieux de ce que ça peut donner en audio
J’aime de plus en plus les nouvelles, et si je le lis, ça sera en audio.
Celui-là, bien sûr, est déjà sur mes étagères !
C’est superbe cette définition de lecteur que tu nous a partagée…
C’est quoi comme couleur ? ahaha 😁😂🤣