2024 – 5 romans inclassables à ne pas rater ! Voici des histoires mémorables, à travers des romans inclassables, tous publiés lors du premier semestre 2024. Des romans qui gomment les frontières des genres, s’affranchissent des règles et ne se laissent pas enfermer dans des cases.
Cinq livres à la personnalité marquée, qui sortent du lot tout en restant accessibles à tous. De la littérature audacieuse, intelligente et captivante pour un plaisir de lecture décuplé !
Bonnes découvertes, bonnes lectures !
Sophie Loubière – Obsolète (Belfond)
Vous vous dites d’emblée : ces histoires ont été racontées déjà maintes et maintes fois, à décrire un monde post-apocalyptique. Détrompez-vous. Non seulement l’autrice n’est pas tombée dans la facilité, mais elle a pensé et construit son univers dystopique sans jamais tomber dans les excès et la caricature, sans surjouer le catastrophisme à tout-va.
C’est un récit engagé pour les femmes, mais pas d’un féminisme à deux balles, d’ailleurs les personnages masculins y ont aussi une place de choix. C’est une vision lucide, mais pas un pamphlet écolo déconnecté des humains.
Quelle richesse, quel travail, quelle merveille de texte ! Mon enthousiasme pour cette lecture est une bénédiction, tant j’ai été emporté et subjugué par le talent, l’inventivité de ce roman. Touché par la finesse et l’intelligence, transporté par les émotions. Obsolète est un bijou d’une belle profondeur, écrit et raconté avec une subtilité rare, pour bien tenir compte de la fragilité du quotidien.
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4ème de couverture
La femme, un produit sans grand avenir ?
2224. Depuis le Grand Effondrement de la civilisation fossile et les crises qui ont suivi, l’humanité s’est adaptée. Économiser les ressources, se protéger du soleil, modifier son habitat, ses besoins, et adhérer au tout-recyclage. Y compris celui des femmes.
Afin d’enrayer le déclin de la population, toute femme de cinquante ans est retirée de son foyer pour laisser la place à une autre, plus jeune et encore fertile.
L’heure a sonné pour Rachel. Solide et sereine, elle est prête. Mais qu’en est-il de son mari et de ses enfants ? Car personne n’est jamais revenu du Grand Recyclage. Et Rachel sent bien que le Domaine des Hautes-Plaines n’est pas ce lieu de rêve que promet la Gouvernance territoriale aux futures Retirées…
Tiffany McDaniel – Du côté sauvage (Gallmeister)
Elle fait chanter les mots et les âmes, déchire les corps et les cœurs, fait parler les rivières ou les morts. Tiffany McDaniel nous emmène Du côté sauvage qui est celui de beaucoup de femmes.
Autant Betty pouvait être un roman dur mais souvent lumineux, autant la part très sombre de ce nouveau roman m’a mis à genoux. Comme l’impression de ressortir de ce livre avec des bleus, secoué, malmené. Une histoire terrible, des scènes éprouvantes, mais toujours cette poésie de l’écriture qui illumine les pages ; un grand écart.
C’est un voyage, celui de l’espoir perdu, où on enterre ses rêves à pleine pelletée. Emporté par la vague lyrique, touchante et inventive d’une écriture à nulle autre pareille. C’est noir, noir, noir, mais c’est beau, à la fois intensément tendre et profondément triste, toute la mélancolie d’une poésie en prose qui fait vibrer les cordes sensibles sans tricher. Et qui touche l’âme.
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4ème de couverture
Arc et Daffy sont jumelles, nées à une minute d’intervalle. Unies par leurs indomptables chevelures rousses, les récits de leur grand-mère et une imagination fertile, les deux sœurs sont inséparables. Ensemble, elles fuient un quotidien sordide en plongeant dans un monde imaginaire. Pourtant, irrémédiablement engluées dans les ténèbres familiales, elles ne peuvent échapper aux fantômes qui les hantent. Devenue adulte, Arc lutte toujours avec ses souvenirs lorsqu’on découvre le corps d’une femme noyée dans la rivière. Bientôt, les cadavres s’accumulent. Alors que ses amies disparaissent autour d’elle, Arc se rend peu à peu à l’évidence : tenir la promesse qu’elle a faite à Daffy de les protéger des puissants remous du « côté sauvage » de l’existence s’avère impossible.
Le nouveau chef-d’œuvre élégiaque de Tiffany McDaniel est une ode à toutes celles qui ont disparu ou perdu un être cher, qui transcende par une plume virtuose et lumineuse.
Jordan Tannahill – Infrason (Seuil)
C’est l’histoire d’une chute, d’une manipulation et d’un emballement, vécus de l’intérieur. Un seul point de vue, donc sujet à caution, mais le personnage principal fait tout pour qu’on la croie sur parole.
Ce roman, sous forme de témoignage, n’est pas le récit de cet Infrason. Ce groupe de personnes va chercher la cause, une personne en particulier va en proposer une hypothèse « scientifique », mais c’est bien de la vie brisée de Claire dont il s’agit. Et en toile de fond des sujets puissants : la manipulation de masse, mais aussi l’enfièvrement des médias et des autorités. Chaque camp perçoit l’autre comme déviant.
A cause inconnue, pensée corrompue. L’occasion pour l’écrivain de décrire une accumulation de circonstances qui vont faire dérailler la situation et les personnes. En développant de nombreux concepts, de la théorie du complot à l’enfermement sectaire, en passant par les débordements médiatiques. Un grain de sable, un simple son, peut gripper l’ensemble du système.
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4ème de couverture
Claire Devon est réveillée une nuit par un bruit étrange, sourd et continu. Ni son mari ni sa fille ne l’entendent et plus les jours passent, plus Claire éprouve des symptômes désagréables : saignements de nez, migraines, insomnies. Après avoir consulté tous les médecins possibles, elle trouve enfin une oreille attentive en la personne de Kyle, l’un de ses étudiants qui, lui aussi, entend ce son. C’est le début d’une spirale infernale pour Claire et tout son entourage.
S’inspirant d’un fait réel, Jordan Tannahill explore les mécanismes de la pensée sectaire et de la culture du complot. Dans ce récit vibrant, grinçant et décalé, il décrit un monde de plus en plus individualiste où chacun est en quête de sens – au point, parfois, d’en perdre la raison.
Sequoia Nagamatsu – Plus haut dans les ténèbres (Seuil)
Ce texte est une effervescence, une pure exaltation de lecture, un bouillonnement d’idées et d’émotions, sombres ou lumineuses.
Ce roman atypique est l’histoire de ce qu’il advient ensuite, en s’éloignant sensiblement par la forme et par le fond de la plupart des histoires du genre. Le monde tel que nous le connaissons se dérègle, la maladie et la mort prennent une tout autre place dans le quotidien, mais le récit de l’auteur a une autre ambition que de seulement détailler ce chamboulement.
La forme frappe rapidement, tel un recueil de nouvelles qui donne la parole à différentes voix, mais reliées plus ou moins directement en elles. Un récit choral, comme autant d’instantanés de vie. Avec toujours les émotions en ligne de mire, toujours les ressentis mis en avant. C’est souvent déchirant, mais pas uniquement plombant, les mots servent de porte diaphane pour laisser entrevoir la lumière.
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4ème de couverture
2030. Cliff se rend en Sibérie pour poursuivre le travail de sa fille récemment disparue. Dans le cratère de Batagaika, les archéologues étudient la fonte du permafrost et les restes parfaitement conservés d’une enfant, porteurs d’un virus inconnu…
Une épidémie va bouleverser la vie sur Terre et obliger les générations suivantes à s’adapter à ce fléau mortel. De nombreux destins vont se croiser à travers le temps et l’espace : dans un parc d’attractions conçu pour les enfants gravement malades, Skip, un employé désabusé, tombe amoureux d’une mère désespérée ; David, un biologiste, trouve une seconde chance de devenir père lorsqu’un de ses sujets de test, un cochon, développe un langage ; Miki, une artiste, et Yumi, sa petite-fille, se lancent à la conquête d’une nouvelle planète habitable…
À travers toutes ces vies liées intimement les unes aux autres, Sequoia Nagamatsu nous conte une histoire sur la résilience de l’âme humaine, sur notre capacité infinie à rêver et sur les liens qui nous unissent sur Terre et ailleurs.
Jaroslav Kalfar – Les Aléas de l’immortalité (Calmann-Lévy)
Pour qu’un tel livre fonctionne, il faut une vision, des personnages qui ont une histoire, mais aussi des sujets forts à traiter. Et du talent. Ça tombe bien, l’auteur d’origine tchèque en a à revendre.
Voilà ce que je recherche dans un livre, une approche originale qui ne se laisse pas enfermer dans une case. Le roman est à la fois une fiction spéculative, terre-à-terre tout en flirtant avec le fantastique, un récit historique, une satire politique et un vrai suspense. Un tout-en-un qui a l’intelligence de ne pas s’éparpiller et qui offre beaucoup de matière à réflexions.
Avec un style incisif et parfois sarcastique, souvent débordant d’émotions, ce récit est aussi prenant que portant à la réflexion. Le pire n’est pas toujours certain, mais il est fortement possible, et le vrai sens de la vie mérite qu’on se questionne.
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4ème de couverture
Adéla, atteinte d’une maladie incurable, quitte sa République tchèque natale pour renouer avec sa fille, Tereza, adoptée par un couple d’Américains à sa naissance. Arrivée à New York, Adéla découvre une ville et une société transformées. Depuis
des élections catastrophiques en 2024, le pays vit sous le régime totalitaire du « Gouvernement de la Réappropriation », les frontières sont pratiquement fermées et la surveillance est omniprésente.
Tereza, une chercheuse qui travaille d’arrache-pied dans une entreprise pour rendre la vieillesse et la mort obsolètes, se réjouit de tisser des liens avec sa mère. Mais avant que Tereza puisse la soigner, Adéla disparaît dans des circonstances mystérieuses. Pour Tereza, cette perte est insupportable : elle
se lance donc dans une quête acharnée pour la retrouver et découvrir la vérité.
À la fois percutant, fantastique et décalé, Les Aléas de l’immortalité offre une vision dystopique d’un avenir très – même trop – plausible.
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Catégories :Littérature

Je sais ce qu’il me reste à faire 😂
2 lus sur 5 ! D’ailleurs j’ai finalement parlé du McDaniel dans le podcast BePolar 😉
Ah oui, tu as du taf 😉.
Ça me fait plaisir de savoir que tu continues à défendre le McDaniel partout où tu peux !
Et moi un sur cinq, mais vu comment Aude a présenté le McDaniel, forcément, il arrivera dans ma PAL 🤷🏻♀️
Il faut toujours écouter Aude ! 😉
Ah, il m’est arrivé de ne pas être d’accord avec vous 🙈 (la dernière maison avant les bois… 🤔 les monstres 🤐) mais j’ai appris à repérer les signes qui iront vers mes goûts ou pas 😉
oui bien sûr, c’est selon la sensibilité et les goûts de chacun, mais c’est déjà formidable de voir ton ouverture à des livres que tu n’aurais pas lu autrement. Merci 😉
Effectivement et, l’âge faisant, c’est même un point qui s’améliore nettement 😉
Merci pour la petite piqûre de rappel. 🙏 😘.
Merci pour ces belles propositions. 1 lu sur 5 et 1 tenté mais pas continué pour l’instant (le Tiffany McDaniel, fouilli au début, du coup je l’ai lâché car pas la patience à ce moment là, j’espère le reprendre car j’ai adoré ses deux premiers !)… je note 😉