Une adolescente qui se prépare à quitter son foyer familial pour intégrer une mystérieuse école, ça vous dit quelque chose ? Eh bien, vous n’y êtes pas du tout. Premee Mohamed prend un tout autre chemin pour raconter La migration annuelle des nuages.
Loin du roman-fleuve, c’est une novella de moins de 200 pages qui raconte l’avant, celui du déchirement du départ. Dans un contexte bien particulier.
Appel
Le monde de demain, post-effondrement, avec une communauté soudée qui s’est construite autour d’une idée simple de survie : chacun à sa place, chacun ses fonctions. Les ressources passées ne sont qu’un souvenir surgissant des livres rescapés, la vie à la dure a retrouvé sa simplicité, en espérant qu’un nouveau cataclysme climatique ne leur tombe sur la figure.
Jusqu’au jour où une convocation universitaire vient chambouler cet équilibre instable. Un appel vers un ailleurs imaginé comme meilleur, que certains voient comme chimérique. Mais le sujet n’est pas cet endroit, mais bien ce que ce départ envisagé implique pour la jeune Reid.
Intimiste
En peu de pages, sans surjouer sur la notion de déclin, l’autrice arrive à poser le décor, créer cet univers, qui dicte ses lois. Là où d’autres écrivains diluent les descriptions, c’est un joli et réussi exercice de style.
L’autre point saillant est le « cad », un parasite, un champignon qui touche une partie de la population, et semble avoir une incidence sur les comportements et les choix.
Ce cadre sert un récit intimiste, où les liens sociaux sont au centre, avec des personnages qui rapidement prennent vie et touchent par leurs réactions. De la belle ouvrage, vraiment.
Transformation
L’écologie est partout dans cet environnement, mais c’est avant tout une manière de raconter la construction d’une identité. Reid est à un âge où on se transforme, à l’image de ce monde qui lui-même s’est totalement métamorphosé. La dure séparation d’avec sa mère et de son ami proche serviront de socle à cette courte mais prenante histoire.
L’écriture est puissante, à la fois très proche des personnages et poétique, à l’image de ce beau titre de livre autour de la métaphore du nuage.
La migration annuelle des nuages est une novella qui touche à l’intime, avec de touchantes relations en son cœur, dans une ambiance post-apocalyptique qui a le bon ton de ne pas tout voir en noir, espoir. La curiosité est grande de relire Premee Mohamed dans d’autres textes.
Yvan Fauth
Sortie : 09 janvier 2025
Éditeur : L’Atalante
Genre : anticipation
Traduction : Marie Surgers
Prix : 12,50 €
4ème de couverture :
« On a toujours le temps de tout recommencer, de partir dans une autre direction, de créer du nouveau. La fin du monde offre une page vierge pour en bâtir un neuf. »
Une communauté unie est toujours plus forte face aux inévitables effondrements que l’avenir dessine. Celle d’Edmonton, ville en ruines au cœur du Canada, oscille au jour le jour entre rudesse et recherche d’un meilleur confort. Un équilibre que l’apparition du cad, un parasite semi-conscient qui influence le comportement de son hôte, teinte de drame.
La vie ne sera plus jamais comme avant, mais le printemps succède toujours à l’hiver : Reid reçoit une lettre d’admission à l’université, une opportunité inestimable de rejoindre les derniers vestiges du monde révolu. Et peut-être d’accéder à un remède contre le parasite qui la ronge.
Sera-t-elle capable de quitter ceux qui l’aiment et qui comptent sur elle ?
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Catégories :Littérature

J’aime énormément le titre et beaucoup la couverture. Et ce que tu en dis, titille ma curiosité 😉
j’adore le titre aussi 😉
La couverture est magnifique, ta chronique également. Merci à toi 🙏 😘
un bel écrin pour un texte intéressant 🙂
Un roman de science-fiction qui a l’air très beau et touchant.
il y a du cœur dans ce texte, oui
Titre accrocheur, très poétique. À découvrir semble-t-il !
Je le note, il pourrait me plaire.
je le pense, oui 🙂
Oh tu m’intéresse là.
Est-ce inclusif ?