1 livre et 5 questions pour permettre à son auteur de présenter son œuvre
5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger
Interview DAVID COULON
Titre du roman : Kintsugi
Sortie : 27 octobre 2023
Editeur : Afitt
Lien vers ma chronique du roman
Tu utilises cet art ancestral japonais pour l’imaginer s’adapter (ou pas) à la résilience suite à une perte…
Oui, tout à fait. Le Kintsugi, c’est l’art de réparer des objets cassés et recouvrir les morceaux brisés, les cicatrices, de poussière d’or, de positivité, de bonheur, seul moyen d’avancer et d’aller mieux. C’est une métaphore de la résilience qui est souvent utilisée en psychologie. Je n’ai rien inventé, si ce n’est cette histoire singulière de femme meurtrie suite à un double deuil, qui doit recoller ses propres morceaux. Et qui n’y arrive pas. Elle reste morcelée, brisée, et quand on est en mille morceaux, on ne fait rien de bon. On fait ce qu’on peut.
Ta manière de raconter est au plus près de l’esprit de cette mère et femme, qui plonge dans les méandres de la folie…
Oui, je me suis mis à sa place. Je n’ai pas recollé les morceaux. J’ai essayé de voir où son esprit allait s’aventurer, puis se perdre. J’aime beaucoup Marie, malgré ce qu’elle fait. Je crois que les lectrices et lecteurs vont beaucoup l’aimer, aussi. Malgré ce qu’elle fait. Car elle est profondément humaine, y compris dans la violence. J’aime bien écrire comme ça : au plus près d’un personnage, lui rester fidèle, y compris dans ses dysfonctionnements.
Ton écriture est très personnelle, au scalpel, à coups de phrases courtes ou de répétitions, comme des coups de poing…
C’est sans doute parce que j’ai un point de vue narratif qui « colle » toujours à un personnage. Je tente de plonger et de faire plonger les lecteurs dans son cerveau et je ne le lâche pas. On est rarement fluide quand on pense, et mes personnages vivent souvent des moments compliqués. Ils sont, de fait, encore plus déstructurés que la normale. Mon écriture suit leurs mouvements mentaux.
» Je mets en place une ambiance. Toujours. C’est ma base, mon point de départ «
Tes romans sont tous différents en termes d’approche ou d’ambiance. Quelle était ta volonté pour celui-ci par rapport à ton précédent, par exemple ?
Oui, tu as tout à fait raison. Mes romans sont très différents et en même temps, suivent toujours le même processus, en tout cas au niveau de mon écriture.
Comme tu le dis fort justement, je mets en place une ambiance. Toujours. C’est ma base, mon point de départ. Et l’ambiance n’est jamais ad hoc car le monde n’existe pas en tant que tel. Le monde existe à travers les yeux de celui ou celle qui l’observe, qui y vit, qui vit des choses. L’ambiance mise en place dépend, doit dépendre, toujours, du personnage principal. C’est comme ça que j’écris. Et c’est pour ça que mes romans, souvent, ne se ressemblent pas, mais qu’on y retrouve la même singularité, le même point commun (en tout cas, je l’espère) : l’impression de plonger dans le cerveau du personnage principal. Je ne cherche pas à écrire ou évoquer des faits, des actions, mais un personnage qui vit des faits ou actions, qui les ressent.
Dans Sentinelle, mon précédent roman, le monde était vu à travers les yeux d’un individu psychotique et violent (tous les psychotiques ne sont pas violents, loin de là, mais celui-là, oui !), et qui a un univers fantasmatique débordant, tordu et totalement irréaliste. Dans Kintsugi, nous suivons Marie, vient de subir un double deuil. L’écriture, dans le fond et la forme stylistique, ne peut pas être la même. Dans mon prochain roman, à paraître en février, nous suivrons une femme qui doit impérativement survivre, survivre et encore survivre, dans une espèce de chasse à la femme qui la dépasse complètement et qu’elle ne comprend pas. Là encore, l’écriture sera, de fait, différente.
Peux-tu nous dire quelques mots sur le magnifique habillage de ton roman ?
La couverture, ainsi que les illustrations internes, sont l’œuvre de Florent Maudoux, un auteur de BD. Je les trouve en effet sublimes. Il a lu le roman, et a voulu axer ses dessins autour du personnage de Lila, la petite fille. Il a eu carte blanche de ma part, tout comme de la part de l’éditeur, Afitt Editions, qui fait un travail remarquable et original d’attelage entre un auteur de roman et un illustrateur issu de la BD.
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Catégories :Interviews littéraires

Je trouve ce sujet passionnant, cet art est fascinant.
Je vais essayer de le lire bientôt.
Tu sais à quoi t’attendre avec lui, quoi que 😉
Ça va, ça va, c’est noté ! 🙈
Je vous lirai messieurs après avoir lu ce roman ! 😉