AVIS DE LECTURE
C’est un voyage vers le passé auquel nous convie cette fois Ian Manook avec Le pouilleux massacreur. Retour en France en 1962, à travers le regard d’un jeune homme qui vit sa jeunesse entouré d’une bande de « potes » désœuvrés et de leurs petits délits.
Jusqu’à ce que les incidents s’enchaînent, provoquant une mort, puis un coup de couteau aux fâcheuses conséquences, et encore une explosion dévastatrice.
Initiation
C’est l’histoire d’un homme en devenir qui se cherche, qui se perd. Un roman d’initiation, à la vie, à l’amour, aux valeurs.
Manook s’essaye à un autre genre, une autre écriture, avec brio une fois de plus. Le roman est écrit à la première personne, d’une plume alerte et soignée.
Cette quête de sens fait vibrer ce passé, dans un texte où l’écrivain a sûrement mis beaucoup de lui pour retrouver cette France d’avant 68. N’attendez pas ses habituelles envolées lyriques ou son humour décalé, le texte nous emporte au plus près du personnage qu’il porte.
Retour en terres françaises
Beaucoup de souvenirs, à n’en pas douter, pour ce premier texte en terre française d’un auteur voyageur.
Sorb, surnom pour Sorbonne parce qu’il est celui qui fait des études dans cette bande, avait pourtant tout pour construire une existence toute tracée. Des parents aimants qui l’aident à se lancer, une belle intelligence, une relation torride avec sa petite amie. Mais il ne voit pas les signes, ne se rend pas compte de l’importance de ce qu’il reçoit ni de ce qu’il peut en faire.
Apprendre du passé
Phénomène de groupe, le clan va de dérapage en dérapage, jusqu’à se morceler quand tout ira trop loin.
Pourtant, ce ne sont pas vraiment de sales gars, mais de ceux qui ne trouvent pas leurs places dans la société, dans une France qui se débat avec les soubresauts de la guerre d’Algérie. Avec Sorb, en pleine désillusion, qui côtoie deux mondes, entre sa copine friquée et le monde ouvrier dans lequel il grandit. Et le lecteur qui s’attache à lui.
Cette période de l’Histoire a beaucoup à nous apprendre, les relents nauséabonds d’une partie de la population et les dérives politiques parleront beaucoup aux lecteurs de 2024.
Actes et conséquences
Actes et conséquences, le récit réserve de vraies surprises dans ce bout de chemin parcouru avec Sorb, qui va apprendre. Jusqu’à comprendre ou alors en payer le prix ?
Le pouilleux massacreur de Ian Manook est un instructif retour vers un passé qui nous parle encore aujourd’hui, et une poignante aventure humaine pleine d’émotions contradictoires. Une nouvelle corde vibrante à l’arc de l’écrivain qui sait décidément tout raconter.
Yvan Fauth
Sortie : 15 août 2024
Éditeur : La manufacture de livres
Genre : fiction (avec de la réalité dedans)
Prix : 18,90 €
4ème de couverture
« Je m’appelle Sorb, c’est le diminutif de Sorbonne. Ceux de la bande m’ont donné ce surnom parce qu’ils me trouvent plus instruit qu’eux. Ce ne sont pas vraiment des voyous, juste une bande. Des mecs de Meudon-la-Forêt, c’est tout. On zone, on fout la pagaille, on choure deux ou trois trucs, rien de méchant. »
Pourtant, un jour, une femme meurt à cause de l’un des leurs. Un accident, comme il dit, et il faut bien que les autres le couvrent quand la police arrive. Dans cette France de 1962, où la jeunesse s’ennuie dans des cités dortoirs, c’est pour eux le début d’une dégringolade vers le pire. Sorb sait que ceux de la bande finiront mal et que lui, peut-être, pourrait s’en sortir. Mais comment ?
Dans ce roman d’initiation aux accents autobiographiques, Ian Manook nous raconte une jeunesse qui promène sa désillusion des bars de banlieue aux rues chics de Paris, et le destin d’un jeune homme aux rêves trop grands pour son HLM.
En savoir plus sur EmOtionS, blog littéraire
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Catégories :Littérature

Pourquoi pas ! J’ai l’impression que c’est un roman noir social, tu confirmes ?
on peut le qualifier comme ça, oui 😉
Il m’attend chez mon libraire préférée…. Hâte 😉
va vite lui passer un bonjour 😉
Cette année là, le rock ‘n roll venait d’ ouvrir ses ailes. . Et dans son coin, il chantait belles belles belles. Oh quelle année, cette année là.
La couverture et la chronique me parlent beaucoup. Merci à toi 🙏 😘
ahah, voilà que tu te mets à chanter 😉
Ben c’est l’année de ma naissance, je ne pouvais pas faire autrement 🙃
Tout à fait le genre de roman et d’ambiance que j’adore !
Alors fonce 😉
oh, intriguée je suis !
ah j’aime Ian Manook, dans tous les styles, donc évidemment noté et ta chronique me donne encore plus envie de le lire. merci à toi ! 🙂
Tu aimeras donc aussi !
Je n’ai jamais lu cet auteur et malgré le bien que tu dis de ce roman, je ne pense pas commencer avec celui-ci le jour où je me lancerais. Merci pour ton avis 🙂
L’essentiel est de le lire, quel que soit le titre 😉
Ça c’est bien vrai 😉
Allez, un ajout de plus ! J’adore quand tu m’énerves de la sorte 😉
Ce n’est que le début de la reprise 😁
Tu me tues ! « Yvan m’a tuer » et oui, on fera la faute exprès ! 😉