Michaël Mention – Sale temps pour le pays


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1976. Une vague de meurtres touche le nord de l’Angleterre ; les victimes sont des prostituées. La police locale est sur les dents. Un homme clé pour diriger l’enquête : l’inspecteur George Knox, personnage austère, «gueule à la Richard Burton », états de services légendaires. Secondé par le détective Mark Burstyn, Knox se lance à corps perdu dans cette affaire qui tourne pour lui à l’obsession, tandis que sa femme Kathryn est en train de mourir d’un cancer.

Le temps passe et plus le tueur semble jouer avec la police en brouillant les pistes, plus Knox s’enfonce dans l’abîme. Un abîme à l’image du chaos social et politique ambiant. Bientôt, c’estcomme si la traque du tueur devenait une quête dérisoire en regard de la dépression qui gagne le pays et ses habitants.

Mon avis

Back to the 70’s.

Sortez vos pantalons pattes d’eph’, Michaël Mention nous plonge avec réalisme dans l’Angleterre des années soixante-dix (étonnant lorsque l’on sait qu’il n’a pas connu cette époque, étant né en 1979).

« Sale temps pour le pays » est un polar, mais pas que, surtout pas.

C’est une véritable plongée dans ce pays vivant un tournant de son histoire. Arrivée de Thatcher, pays en pleine dépression, population désorientée, loin du flower power. Pays confronté également à un tueur en série qui sévira 6 ans.

L’auteur brode autour de la réalité, réalité économique et sociale du pays, réalité de cette affaire policière dont il a changé le nom des protagonistes tout en en gardant la chronologie. La force du bouquin réside là, dans cette plongée dans une époque, plutôt bien rendue par l’écrivain (mode, musique…).

Étonnamment, on pourrait parfois croire à une description de nos jours : crise économique, prise de pouvoir de l’argent, délocalisation (des petites villes vers Londres, à l’époque). Des similitudes qui expliquent peut être le retour « en grâce » actuel des horribles couleurs acidulées (mais je m’égare…).

Un décor bien planté et certains personnages assez forts.

On suivra avec intérêt cette enquête lors de chapitres courts, enquête surlignée par une écriture directe et parfois créative.

Le roman est, à mon sens, cependant trop court (268 pages). Une telle matière aurait pu permettre de moins survoler les éléments d’enquête et approfondir encore plus les personnages (et cet enquêteur principal si marquant).

D’où mon sentiment d’inachevé, qui ne doit pas vous faire bouder ce roman assez original dans la forme et qui mérite le détour.

Publication française : 2012

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥

Note générale : ♥♥♥



Catégories :Littérature

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