Interview – 1 livre en 5 questions : Un jour comme les autres – Paul Colize

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

Paul Colize

Titre : Un jour comme les autres

Éditeur : HC Editions

Sortie : 07 mars 2019

Lien vers ma chronique du roman

Tu nous reviens une fois de plus avec un roman totalement inclassable, tout sauf un livre comme les autres…

Je souffre beaucoup de cette absence d’étiquette dans le dos. Les lecteurs de thrillers disent que ce n’est pas assez haletant, les amateurs de romans noirs que ce n’est pas assez engagé, les fans de gore que ça manque de cadavres (atrocement mutilés) et les adeptes de science-fiction qu’il n’y a pas assez d’extra-terrestres. Quant aux libraires, ils ne savent pas où le mettre, le rayon « romans inclassables » n’existant pas.

On y retrouve certains personnages croisés dans ton précédent roman, Zanzara…

Fred et Camille, en personnages secondaires, cette fois. L’entrée de Fred dans le roman est un clin d’œil à la scène de départ de Zanzara. On y retrouve aussi un enquêteur bas de gamme croisé dans L’avocat, le nain et la princesse masquée et un confrère du héros de Concerto pour quatre mains. Le chauffeur de taxi, la serveuse de restaurant et le cireur de chaussures sont les mêmes dans tous mes bouquins, mais ils ne disent jamais un mot. Les plus attentifs reconnaîtront également deux confrères et une consœur de plume, tous trois dans un rôle ingrat, comme il se doit.

Ce récit parle de secrets, ce qui tombe bien parce que tes histoires ne sont jamais ce qu’elles semblent être…

Je tisse une gigantesque toile d’araignée faite de secrets et de mensonges (ta-dam). L’intrigue (quoique palpitante) n’est pas l’élément essentiel du roman. De nombreux personnages apparaissent peu à peu. Ils sont tous liés les uns aux autres. Leurs liens sont émotionnels ou physiques, proches ou éloignés, passés ou présents. Pour certain(e)s, on ne l’apprendra que dans l’épilogue. (quel teasing !)

Le rythme de ce roman est différent du précédent, c’était un choix de départ?

L’idée de départ était d’adopter la structure d’un opéra composé d’une ouverture et de quatre actes (raison pour laquelle on trouve la distribution des rôles en première page). Je tenais ensuite à réunir les ingrédients habituels du drame lyrique : l’amour, la mort, le mensonge, le désespoir, la jalousie, le secret, la vengeance, et l’ombre de Dieu qui traîne toujours quelque part en coulisses. Cela de nos jours, puisque l’histoire ne se passe ni à la Cour d’Autriche ni dans la Rome antique.

Au contraire de Zanzara qui démarre sur les chapeaux de roue (!), l’acte 1 s’ouvre en mode mineur (!). Emily attend depuis 614 jours et le lecteur va devoir poireauter avec elle (moins longtemps). Ensuite, le rythme s’accélère, en tout cas pour ceux qui ne se seront pas endormis ou n’auront pas abandonné la partie.

Le sujet est grave, mais ton humour si particulier est toujours aussi affûté…

Les deux ne sont pas incompatibles. Rire lors d’un enterrement ne veut pas dire qu’on s’amuse (comme pleurer en écoutant une symphonie ne signifie pas qu’on est triste). L’humour est libérateur, mais je préfère laisser Pierre Desproges compléter ma réponse : « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, et l’on doit rire de tout : de la guerre, de la misère et de la mort. » 



Catégories :Interviews littéraires

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9 réponses

  1. J’imagine la frustration du côté « inclassable » mais je lis beaucoup de chroniques de lecteurs conquis !

  2. L’auteur est un maître de l’ironie, donc beaucoup moins affecté par le côté inclassable de son oeuvre qu’il n’y paraît 🙂

Rétroliens

  1. Un jour comme les autres – Paul Colize – EmOtionS – Blog littéraire

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