Interview – 1 livre en 5 questions : Usual victims – Gilles Vincent

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

GILLES VINCENT

Titre : Usual victims

Sortie : 10 février 2022

Editeur : Au Diable Vauvert

Lien vers ma chronique du roman

Avec toi, le thriller n’est jamais gratuit et souvent socialement engagé. Cette fois-ci, autour des grandes enseignes de commerce en ligne…

Contrairement à la plupart de mes précédents polars, je ne m’empare pas ici d’un sujet de société, ou d’un univers social pour le dénoncer, mais j’en fais la « géographie » de mon roman. Le décor, la scène de crime, le théâtre. Je plonge le lecteur au cœur de Titania, multinationale américaine du commerce en ligne, lui fait découvrir le sort des ouvrières, le rythme infernal, la direction « hors-sol », la solidarité, aussi, les liens d’humanité qui s’y tissent. Sans prendre parti, fais vivre et se débattre des personnages et laisse les lecteurs (trices) seuls (es) juges.

C’est une histoire particulièrement noire, tu tires tout autant à boulets rouges sur les travers de la société que sur tes personnages…

Dès que j’ai commencé à réfléchir à l’histoire que j’allais raconter, aux personnages que j’allais mettre en place, aux événements que j’allais leur faire vivre, j’ai eu une envie folle de décliner les trois genres de la littérature dite policière : le polar, par l’intrigue, l’enquête et ses retournements de situation, le roman noir par l’immersion au cœur d’une entreprise ténébreuse, enfin le thriller en installant, dès les premières pages, une tension qui ne nous quitte plus.

Tu es un auteur qui ose, qui n’a pas peur d’aller loin avec tes personnages, au prix de sacrifices…

Sacrifices ? Disons que je pousse mes personnages dans leurs derniers retranchements, jusqu’à l’ultime seconde de vie.

Peut-être qu’au fond, la mort est mon unique sujet.

Le polar n’est-il pas une manière de la décliner sous tous ses aspects possibles (enlèvements, séquestrations, meurtres, assassinats, suicides…) ?

Il faut dire aussi que mes personnages (sans doute parce qu’ils me ressemblent) sont habités d’une dimension affective, sentimentale qui nous bouleverse autant que leur fin programmée.

Tu aimes vraiment jouer au chat et à la souris avec le lecteur, avec des retournements de situations vraiment imprévisibles…

Construire un polar est aussi un jeu. Le mise en place d’une suite de pièges que l’on tend.

Au fil de l’écriture, je me laisse surprendre par les personnages, les laisse m’amener là où je n’avais pas songé. Là où le lecteur devra sérieusement reprendre son souffle.

Je trouve aussi que chacun de tes livres à son propre ton, avec ton écriture qui évolue aussi selon l’histoire…

Á ce sujet, mon ressenti est plus mitigé que le tien..

Au fil des ans et des romans, j’ai la certitude de maîtriser ma propre partition. Une musique des mots qui m’est personnelle et qui me rassure. Qui façonne aussi ma voix.

En revanche, le ton peut être différent d’un roman à l’autre. Un peu comme si je changeais d’octave en fonction de la tragédie à interpréter.

Mais ce qui me semble le plus important, c’est de réussir à partager avec le plus grand nombre mes émotions, mes peurs en tout genre.

Devenir, au fil des livres, un véritable écrivain populaire. Sans céder à la facilité, emmener avec moi le plus large éventail de lecteurs possibles. Et quand j’y parviens, je suis, comme le chante si bien William Sheller, Un homme heureux...



Catégories :Interviews littéraires

Tags:, , , , ,

3 réponses

  1. Sympa cet échange. Merci à vous deux. 🙏😘

  2. Toujours intéressantes tes interviews.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :