Cap sur Férey et sa pointe Rouge. Après le succès remporté par Sangoma en 2021, le duo Caryl Férey au scénario et Corentin Rouge au dessin récidive avec Islander. Cette fois-ci, ils sont accompagnés de Céline Labriet à la colorisation, et se lancent dans une trilogie dystopique dont L’exil est le premier tome.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est frappant. Après les couleurs chaudes de l’Afrique du Sud avec Sangoma, place aux tons froids des côtes islandaises. Autre ambiance, mais la même volonté de décrire un monde de violence, de dépeindre des personnages qui tentent de survivre.
Tous migrants
Le curseur est cette fois poussé vers l’avant, un futur proche où les dérèglements climatiques ont rendu la planète difficilement habitable.
Les migrants poussent leurs voyages vers les terres les plus au nord, l’Écosse, l’Islande. La première des idées fortes de ce roman graphique est que les réfugiées viennent dorénavant de partout, y compris des pays européens. On oublie toutes les notions de continent, de couleur de peau, tout le monde est logé à la même enseigne.
L’Islande, ses étendues glacées et désertiques, semble devenir la terre promise, faute de mieux. Un pays lui-même déjà divisé par des frontières sécessionnistes, entre ceux qui se claquemurent derrière leurs murs de glace et ceux qui sont encore ouverts au monde. La démocratie battue en brèche.
Sombre glace
Ambiance crépusculaire à travers des dessins d’une neige aveuglante. Pour ouvrir les yeux du lecteur sur la dérive des continents enclenchée par le climat et les conflits qui vont se multiplier.
Le concept est fort, la réalisation l’est tout autant. Ce premier tome met les éléments en place, brique après brique, tout en maintenant un rythme élevé et en proposant des rebondissements remuants et déstabilisants. Les ingrédients dystopiques sont connus, mais développés avec adresse et talent.
Survivre
Les personnages prennent rapidement corps, avec une mention toute particulière pour ce migrant prêt à tout pour survivre, mais qui révèle peu à peu son humanité enfouie. Avec la rédemption en ligne de mire ? L’avenir le dira.
La réalisation graphique est grandiose, l’ambiance est aussi épatante que glaciale. L’intensité qui se dégage des planches ne peut laisser de marbre.
Caryl Férey propose une vision terrible d’un futur possible, sublimée par les dessins de Corentin Rouge. L’exil, le premier épisode de la bande dessinée dystopique Islander, est un formidable lancement d’une trilogie qui s’annonce marquante.
Yvan Fauth
Sortie : 22 janvier 2025
Éditeurs : Glénat
Genre : dystopie
Prix : 25 €
4ème de couverture :
Le continent européen est victime de catastrophes multiples, des réfugiés de tous les pays s’amassent au port du Havre, lieu de transit vers un hypothétique salut. L’Islande est encore épargnée, mais pour combien de temps ? Liam, qui a déjà tout perdu, va tenter sa chance en subtilisant le pass d’une migrante, sans savoir que l’Islande aussi se déchire à leur sujet. Ballotté dans le chaos du monde, Liam découvrira qu’il a pris la place d’une femme impliquée dans un mystérieux projet, « Islander » ; sa rédemption, si Liam et ses nouveaux compagnons parviennent à survivre.
Après Sangoma, le duo explosif formé par Caryl Férey et Corentin Rouge est de retour avec une trilogie sous haute tension. Un récit d’anticipation plus réaliste que jamais, qui nous emporte vers des terres gelées où espoir, conscience politique et drames intimes se côtoient. Les auteurs inversent l’ordre du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui dans un premier tome aussi haletant que prémonitoire.
En savoir plus sur EmOtionS, blog littéraire
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Catégories :Littérature

Le pitch est super intéressant en tout cas ! Les BD permettent aussi cette immersion quasi instantanée dans un univers singulier. Et ça, j’aime ♥️
ça vaut vraiment la peine, vivement la suite !
Cap sur Ferey alors. 😋 Merci à toi pour la chronique 🙏 😘
Je lis peu de BD, dommage ! Par contre j’adore Caryl Ferey… et la couv est splendide et bien sûr le propos m’intéresse au plus haut point ! Bon tous les ingrédients sont là pour que je saute le pas. En tout cas, merci à toi pour la découverte et la chronique puissante ! 🙂
je n’en lis pas beaucoup non plus mais je me laisse tenter de plus en plus par ce genre de roman graphique, et ça vaut le coup !
C’est bien tentant, tout ça, mais je reste réfractaire aux BD…
Un BD de Caryl Ferrey et Corentin Rouge, je suis preneuse, j’avais beaucoup aime la précédente « Sangoma »