Un cœur de réel entouré d’un cocon de fiction, c’est à nouveau la recette de Stanislas Petrosky pour ce troisième épisode des enquêtes authentiques d’Alexandre Lacassagne, accompagné de l’imaginaire personnage d’Ange-Clément. L’affaire Soularue est une plongée dans le passé des investigations, où les prémisses des éléments scientifiques prennent le pas sur la seule intuition.
Précurseur
Lacassagne était un précurseur visionnaire en matière d’anthropologie criminelle, et a révolutionné la manière de procéder. Ce roman brode autour d’une affaire bien réelle s’étant déroulée en 1888. Une autre époque que l’auteur nous fait revivre avec soin et précision tout en saupoudrant le propos des péripéties fictionnelles vécues par Ange-Clément, un ancien Apache reconverti en assistant du professeur.
Le résultat, comme les précédents, est un assemblage qui fonctionne toujours bien, avec la part d’inventé qui prend du volume par rapport aux autres romans, à l’image du passé qui tente de rattraper l’ancien Apache.
Vérité
Le roman se lit individuellement, chaque affaire étant unique, chaque résolution permettant de mettre en avant les méthodes de Lacassagne, artisanale et atypiques pour l’époque. Celle-ci n’a rien d’extraordinaire en soi, on est dans l’avéré et non le fantasmé, ce qui permet de bien dessiner une époque et la manière dont elle fut un point de bascule pour découvrir la vérité.
Le roman est court, accompagné à nouveau d’un essai du docteur Amos Frappa, spécialiste du professeur. Avec la vie d’Ange-Clément qui s’étoffe et prend de plus en plus d’importance, rendant la lecture ludique et rythmée.
Peinture du passé
Mais c’est bien la peinture de ce passé révolu qui est passionnante, l’écrivain se basant sur nombre de petits détails qui font que tout sonne vrai et particulièrement instructif. Le texte est précieux à ce sujet.
Avec L’affaire Soularue, la technique fonctionne toujours, un vrai voyage en arrière éclairant l’époque tout en divertissant autour de personnages très bien caractérisés. Stanislas Petrosky tient un concept suffisamment inédit et joliment travaillé pour rendre la lecture prenante, une nouvelle fois.
Yvan Fauth
Sortie : 13 septembre 2024
Éditeur : Afitt
Genre : Histoire historique vraie et fictionnelle
Prix : 20 €
4ème de couverture
Novembre 1888, un couple se rend à l’hôtel des terrasses à Fontaine sur Saône pour un dîner dans un salon privé. Quelques heures plus tard des coups de feu résonnent dans l’établissement. Le propriétaire force la porte et découvre les jeunes gens. La jeune femme, sans connaissance, git à terre, l’homme est assis sur une chaise, il a une plaie sanguinolente à la tempe.
Gabriel sera sauvé, Berthe décède de la suite de ses blessures. Au premier abord, cela ressemble à un suicide passionnel.
Mais quelques jours plus tard, une fois la victime inhumée, de nouveaux éléments laisse penser que cela pourrait être un homicide.
Alexandre Lacassagne et Ange-Clément vont devoir démêler le vrai du faux dans ce terrible fait divers du XIXe siècle.
Le professeur Alexandre Lacassagne est l’un des fondateurs de la médecine légale moderne, précurseur de la police scientifique. De manière romancée, Stanislas Petrosky raconte ses plus grandes affaires et l’évolution de la médecine judiciaire à l’orée d’un siècle qui fera sien la maxime favorite du professeur Lacassagne : « La justice flétrit, la prison corrompt et la société a les criminels qu’elle mérite ! »
Lien vers la chronique de L’affaire Echallier
Lien vers la chronique L’affaire de l’île Barbe
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Catégories :Littérature

J’ai loupé cette sortie 😱
Intéressant. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘
Je n’ai encore lu que le premier tome, mais j’avais aimé les personnages et l’enquête. Je lirai le 2 avant de me jeter sur le 3 😉