Les secrets de l’île – Viveca Sten

Plus l’environnement est confiné, plus les secrets enfouis au plus profond finissent par remonter un jour à la surface et exploser à la face du monde. Les romans de Viveca Sten en sont une parfaite illustration, au travers de cette petite île suédoise de Sandhamn qui n’est décidément pas aussi tranquille qu’elle n’y paraît.

Fidèle à sa marque de fabrique

Les secrets de l’île est le quatrième roman de l’auteure suédoise à être traduit en français. Pour ceux qui suivent de près les aventures de l’inspecteur Thomas Andreasson et de son amie juriste Nora Linde, ces retrouvailles sont devenues un rituel annuel. Pour les autres, il n’est jamais trop tard pour prendre le bac en cours de route et voguer sur les flots trompeusement calmes de la mer baltique.

Fidèle à sa marque de fabrique, Viveca Sten a concocté un roman à suspense tout en atmosphère et pourtant plein de surprises. A la fois classique dans sa construction et immersif dans son ambiance, le roman ne révolutionne rien et pourtant séduit dès les premières pages. Comme ses précédents.

Histoire d’eau

L’auteure sait y faire pour nous faire naviguer dans les eaux troubles d’un passé qui prend racine sur une ancienne base de l’armée située sur l’île de Korsö, à quelques encablures de Sandhamn. Les cadavres s’accumulent dans cette histoire d’eau, et pas seulement en ce qui concerne les grandes étendues marines (dans cette affaire, on y meurt même dans sa baignoire).

Quel plaisir de retrouver nos deux protagonistes. Les personnages sont l’ADN des romans de Viveca Sten, d’où l’intérêt de les lire dans l’ordre. On suit autant l’enquête que leurs vies au quotidien, à l’image de la place de Nora Linde plutôt limitée dans cette investigation. Des personnages profondément humains, pas des surhommes ni des caricatures de personnes détruites par leur passé. Non, juste des hommes qui essayent de surnager malgré leurs difficultés de vie.

Révoltant

Comme je le disais, l’histoire ne brille peut-être pas par sa folle originalité, mais elle est vraiment prenante, sombre. Un récit qui prend le temps de poser l’enquête, sans qu’il n’y ait la moindre longueur pour autant. Une intrigue entre passé et présent, avec certaines scènes proprement révoltantes qui se déroulent dans les années 80, et qui mettent le feu au poudres trente ans après.

Autant dire que c’est une vraie galère de mettre le grappin sur le meurtrier. Des fausses pistes, des passages d’intense réflexion, des émotions en pagaille et un final toutes voiles dehors. Un bon polar nordique, et une attachante réussite de plus pour Viveca Sten.

Sortie : 04 mai 2016

Éditeur : Albin Michel

Genre : Thriller

Traduction : Rémi Cassaigne

Mon ressenti de lecture :

Profondeur : 7/10

Dimension de l’histoire : 7/10

Psychologie : 7/10

Qualité de l’écriture : 8/10

Émotions : 7/10

Note générale : 7/10

4° de couverture

Une froide journée de septembre, l’étudiant Marcus Nielsen est retrouvé mort dans son appartement de Nacka. Tout semble indiquer un suicide. Mais sa mère, convaincue qu’il a été assassiné, supplie la police de ne pas classer l’affaire.

Quand l’inspecteur Thomas Andreasson commence à enquêter, les pistes semblent mener à la base militaire de Korsö, devant l’île de Sandhamn, où le corps d’un autre homme vient d’être retrouvé. Contactée par Thomas, Nora Linde, qui depuis sa séparation passe beaucoup de temps sur l’île, essaie d’en savoir plus sur cette base fortifiée où, pendant des décennies, ont été formées les unités d’élite des chasseurs côtiers. Y a-t-il dans ce passé-là quelque chose qui ne doit à aucun prix surgir au grand jour ?



Catégories :Littérature

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15 réponses

  1. Smadj – Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

    Faby a lu le premier suite à ton interview lors du SMEP 2015 mais a trouvé l’intrigue un peu fade et moins attachante que les Livres de Camilla Lackberg. As-tu le même sentiment ?

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      J’en sais rien je n’ai jamais lu Lackberg.
      C’est du suédois, ça n’est jamais aussi remuant que du français 😉

      • Smadj – Plus que des quatrièmes de couverture, plus que des résumés de films, c'est de la passion et de l'émotion que vous découvrirez ici.

        Dommage j’aurais bien aimé avoir ton avis 😊

  2. Titania – J'ai attrapé le virus de la lecture très jeune, et l'envie de partager pas longtemps après.....

    J’en ai déjà lu deux et j’ai trouvé le style policier de Viveca Sten plutôt intéressant, avec beaucoup de rigueur, assez réaliste sur la démarche et dans un cadre de carte postale, elle affirme mieux son style dans le 2, je vais donc me jeter sur le 3 et le 4 😀

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      Oui c’est une bonne description de son écriture !

  3. belette2911 – Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

    Non, elle je passe ! 😉

  4. Vu que je déteste prendre une série en cours de route et que ce roman est déjà le 4ème…. je ne pense pas que je lirai Viveca Sten. Tu imagines que j’en suis seulement au 3ème du département V ?!

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      S’il faut choisir c’est JAO 😉

  5. Lord Arsenik – Noumea - Nelle-Calédonie

    Lu le premier en 2013, ça m’avait plutôt convaincu malgré un rythme un peu lent.
    J’ai les trois autres en stock… yapuka !

  6. Collectif Polar : chronique de nuit – Simple bibliothécaire férue de toutes les littératures policières et de l'imaginaire.

    Haha, je vois que tu restes fidèle à tes amours saint maurienne mon ami.
    Merci pour ce bel article.
    J’avoue que ce fut une belle rencontre l’an dernier avec cette auteur francophone et sans doute francophile.
    Alors retrouver son dernier opus, c’est un peu de cette magie qui passe aussi !

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      C’est exactement ça ;-). Oui une sacrée belle rencontre

  7. Je viens de finir à l’instant » les nuits de la saint-Jean » que j’ai dévoré et hâte de lire celui-ci… Je suis fan de ces romans depuis que j’ai vu la mimi série sur Arte. Je les lis en poche . J’ai hâte d’avoir des nouvelles de Thomas… J’ai lu ton avis avec attention . Merci.

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      Ah oui c’est très normal d’attendre des nouvelles de Thomas à la fin de celui que tu viens de lire ;-). Patience alors si tu l’attends en poche

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