Jungle pourpre – Julie Ewa

Chacune de ses fictions est une part de la réalité de Julie Ewa. Jungle pourpre est sans l’ombre d’un doute son roman le plus personnel. Et les enfants y ont toujours une place prépondérante.

A hauteur d’enfant

L’autrice nous emmène cette fois-ci en Indonésie, du côté de l’île de Sumatra, à côtoyer les gamins des rues qui sont dans l’obligation de faire appel à la débrouille pour juste survivre. Regardant avec méfiance les rares personnes qui veulent les aider, devant se protéger des fléaux qui les menacent.

C’est à travers les yeux et les expériences d’une fillette de onze ans que l’action se déroule. Dea croit avoir trouvé une seconde famille avec un groupe d’enfants. Mais le mal rode, au point que certains tombent gravement malades.

On qualifie parfois les romans de Julie Ewa d’ethno-polars. Même si je n’aime pas ranger les livres dans des cases, celle-ci lui convient assez bien. Au-delà d’une seule intrigue policière, ses romans nous font découvrir un pays, des coutumes, une communauté.

Fiction et réalité

C’est une véritable plongée dans les rues de Kotanak, ville fictive, à laquelle nous invite l’écrivaine. Qui se rapprochent d’endroits qu’elle connaît bien, du bidonville à la bibliothèque du quartier. Il n’est effectivement pas étonnant que tout sonne si juste, si vrai, puisqu’elle y a vécu plus d’une année, aux côtés de ces gamins, vivant dans un bidonville similaire, à les aider avec son association Kolibri.

C’est bien toute la singularité de ce roman qui en fait bien d’avantage qu’une simple curiosité. Outre l’histoire racontée, et l’attachement fort qu’on ressent envers les personnages, les gamins en tête, c’est un véritable enrichissement personnel.

L’auteure raconte le pays, les conditions de vie, sans manichéisme. Des filles tout particulièrement. Un trésor d’émotions qui permet de mieux comprendre la vie de ces îles de l’autre bout du monde.

Voyage

Mais il y a aussi une enquête, qui permet d’apporter un autre rythme à l’ensemble, même si elle n’est pas le point de vue essentiel. La part de fiction est bien là aussi, c’est une vraie intrigue, même si ce sont les destins des jeunes qui priment.

Raconté en partie à hauteur d’enfant, cet ethno-polar montre parfaitement combien Julie Ewa est une voix à part dans le milieu du roman noir français. Jungle pourpre est un voyage plein de sensibilité au plus près de personnages qui marquent les esprits.

Lien vers le site de l’association Kolibri

Yvan Fauth

Date de sortie : 27 avril 2022

Éditeur : Albin Michel

Genre : Ethno-polar

Lien vers mon interview de Julie Ewa au sujet de Jungle pourpre

4ème de couverture

Une gamine livrée comme tant d’autres aux rues de Sumatra.

Un ancien membre d’un réseau de trafiquants de drogue reconverti dans la protection de l’enfance.

Une enquête de police qui vire à la traque mortelle dans un pays où l’innocence est la plus chère des monnaies.

Pourpre est la couleur du sang, et son odeur, puissante, hante ce roman noir.



Catégories :Littérature

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5 réponses

  1. Une auteure que je suis depuis « Les petites filles « , et dont je compte bien lire cette nouvelle production. Oui effectivement, ethno-polar est une bonne définition de son style littéraire je trouve.

  2. Jolie chronique. Pas sûr d’avoir le temps de me laisser tenter cette fois, mais je note décidément Julie Ewa comme autrice à lire.

  3. Le lieu me fait penser à Animal de Sandrine Collette. Merci encore Yvan pour cette jolie chronique 🙏😘

  4. Il serait temps que je la découvre !

Rétroliens

  1. Interview – 1 livre en 5 questions : Jungle pourpre - Julie Ewa - EmOtionS - Blog littéraire

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