Souvent les premiers romans sont les plus vrais, parce que leurs auteurs y insufflent beaucoup d’eux-mêmes. C’est le cas avec Les saules de Mathilde Beaussault.
L’autrice a largement puisé dans son enfance pour construire l’environnement de son histoire, qui nous immerge dans ce milieu rural français des années 80, au plus près du quotidien des personnages.
Rural et social
C’est bien un roman noir, il est question d’un meurtre, avec l’aspect social qui tisse la toile des interactions. Des protagonistes qui vivent de la terre, loin du tumulte des grandes villes. Des taiseux, renfermés, et un contexte larvé où les secrets et les luttes intestines pourrissent les relations de l’intérieur.
Loin du tumulte de nos liaisons sociales actuelles, Mathilde Beaussault décrit ces années-là dans la France de l’intérieur avec authenticité, un voyage dans le passé développé avec une sincérité touchante.
Sensibilité
Tous ses personnages sonnent juste, sans aucun manichéisme, dans tous leurs travers et leurs douleurs. Et puis, il y a Marguerite, une gamine solitaire encore plus taiseuse que ses congénères, qui pourtant aurait des choses à dire sur l’événement qui a endeuillé le village. Une enfant, souffre-douleur, aussi mystérieuse qu’attachante pour le lecteur.
Le ton, le rythme, sont posés, n’attendez pas des révélations délirantes, même si le final fait sens et marque les esprits. La primo-romancière a insufflé vie dans ces pages, pour raconter davantage le contexte que l’affaire. Avec une prose joliment poétique, une plume fine et sensible. Et une construction intelligente, le récit étant entrecoupés des convocations policières, où les langues doivent se délier.
Mathilde Beaussault est une belle nouvelle voix du roman noir social, qui nous invite à nous rassembler sous Les saules pour comprendre ce qu’il se cache derrière les non-dits, avec une sensibilité qui touche. À découvrir.
Yvan Fauth
Sortie grand format : 10 janvier 2024
Éditeur : Seuil
Genre : roman noir social
Prix : 19,90 €
4ème de couverture :
Aussi âpre que bouleversante,
une histoire de liberté et de meurtre,
de silence et d’amitié,
au cœur d’un hameau breton.
Allongée au bord de la rivière, cachée par les saules pleureurs, Marie, dix-sept ans, semble paisible, endormie, ce que démentent les marques sombres sur son cou.
Sa mort brutale ébranle toute la communauté, et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d’esprit. Ses parents, peu enclins à manifester leur affection, travaillent leur terre du matin au soir. Livrée à elle-même, maltraitée à l’école, elle aime se réfugier au bord de la rivière, où elle se sent en sécurité sous les saules.
Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider Marie, la seule qui était gentille avec elle. Mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l’agitation des adultes qui, gendarmes ou habitants, mènent l’enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancœurs tissées de longue date ?
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Catégories :Littérature

Comme je le disais en commentaire à Ge du Collectif Polar, « Les saules » m’a tapée dans l’oeil lorsque je l’ai découvert hier dans la Masse Critique Babelio . C’est le genre de roman noir en milieu rural que j’adore !
alors il faut y aller !
Ça devait être poignant de suivre cette petite Marguerite dans cette quête de vérité, merci Yvan pour cette idée lecture 🙂
merci à toi pour ta curiosité 😉
La couverture est sublime, ta chronique également. Hâte de faire la connaissance de cette petite Marguerite. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘
un personnage à part
À force de l’effeuiller, c’est normal 😂
Netgalley a enfin validé ! Je vais le lire aussi et ta chronique m’y encourage grandement 😉
bon retour dans le passé 😉
Il me tente bien aussi 😉
Lu mais pas encore fait mon retour, je lis le tiens après avoir fait le miens 😉
Je viens de le finir, putain quel claque.
J’ai retrouvée les sensations que j’avais eu en lisant le premier Sandrine Collette… C’est dire mon ami ! 🤩
Sacré compliment !!
Ah mais carrément, elle doit être fan de Sandrine elle aussi c’est pas possible autrement !