13 livres à lire avant la fin du monde – Spécial confinement 2020

En cette période de confinement et d’incertitudes, le titre de ce billet se veut un peu provocateur et à prendre comme un brin d’humour noir…

J’ai eu surtout l’envie de reparler de 13 de mes lectures inoubliables. Puisse ce chiffre porter bonheur pour la suite.

Peut-être avez-vous ces livres dans votre bibliothèque en attente de lecture ? Dans ce cas, j’espère vous donner envie de les en sortir. Sinon, il reste les options de la lecture en version numérique, ou alors d’attendre la sortie de crise pour vous précipiter chez votre libraire !

Volontairement, je me suis limité à un seul livre par auteur (sinon ce billet risquait d’être squatté par plusieurs romans de Stephen King).

Il n’y a pas d’ordre dans cette liste (sauf les deux premiers qui sont mes deux livres de chevet). Les livres sont accompagnés de quelques mots pour y décrire mes émotions de lecture.

STEPHEN KING – 22/11/63

Chaque lecteur passionné est secrètement lancé sur les traces du roman parfait. J’ai attendu 2013 pour trouver celui qui représente la quintessence de tout ce que j’ai pu trouver dans mes autres lectures, et le résumé parfait de tout ce qui me touche.

Je pense l’avoir lu à la bonne période de ma vie, avec la « bouteille » et le recul que j’avais sur l’existence à 45 ans.

Je n’aurais maintenant qu’un seul souhait : pouvoir revenir dans le passé, atteint d’un légère amnésie, et pouvoir me replonger dans ce roman, comme neuf.

KEN GRIMWOOD -Replay

Le seul livre que j’ai lu plus de trois fois (six ou sept fois, je crois). Le seul que je suis certain de relire encore et encore. Si 22/11/63 est pour moi le livre parfait, Replay est alors le livre ultime et une expérience bien plus intense qu’une simple lecture.

Oui, Replay n’est pas un livre. C’est une expérience émotionnelle et humaine. Ken Grimwood n’est pas un simple auteur, c’est un magicien qui, à travers son seul roman publié en français, a créé une alchimie inédite et toujours inégalée depuis sa sortie.

Ce roman m’a accompagné tout au long de mon existence (première lecture en 1988, j’avais vingt ans) et je l’ai lu à chaque fois avec un œil différent, (mais toujours avec la même émotion).

C’est assez étonnant, amusant, et questionnant de constater que les deux premiers titres de ma liste sont basés sur une thématique similaire…

EMMA DONOGHUE – Room

Jamais je n’ai ressenti une telle empathie pour un personnage. Étonnant quand on pense qu’il a tout juste cinq ans ! Jamais je n’ai autant été ému par une écriture. Parce que c’est lui qui parle dans cette histoire.

Depuis 2011, le petit Jack vit à mes cotés, toujours présent. Il est vivant, ce n’est plus un personnage de fiction.

Bouleversant et lumineux !

Ne venez plus vous plaindre du confinement après avoir lu l’histoire de Jack 😉

MAUD MAYERAS – Reflex

Pour moi, Maud Mayeras a écrit le roman noir ultime. Celui qui concentre tout ce qui définit le genre et surtout tout ce qui le transcende.

Ce livre vibre entre vos mains (ou alors sont-ce vos mains qui tremblent ?), doué d’une vie propre. Votre cœur pulse de plus en plus vite à longueur de pages (ou est-ce le livre qui s’anime de lui même ?), jusqu’au long final qui vous laissera exsangue. 

Je ne me souviens pas avoir lu un roman aussi lentement, cherchant mon souffle à chaque réplique, m’extasiant devant la forme et le fond, dégustant la prose de cette auteure incroyable.

Une véritable expérience sensorielle, une lecture organique entre ténèbres et lumière, du genre de celle qui vous marque au fer rouge pour très longtemps.

ROBERT-CHARLES WILSON – Julian

R.C. Wilson est un conteur, un conteur des temps modernes, un conteur du futur.

R.C. Wilson est un artisan. Il cisèle sa prose pour en faire une œuvre à la fois totalement accessible et d’une rare beauté.

R.C. Wilson est un magicien. Il sait donner corps à une histoire qui nous happe comme si c’était la notre.

R.C. Wilson est un humaniste. Il nous touche profondément par sa sensibilité, sans jamais tomber dans le coté « donneur de leçon ».

GLEN DAVID GOLD – Carter contre le diable

Approchez vous Mesdames et Messieurs et installez-vous confortablement. Le rideau va bientôt s’ouvrir sur le spectacle de Carter le Grand, le magicien !

Quand un éditeur décide de rééditer un roman parce qu’il n’a pas trouvé le succès qu’il mérite auprès du public francophone, c’est qu’il doit avoir quelque chose de spécial. Après avoir lu ce livre lors de sa réédition en 2014, je sais maintenant à quel point l’éditeur Super 8 a fait œuvre d’utilité publique.

Ce roman prouve qu’on peut proposer un pur divertissement tout en ayant une ambition folle. Car cette histoire est totalement unique, mélange de tant de genres : roman historique, polar, chronique sociale, histoire d’amour, roman d’aventure, avec même une toute petite touche de fantastique.

MARCUS MALTE – Le garçon

Marcus Malte est un immense écrivain. Ce roman, qui nous touche par la candeur de son héros tout autant que par la beauté et le carnage des émotions qu’il vit, reste une lecture inoubliable. Le genre de livre qui marque un lecteur profondément, intensément, durablement.

Dire que Le garçon est un bijou littéraire est presque insuffisant, tant il est difficile de trouver les mots pour décrire l’immensité de ses qualités. Cette lecture m’aura laissé sans voix, ce qui est un comble lorsque l’on sait que le personnage central est mutique. Un garçon qui se complaît dans le silence au point de se raconter à travers les paroles des autres.

HENRI LOEVENBRUCK – Nous rêvions juste de liberté

Henri Loevenbruck a fait tellement fort avec Nous rêvions juste de liberté, que ça tient presque du miracle. Au début ça saigne à cause de la baston, à la fin c’est ton cœur qui saigne et il n’y a pas beaucoup d’auteurs qui arrivent à te faire ressentir ça. C’est un putain de magicien des émotions le Loevenbruck, moi je te le dis. Ride like the wind, c’est pas du vent !

Oui ce bouquin, il te colle les cheveux au vent et surtout il te fait se dresser les poils sur tout le corps. C’est pas Dieu possible un tel livre ! Sa dernière partie est tellement prenante et émouvante que moi je te fiche mon billet que tu vas chialer comme un gosse à la fin (j’en suis l’exemple vivant).

PIERRE BORDAGE – L’ange de l’abîme

Second volet de la Trilogie des Prophéties, ou la guerre des religions revue et corrigée « made in » XXI° siècle. Précision utile : ce roman est présenté comme le deuxième tome d’une trilogie, après « l’évangile du serpent ». En fait, ce n’est ni la suite directe de l’histoire, ni les mêmes personnages, ni le même style d’écriture, ni la même vision de l’auteur.

Cette vision d’apocalypse est proprement glaçante parce que crédible dans son énormité.
Le message principal de l’auteur est que l’humanité n’apprend rien de ses leçons du passé et est capable de reproduire à l’infini les horreurs avec toujours davantage d’imagination dans la perversité…

Espérons que le futur donne tort à Bordage !

R.J. ELLORY – Mauvaise étoile

R.J. Ellory a un talent protéiforme, un immense don qui éclabousse chaque mot de ce roman. Un roman noir, tout en subtilité même s’il utilise parfois le rythme d’un thriller ; une histoire sombre mais aussi (surtout ?) une étonnante histoire d’amour.

Suivez donc la bonne étoile qu’est ce petit chef d’œuvre qui risque fort de vous marquer pour un long moment. 

Il faut mettre l’accent sur l’admirable travail psychologique réalisé par Ellory et sur l’émotion à fleur de peau qui suinte par tous les pores de ses mots. grâce à son écriture à la fois poétique, éloquente et expressive.

PAUL CLEAVE – Un prisonnier modèle

Je le dis depuis son premier roman, Paul Cleave est un génie dans son genre, son univers est unique. Et ce n’est pas ce joyau qu’est Un prisonnier modèle qui va changer la donne.

Une intrigue particulièrement jouissive, écrite de main de maître par un Cleave qui s’en donne à cœur joie avec son humour très noir qui est sa marque de fabrique. Dans son intrigue, toute en nuances de gris, on ne sait jamais sur quel pied danser, entre scènes particulièrement sombres et passages décalés.

Et puis, ça vous obligera à lire le formidable Un employé modèle juste avant :-).

SANDRINE COLLETTE – Les larmes noires sur la terre

Rien que l’idée de base tient du génie ! Mais ça ne suffit pas à faire un grand livre. Pour ça, il faut aussi un talent hors norme, une écriture unique et des personnages inoubliables.

Tout ça, et plus encore, se retrouve dans Les larmes noires sur la terre. Et des larmes, Sandrine Collette risque fort d’en tirer de vous, tant son histoire est déchirante.

Mais dans toute cette noirceur, il y a aussi une lumière qui pointe. Celle de la solidarité…

FRANCK BOUYSSE – Né d’aucune femme

Avec Né d’aucune femmeFranck Bouysse signe son roman le plus émouvant. A n’en point douter, une histoire et des personnages qui resteront longtemps en mémoire, et des émotions ineffaçables. Il n’y a que les écrits d’un très grand écrivain pour réaliser une telle performance. Inoubliable, j’insiste !

Né d’une seule plume, unique, celle de Franck Bouysse, ce roman va marquer durablement les esprits. La vie de Rose, le personnage principal, risque fort de vous chambouler.



Catégories :Littérature

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36 réponses

  1. Hier je me demandais justement quoi attaquer… j’ai trouvé mais ce billet arrive fort à propos ! J’ai donc le King, le Malte, le Ellory, le Cleave dans ma PAL et je suis très très intriguée par « L’ange de l’abîme »…
    Dire qu’on n’a jamais parlé de Room !!! Bonne journée à toi 😘

  2. Lu King Maurras Bouysse Loevenbruck
    Replay par contre pas encore…
    Belle journée

  3. J’en ai déjà 3 dans ma PAL ! (Le King, Ellory et Loevenbruck). Mais ça reste un petit score sur 13 ! 😏

  4. Salut Yvan. Finalement j’en ai lu plein de ton top13. C’en est presque évident : King, Replay, Reflex, Bouysse, Collette, Ellory, et Cleave. Je suis juste étonné d’y voir autant de livres récents et si peu de livres plus anciens. Alors, mon ami, allonge toi sur le canapé et explique moi ça ! Amitiés

  5. bonjour et merci
    je vais donc attaquer « replay », jamais entendu parler.
    slts
    patrick, recit music

  6. Replay est un livre qui resté encré dans la tête, une superbe expérience.

  7. Bon ben…plus que 10!!
    Merci et bises

  8. Bonjour ! King et Loevenbruck et Bouysse sont mes favoris, lus aussi Mayeras et Collette. J’irai bien vers Bordage et Marcus Malte que je ne connais pas encore… Je note aussi Replay car tu nous le présente avec tant d’enthousiasme ! A lire sans faute pendant ou après le confinement!

  9. Super liste ! Il me reste quelques titres : Replay – Carter contre le diable – Le garçon – L’ange de l’abîme – et né d’aucune femme.
    Merci et courage pour le confinement…

  10. J’ai adoré Replay (découvert grâce à toi !), Né d’aucune femme et Le garçon. J’ai dans ma pal le 1er de ta liste et ça fait une paye que je n’ai pas lu un Stephen King !

  11. j’ai adoré « 22/11/63 et « Nous rêvions juste de liberté » que de souvenirs 🙂
    Paul Cleave et Marcus Malte m’attendent ainsi que « Né d’aucune femme » il faudrait un an de confinement pour que je vienne à bout de la PAL (la partie émergée bien sûr) !

  12. Quelle toute bonne idée, Yvan. Pour ma part, je n’ai pas encore lu Replay que j’avais commandé sur tes conseils il y a quelque temps déjà. L’occasion ou jamais.

  13. trois sur les 11 que je n’ai pas lus….Je vais y remédier. L’ange de l’abîme sera probablement le premier dès que je peux me le procurer.

  14. QUOI ?? C’est la fin du monde et on ne m’a pas prévenu avant ?? Heureusement que tu es là… Hormis « Room » et « Julian » que je n’ai pas lu (mais que je possède dans une de mes 36 biblios), je suis en ordre et donc, la fin du monde peut me tomber sur la tête sans soucis 😆

    Ok, je sors, une fois de plus. N’oublie pas de te protéger (si tu as le matos pour le faire) et pour une fois, je ne parle pas de sexe ! (jour à marquer d’un trait de fluo).

    • je savais que tu étais à jour ! (de tes vaccins aussi, j’espère !). Ah non Madame, je travaille à l’hôpital (ok pas dans les soins) donc je n’ai aucune protection…

      • Non, je disais justement à une copinaute que je n’étais pas en ordre pour le tétanos, mais pas de panique, mes chevaux sont en ordre, eux ! Même pour la grippe ! Moi pas… 😆

        Attends ma poule, tu n’as pas une personne dans ta famille, dans tes potes, qui peut te faire un masque en tissu ?? C’est ce qu’on a fait, nous. On en aura sans doute besoin pour le déconfinement. Mortecouille, on est en France ou au Boukistan ? Mon pauvre ami, on est bien peu de choses… :/

  15. Merci pour cette chouette liste, je suis heureuse de voir que Reflex t’as marqué autant que moi, ce livre…il m’a hanté pendant tellement de temps, Room aussi bien sûr…ça fait vraiment super bizarre de les voir réunis ici…je n’ai pas souvent l’occasion de les « vendre » autour de moi car j’ai toujours l’impression d’être un monstre quand j’en parle (^^)
    Le Sandrine Collette, j’ai vraiment hâte de mettre la main dessus, car « Nœud d’acier » m’avait mis une telle claque également! (tous les romans de Sandrine Colette d’ailleurs)
    As-tu déjà lu Chiennes de vies de Frank Bill? Du noir concentré…

    • ça me touche beaucoup de lire ce commentaire ! Oui ces deux livres sont un peu une antithèse mais ils parlent aussi de l’enfance à leur manière. Et avec tant d’émotions ! Non je n’ai pas encore lu le Franck Bill (il me faut un peu de lumière dans le noir, c’est ce qui m’a retenu)

Rétroliens

  1. 13 livres à lire avant la fin du monde – Spécial confinement 2020 — EmOtionS – Blog littéraire – didactifle

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