Une sélection de sorties littéraires d’août 2024 – Rentrée littéraire
La rentrée littéraire d’août 2024 concerne 459 romans, chiffre qui omet sans doute nombre de sorties dans les littératures de genre
Voici une sélection de 36 de ces romans, soit 8% de ces publications.
Comme toujours, ces livres sont le reflet de mes goûts et envies. Ce sont donc de vrais choix éditoriaux qui correspondent à l’esprit du blog EmOtionS.
Fictions diverses, romans noirs, Imaginaire, de quoi varier les plaisirs. Bonnes découvertes, bonnes futures lectures !
Marjorie Tixier – Le Pays blanc (Fleuve) 14/08
Deux sœurs, deux cœurs, une seule âme.
1926, Nowa Wies. Jamais Helena n’aurait imaginé quitter la Pologne, ce pays blanc qu’elle aime tant, et sa sœur jumelle Broni qui est comme une seconde âme pour elle. Pourtant, afin de sauver l’enfant illégitime de Broni, elle part pour un exil sans retour avec le nourrisson. La France sera leur refuge, et le silence d’Helena la garantie de leur survie. Du moins le croit-elle.
2022, Paris. Thomas n’a jamais réussi à parler avec sa mère, Dorothée, de son pays d’origine qu’elle a effacé de sa mémoire, jusqu’au jour où les questions deviennent trop nombreuses et trop pressantes. Il sent qu’il doit » retourner » en Pologne, reprendre l’histoire là où elle s’est arrêtée.
Un roman qui retrace, à travers le vingtième siècle, les destins croisés de quatre générations qui se font écho autour d’une seule quête : celle de la liberté.
Dolores Redondo – En attendant le déluge (Gallimard) 15/08
À l’origine de ce roman époustouflant, des faits réels : entre 1968 et 1969, celui que la presse écossaise a surnommé Bible John tua trois jeunes femmes rencontrées dans une discothèque de Glasgow et disparut. En 1983, Noah Scott Sherrington, policier obsédé par Bible John depuis près de quinze ans, s’apprête à l’arrêter sous une pluie torrentielle quand il est foudroyé par une crise cardiaque. À peine remis, écoutant son intuition et résistant aux injonctions des médecins et de sa hiérarchie, il suit la piste du meurtrier jusqu’à Bilbao, port où s’active secrètement l’ETA. Alors que les fêtes patronales de l’Aste Nagusia battent leur plein, des jeunes femmes sont assassinées à la sortie de discothèques… Noah, enquêteur tenace et doté d’un coeur fragile, au sens propre comme au figuré, a-t-il enfin retrouvé sa cible ? Les terribles inondations qui vont bientôt ravager la ville feront-elles obstacle à son projet ?
Carole Martinez – Dors ton sommeil de brute (Gallimard) 15/08
« Un long hurlement, celui d’une foule d’enfants, secoue la planète. Dans les villes, le Cri passe à travers les murs, se faufile dans les canalisations, jaillit sous les planchers, court dans les couloirs des tours où les familles dorment les unes au-dessus des autres, le Cri se répand dans les rues. » Un rêve collectif court à la vitesse de la rotation terrestre. Il touche tous les enfants du monde à mesure que la nuit avance. Les nuits de la planète seront désormais marquées par l’apparition de désordres nouveaux, comme si les esprits de la nature tentaient de communiquer avec l’humanité à travers les songes des enfants. Eva a fui son mari et s’est coupée du monde. Dans l’espace sauvage où elle s’est réfugiée avec sa fille Lucie, elle est déterminée à se battre contre ce qui menace son enfant durant son sommeil sur une Terre qui semble basculer. Comment lutter contre la nuit et les cauchemars d’une fillette ?
Ian Manook – Le pouilleux massacreur (La manufacture de livres) 15/08
« Je m’appelle Sorb, c’est le diminutif de Sorbonne. Ceux de la bande m’ont donné ce surnom parce qu’ils me trouvent plus instruit qu’eux. Ce ne sont pas vraiment des voyous, juste une bande. Des mecs de Meudon-la-Forêt, c’est tout. On zone, on fout la pagaille, on choure deux ou trois trucs, rien de méchant. »
Pourtant, un jour, une femme meurt à cause de l’un des leurs. Un accident, comme il dit, et il faut bien que les autres le couvrent quand la police arrive. Dans cette France de 1962, où la jeunesse s’ennuie dans des cités dortoirs, c’est pour eux le début d’une dégringolade vers le pire. Sorb sait que ceux de la bande finiront mal et que lui, peut-être, pourrait s’en sortir. Mais comment ?
Dans ce roman d’initiation aux accents autobiographiques, Ian Manook nous raconte une jeunesse qui promène sa désillusion des bars de banlieue aux rues chics de Paris, et le destin d’un jeune homme aux rêves trop grands pour son HLM.
Marie Vingtras – Les âmes féroces (Editions de l’Olivier) 19/08
« Ici, la nuit est belle. (…) Leo avance de tache de lumière en tache de lumière et entre les deux, elle disparaît presque entièrement. Elle est alors exactement ce qu’elle paraît être : la fille qui glisse le long des murs, calme, discrète. La fille qui s’efface, la fille qu’on oublie. »
Leo n’est pas rentrée et le printemps s’entête dans sa douceur. Leo ne reviendra pas. La shérif Lauren Hobler découvre son corps au milieu des iris sauvages. Autour de la mort soudaine d’une jeune fille, Les Âmes féroces tisse plusieurs destinées. Pour élucider un mystère, mais lequel?? Celui de Leo, peut-être, et de ses silences. Celui de Lauren, coincée dans une petite ville qui ne la prend pas au sérieux. Il y a aussi Benjamin, Seth et les autres… Les gens de Mercy, qui pensent tous se connaître et en savent si peu sur eux-mêmes.
Envoûtant, surprenant et d’une grande ampleur romanesque, Les Âmes féroces traque la part d’ombre de chacun.
Sandrine Collette – Madelaine avant l’aube (Lattès) 21/08
C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.
Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.
Stephen Markley – Le déluge (Albin Michel) 21/08
Vous tenez entre vos mains l’avenir de notre monde.
Californie, 2013.Tony Pietrus, auteur d’un livre-choc sur le dérèglement climatique, reçoit des menaces de mort. Provocation, canular, avertissement ? Le scientifique, qui a prophétisé le chaos à venir, se heurte en effet à un profond déni et assiste, impuissant, à la destruction de la planète. Des supertyphons aux mégafeux, du complotisme antiécologique au capitalisme de surveillance, catastrophes et violences précipitent l’humanité au bord du gouffre.
C’est ce tableau spectaculaire que dresse Stephen Markley en croisant les destins de ses différents personnages sur plusieurs décennies. Ashir, génie de l’analyse prédictive ; Kate, militante écologiste devenue l’icône d’une génération ; Shane, membre d’une mystérieuse organisation « écoterroriste » ; Jacquelyn, publicitaire adepte du greenwashing ; Keeper, un junkie capable du pire pour se payer sa dose ; ou encore le Pasteur, un acteur hollywoodien reconverti en figure de proue de l’ultra-droite… Tous verront leur vie bouleversée par l’effondrement en cours.
Roman-monde, page turner au suspense haletant, Le Déluge met le lecteur au défi : qu’êtes-vous prêts à sacrifier pour sauver l’humanité ?
Colin Niel – Wallace (Rouergue) 21/08
Mathurine travaille pour la protection de l’enfance. Mère célibataire de Wallace, un garçon de neuf ans, elle vit en Guyane, aux portes de l’Amazonie. Alors que Wallace grandit, les relations se tendent entre la mère et le fils. Elle rêvait d’un enfant qui aimerait la forêt, lui ne vit que pour se mesurer aux champions de Fortnite. Fragilisée par la mort dramatique d’une adolescente placée en famille d’accueil, Mathurine est bouleversée lorsque le père de celle-ci, Tiburce, lui confie avoir vécu une étrange expérience en forêt. Quelque chose de l’ordre d’une apparition. Quelque chose qui fait ressurgir le souvenir d’un enfant qu’elle a croisé autrefois et dont elle n’a jamais pu admettre la perte.
Avec ce nouveau roman qui nous immerge dans l’extraordinaire forêt primaire de la France d’Outre-Mer, Colin Niel tisse une toile fascinante sur le thème de la parentalité. Dans la jungle des peurs et des enchantements, père et fille, mère et fils sont soumis à de terribles épreuves lorsque l’autre vient à manquer. Mais l’amour n’est-il pas la force qui peut nous conduire à dépasser nos plus profonds cauchemars ?
Deborah Willis – Girlfriend on Mars (Rivages) 21/08
Satirique, pop et acidulé, « Girlfriend on Mars » signe l’entrée en littérature d’une nouvelle voix féminine euphorisante à l’humour d évastateur, pleine d’amour pour l’humanité d’ici bas.
A travers des personnages aussi drôles qu’attachants, avec un rythme et un sens des dialogues dignes des meilleures séries, Deborah Willis dresse une satire super maligne de notre rapport modifié au réel dans une société de plus en plus fake, et pose un regard tendre sur nos fragiles éthiques individuelles.
Entre quête de gloire et crise environnementale, ce roman pourrait bien être le manifeste ultramoderne d’une nouvelle génération contrainte d’adapter ses ambitions à l’ère des réseaux sociaux et de l’éco-anxiété.
Daniel Fohr – Vies sauvages (Inculte) 21/08
Un parc animalier est un village comme un autre – ou presque. Ses habitants ont leurs habitudes, leurs rêves, leurs attentes, leurs regrets. Leur liberté, bien sûr, est limitée, et quelques humains sont là pour veiller à la bonne marche de cette communauté. Mais voilà qu’un jour Jad-bal-ja, un lion de l’Atlas, n’en revient pas : un humain vient de descendre dans sa fosse ! Aussitôt l’alerte est donnée. Tandis que le personnel cherche désespérément une solution à cette situation explosive, d’autres incidents surviennent : une activiste a ouvert la cage des serpents ; le chef des babouins lutte pour conserver son ascendant ; un couple de marabouts rêve d’envol ; un puma a repéré une musaraigne dans son enclos ; un oiseau tropical dévisse lentement les boulons de sa volière…
Vies sauvages, grâce à la plume légère et soigneusement documentée de l’auteur, nous invite dans l’intimité d’un règne animal sous haute surveillance. Daniel Fohr brosse ici des portraits saisissants de ces créatures qu’on dit dépourvues de conscience, en faisant des personnages à part entière dont le passé et le destin ébranlent le lecteur dans sa fragile humanité. Mais Vies sauvages est aussi, et surtout, un roman drôle et touchant, vibrant tout entier d’un suspense poignant : qui, de l’homme ou de l’animal, aura le dernier mot ?
Mathieu Larnaudie – Trash vortex (Actes Sud) 21/08
Quelque chose est en train de craquer. Face à l’angoisse apocalyptique qui hante notre temps, les puissants de ce monde se préparent eux aussi à l’effondrement. Certains croient assurer leur survie en s’offrant de luxueux bunkers, d’autres capitalisent sur le désastre qu’ils ont contribué à provoquer.
Eugénie Valier, héritière déclinante d’un grand groupe industriel, se résigne quant à elle à une mort prochaine. Et puisque l’humanité court à sa perte, elle décide de démanteler l’empire érigé par son père au lieu de le léguer à son fils. L’intégralité de sa fortune ira à une fondation destinée à nettoyer les « trash vortex », ces vastes tourbillons marins qui charrient tous les déchets dérivant à la surface des océans. Mais cette mission, a priori vertueuse, sert en fait un projet de liquidation générale, auquel se mêle un inavouable règlement de comptes familial.
Avec cette satire virtuose des élites économiques, politiques, et des multiples acteurs qui gravitent autour d’elles, Mathieu Larnaudie nous emporte dans une traversée vertigineuse de notre époque, et signe le grand roman d’une civilisation fascinée par sa propre fin. Que reste-t-il à transmettre lorsque demain est incertain ?
Joanna Russ – Protocole solitude (Cambourakis) 21/08
Après un mystérieux accident, huit voyageurs interstellaires – quatre femmes, trois hommes et une enfant – se retrouvent parachutés sur une planète inconnue. Coupés du reste de l’humanité, ils ne disposent que de leurs dix doigts et d’un matériel rudimentaire pour subvenir à leurs besoins primaires : manger, dormir, se protéger. Bien vite, les conventions sociales tombent et de nouvelles hiérarchies se mettent en place, ouvrant la voie au grand retour du patriarcat. Pour le groupe, l’élan vital devient synonyme de colonisation et de perpétuation de l’espèce, quitte à assujettir violemment le corps des femmes de l’équipage. Sauf que l’une d’entre elles compte bien conserver le peu d’indépendance qui lui reste, s’isolant bientôt du reste du groupe.
Avec « Protocole solitude », Joanna Russ compose une fable futuriste infiniment politique, interrogeant tour à tour l’injonction à la maternité, la relation à notre environnement, et notre façon de faire société. Mais c’est aussi à une puissante réflexion sur la signification de notre existence que Russ se livre, dans une langue mordante, toujours d’une merveilleuse radicalité.
Abel Quentin – Cabane (L’Observatoire) 21/08
Berkeley, 1973. Département de dynamique des systèmes. Quatre jeunes chercheurs mettent les dernières touches au rapport qui va changer leur vie. Les résultats de l’IBM 360, alias « Gros Bébé », sont sans appel : si la croissance industrielle et démographique ne ralentit pas, le monde tel qu’on le connaît s’effondrera au cours du xxie siècle. Au sein de l’équipe, chacun réagit selon son tempérament ; le couple d’Américains, Mildred et Eugene Dundee, décide de monter sur le ring pour alerter l’opinion ; le Français Paul Quérillot songe à sa carrière et rêve de vivre vite ; et l’énigmatique Johannes Gudsonn, le Norvégien, surdoué des maths ? Gudsonn, on ne sait pas trop. Certains disent qu’il est devenu fou. De la tiède insouciance des seventies à la gueule de bois des années 2020, Cabane est le récit d’une traque, et la satire féroce d’une humanité qui danse au bord de l’abime.
Abraham Verghese – Le pacte de l’eau (Flammarion) 21/08
Travancore, côte de Malabar, 1900. Une fillette monte à bord d’un bateau qui la conduit à la cérémonie de son mariage. Son futur époux est un bon parti, mais elle découvre bientôt que sa famille est frappée d’une étrange malédiction : à chaque nouvelle génération, au moins une personne meurt noyée – ironie du sort particulièrement cruelle dans cette région du Kerala où l’eau est omniprésente, modelant la terre en un entrelacs de lagons et de lacs, accompagnant les existences de son chant feutré, reliant toute chose dans le temps et dans l’espace. Au cours de sa longue et extraordinaire vie, tandis que sa famille évolue au gré des naissances et des disparitions, elle connaîtra la joie du grand amour, la douleur de pertes irréparables, et sera témoin des transformations majeures de son pays. Jusqu’à l’arrivée d’une petite-fille qui porte son nom et qui, cherchant à son tour à élucider cette malédiction mystérieuse, fait une découverte bouleversante. Évocation lumineuse d’une Inde révolue et sublime évocation du passage du temps, Le Pacte de l’eau est un livre-monde qui, à travers les existences pétries de joies, de triomphes et d’épreuves qu’il dépeint, explore toutes les facettes de l’expérience humaine.
Emmanuel Brault – Un Monde plus-que-parfait (Mu) 21/08
À quoi sert un banc public ? À trouver, par exemple, une annonce qui peut vous donner la chance d’embarquer pour Pandore, une nouvelle terre à coloniser. C’est ce qui arrive à Alfred qui y voit une formidable invitation à fuir un quotidien bien morne.
Sur le papier, c’est beau comme dans un rêve… sauf qu’il lui faudra prendre des décisions vraiment radicales pour partir !
Un monde plus-que-parfait est un récit mordant, acide et drôle, une critique grinçante sur la famille, sur les ambiguïtés d’un homme et sur ce que nous sommes prêts à détruire pour d’incertaines bribes de bonheur.
Nicolas Martin – Fragile/s (Au diable vauvert) 22/08
« Nous étions mille cinq cents. La première fournée. Les mères pondeuses du futur de la Nation. L’espoir non pas d’une civilisation mourante, mais d’un régime fascistoïde qui a réussi à développer un programme de fertilisation eugéniste. »
Dans une France où la fertilité s’effondre et la majorité des naissances sont touchées par le syndrome de I’X fragile, Typhaine, élue par le très sélectif Programme expérimental de génoembryologie grâce à la position de son mari, accouche d’un garçon sain. Mais l’étonnante progression cognitive de son fils est bien vite aussi inquiétante que le contrôle dont font l’objet les mères, alors que le pays bascule dans la dictature…
Roman sur la parentalité, portrait de femmes victimes et résistantes, époustouflant récit d’anticipation politique, le premier roman de Nicolas Martin mixe les influences pour nous offrir une fiction d’aujourd’hui hallucinante de vérité.
Marcus Malte – Aux marges du palais (Zulma) 22/08
Au doux pays de Frzangzwe, le fossé entre les nantis et les fauchés ne cesse de se creuser. D’un côté, la baronne, secondée par son équipe de bras cassés : Mo, l’homme de main toujours chargé du sale boulot, Mouna la Souris experte en informatique, Hakkon le Brave inséparable de sa hache bien affûtée, le Toubib réchappé de la justice, Zap le naïf. De l’autre côté, l’archimaréchal règne avec ses zeds de camp et son conseiller Gabriel Pipaudi, premier fifrelin du palais, diplômé de la Grande École – promo Machiavel. Et puis il y a la marjorette, Anne-Sophie-Catherine-Elisabeth dite Aneth. Enfermée dans son vase clos gorgé de paillettes et des ors de la république, Aneth rêve d’amour et d’horizons inconnus. Lorsque sa servante Chantal organise une escapade clandestine dans la jungle du réel, tout bascule. Car les deux mondes vont se croiser, alors que grogne la révolte. Retranchés dans leur manoir, la bande de marginaux fomente un coup d’éclat : occuper la Grande Tour F. Pour quoi faire ? La démonter. Quand ? Le 1er mai. Et si la Révolution était en marche ?
Vincent Delareux – L’idole (L’Archipel) 22/08
1988. Après vingt-trois années de carrière à fouler les plus prestigieuses scènes du monde, la grande Séraphine, reine incontestée de la variété française, est lasse. Son époux vient de se suicider, tout comme son amie Dalida un an auparavant.
Son imprésario ne voit en elle qu’une poule aux œufs d’or. Son public, au fil des concerts, la dévore. À 47 ans, l’idole fatigue. Son désir ? En finir. Les plus grandes icônes ne sont-elles pas celles qui s’éclipsent à leur apogée ?
Armée d’une bouteille de whisky, Séraphine s’apprête à baisser le rideau. Quelques verres plus tard, elle perd connaissance, puis se réveille dans un sous-sol inconnu. Face à elle se dresse un homme. Fervent admirateur ou malfrat ? L’homme est en tout cas des plus inquiétants. Commence alors un séjour sous terre qui pourrait faire voler l’existence de la diva en éclats…
Maren Uthaug – 11% (Gallmeister) 22/08
À Copenhague, dans un futur lointain, règne le matriarcat. Si le souvenir du patriarcat habite encore tous les esprits, aujourd’hui seuls 11% des hommes sont maintenus en vie – quota nécessaire au plaisir féminin et au renouvellement de l’espèce humaine –, et parqués dans un centre d’élevage sur l’île de Lolland. L’apparition soudaine d’un jeune garçon bouleverse la vie de quatre femmes, Médée, Wicca, Stille et Eve, forcées de décider de son destin. Chacune d’entre elles devra choisir entre le cœur et la raison, au risque de déstabiliser le nouvel ordre établi.
Le nouveau roman de Maren Uthaug est une comédie dystopique, résolument provocatrice et malicieuse.
Vera Buck – Les enfants loups (Gallmeister) 22/08
Dans les montagnes, au cœur de la forêt où rôdent encore les loups, se niche le hameau de Jakobsleiter. La vie y est rude et la nature impitoyable. Surtout pour la jeune Rebekka qui rêve de s’enfuir très loin. Puis, un jour, elle disparaît soudainement. Ce n’est pas la première femme engloutie par cette région hostile sans laisser la moindre traces. Pourtant, seule Smilla, stagiaire au journal local, est convaincue qu’un tueur en série rôde dans la région, peut-être celui-là même qui lui a enlevé sa meilleure amie il y a dix ans. Envers et contre tous, elle est prête à faire voler en éclats les sombres secrets enfouis au plus profond des montagnes et des grottes millénaires. Quel mystère se cache derrière la communauté isolée de Jakobsleiter ? Y-a-t’ il un lien entre ces disparitions ? Un mensonge, maintes fois répété, peut-il devenir la vérité ?
Mystérieux et inquiétant, Les Enfants loups est un thriller implacable dans une nature sauvage et authentique.
Sôichi Kawagoe – Source de chaleur (Belfond) 22/08
Exceptionnelle et brillante, une incroyable épopée historique – courant sur près de soixante-dix ans -doublée d’une bouleversante histoire d’amour et d’amitié qui pose des questions essentielles et douloureusement contemporaines.
Comment survivre et protéger les traditions lorsque l’impérialisme tente d’imposer la civilisation ? Comment préserver son identité dans un pays qu’on ne reconnaît plus ?
Ces interrogations qui l’assaillent depuis que les Russes ont envahi la Pologne ont conduit le jeune étudiant Bronislaw Pilsudski au pire. Pour avoir ourdi un complot visant à assassiner le tsar, il est condamné à l’exil sur l’île de Sakhaline, dans l’archipel d’Hokkaidô.
Alors qu’il survit péniblement dans cet endroit désolé au climat extrême, il découvre la chaleur des Aïnous, un peuple autochtone aux coutumes aussi fantasques qu’émouvantes, et se lie d’amitié avec Yayomanekh, un jeune homme qui a quitté le Japon pour revenir vivre sur la terre de ses ancêtres.
Fasciné par la culture aïnoue, Bronislaw va aider ses nouveaux frères d’armes à lutter contre les attaques, tantôt russes, tantôt japonaises.
Réussiront-ils à sauver leur peuple et à résister à la tragédie en marche ?
Norman Jangot – L’Œuvre du serpent (Heloïse d’Ormesson) 22/08
Paris est en ruine à la suite d’une catastrophe planétaire. Alors que la reconstruction est au coeur de toutes les préoccupations, des individus développent une étrange faculté, provoquée par l’onde de choc : celle d’interpréter les coïncidences du quotidien et de déchiffrer les signes. Certains de ces êtres hors normes, baptisés les Pythons, sont recrutés par la police pour traquer les criminels avec une efficacité redoutable. Mais lorsque l’un de ces Pythons décide de prendre ses pairs à leur propre piège, c’est toute la société, déjà sur le fil, qui vacille. À moins qu’un ancien Serpent au flair légendaire, Nathaniel Loppe, disparu des radars après un terrible accident, ne reprenne du service pour pister ce serial killer à travers le dédale d’une capitale éventrée. Lui à qui aucune enquête n’a jamais résisté va être confronté à une vérité à laquelle nul n’est préparé.
Polar d’anticipation, récit d’une vengeance impossible, fable sur le monde moderne et son inéluctable faillite, L’Œuvre du Serpent est un roman inclassable, un jeu de piste, où l’art, la physique quantique et Carl Jung se conjuguent au présent pour nous inviter à une expérience
immersive, spectaculaire et inédite.
Laure Gauthier – Mélusine reloaded (Corti) 22/08
Dans un monde tout juste en avance sur le nôtre, réapparaît Mélusine, la fée serpent. Elle ressurgit au coin d’une rue, dans une ville aseptisée où les images omniprésentes et savamment orchestrées cachent le dessèchement réel des paysages et le contrôle des passions. C’est un monde post-démocratique et multi-pollué, où se multiplient les Décharges Solides à Ciel Ouvert (DSCO), les Zones Touristiques Augmentées (ZTA), les forêts dans lesquelles ne subsistent que des tiques, des escargots géants et quelques moineaux communs. Les systèmes de contrôle ont généré une langue atrophiée envahie d’acronymes. Les comités en tout genre organisent, quoi qu’il en coûte, le maintien artificiel des images pour le divertissement des Touristes Traversants (TT). Mélusine revient lutter. Elle propose de nouvelles pratiques, imagine de nouvelles rives habitables. Dans ce roman, à la fois fable féministe, dystopie écologique et conte futuriste, Laure Gauthier réinvente la légende de la fée hybride pour dresser, avec humour et profondeur, un miroir déformant de notre monde tout en esquissant un autre chemin possible.
Jennifer Richard – La vie infinie (Philippe Rey) 22/08
Quand on possède tout, l’argent, l’amour, la santé et un métier passionnant, on ne veut pas que la vie s’arrête. Adrien et Céline forment un couple de quadragénaires à qui tout réussit. Lui, créateur visionnaire de startups numériques, travaille à un programme qui offrirait aux humains un avenir illimité et sans souffrance. Elle, réalisatrice de documentaires, a abandonné ses idéaux révolutionnaires de jeunesse pour se conformer au mode de pensée libéral ambiant. Leur fille, Zoé, dix ans, ne tolère aucun contact humain et vide autant de flacons de gel hydroalcoolique qu’elle a d’amis sur une application de rencontres numérique pour enfants, autant dire beaucoup…
Un jour, Céline croise Pierre, son meilleur ami des années lycée. Il est libre, proche de la nature, convaincu que la beauté de notre destin tient justement à l’évanescence des choses.
En se rapprochant de Pierre, Céline se découvre. Il l’encourage à accepter le monde tel qu’il nous apparaît. Tandis qu’Adrien, voulant séduire de nouveau sa femme, lui propose une vie dématérialisée et éternelle. Entre le chantre de la liberté et le précurseur des temps modernes, entre se fondre dans le courant de la vie et participer à la liquidation générale, Céline devra choisir.
Ce roman brillant de Jennifer Richard, par son écriture incisive, sa narration sensible, son humour et sa lucidité, nous interroge, face à la révolution technologique qui bouleverse notre quotidien. Et nous place, comme Céline, devant deux options : embrasser l’existence telle qu’elle nous est donnée, ou tenter l’aventure d’une vie augmentée et infinie…
Thomas Day – L’automate de Nuremberg (Le Bélial’) 22/08
En ce 13 septembre 1824, après la chute de Moscou et le traité de Niji signé avec le tsar Alexandre Ier, protecteur de toutes les Russies, l’empereur Napoléon règne sur l’Europe. Un continent à genoux, exsangue, vidé de sa substance par un trop-plein de guerres et d’horreurs, un territoire à feu et à sang que le stupéfiant Melchior Hauser, tout juste libéré de son statut d’esclave, va cependant entreprendre de parcourir. Car il lui faut retrouver Viktor Hauser, celui qu’on surnomme le de Vinci de Nuremberg, et lui poser une question. Unique, toute simple, mais qui revêt à ses yeux une importance cruciale : « Père, ai-je une âme ? »
Dominique Maisons – Drapeau rouge (La Martinière) 23/08
Après l’éblouissant Avant les diamants, prix Claude Chabrol 2021, Dominique Maisons revient avec Drapeau noir et une intrigue dévorante : un roman d’amour et d’anarchie dans le Paris des années 1930.
Paris, 1934. Pierre, jeune employé des éditions Denoël, se rêve écrivain. Alors qu’il dépose son manuscrit dans une imprimerie débarquent des gendarmes sur la piste de tracts anarchistes. Une jeune militante l’entraîne avec elle dans sa fuite. Se révèle alors pour Pierre le monde des réunions clandestines, des fumeries d’opium et des rêves de liberté. À travers la figure incandescente de Nina, le mouvement anarchiste déploie ses idéaux : le droit à l’avortement, la lutte anti-capitaliste, l’écologie… Pierre devra-t-il choisir entre son amour pour Nina et la carrière d’écrivain qui lui ouvre ses portes ?
Auteur de romans noirs et de thrillers primés, Dominique Maisons a reçu le Prix Claude Chabrol 2021 pour son roman Avant les diamants (La Martinière, 2020, Points, 2021), une fresque historique et politique du monde d’Hollywood des années 1950. Alliant une érudition réjouissante à son talent d’écrivain, il fait preuve d’une ambition littéraire et romanesque digne des plus grands.
Jean-Baptiste De Froment – La bonne nouvelle (Anne Carrière) 23/08
Hermine de Larmencour, une châtelaine qui vit dans l’Allier, vient d’enterrer Paul, son mari. Sa vie devrait reprendre son cours agréable et sans surprises quand Bernadette, sa cuisinière, lui apprend la bonne nouvelle : « Monsieur Paul, il est ressuscité ! »
Sexagénaire libre et flamboyante, Hermine ne croit pas en Dieu et encore moins aux miracles. Mais le tombeau a été profané et la dépouille de son mari a disparu. Pire, deux jeunes du coin prétendent avoir croisé Paul au restaurant, une rencontre qui les aurait bouleversés.
À mesure que les apparitions du défunt se multiplient, la rumeur enfle et les pèlerins commencent à affluer. Le Vatican missionne le père Benjamin Spark afin de prouver qu’il ne s’agit que d’une mystification. Mme de Larmencour a hâte de laisser derrière elle cette histoire sordide. Ses attentes risquent d’être déçues.
La Bonne Nouvelle est une fable contemporaine qui mêle adroitement suspense et spiritualité. Nombreux sont les ouvrages dissertant sur la nature du Mal. Dans La Bonne Nouvelle, l’auteur nous surprend et nous enchante en s’interrogeant sur la possibilité du Bien.
Pierre Darkanian – Nous sommes immortelles (Anne Carrière) 23/08
Dans le quartier de la Goutte d’Or, Janis Meyer recherche sa mère, Jeanne, dont elle est sans nouvelles depuis plusieurs mois. Sa disparition est peut-être liée au livre qu’elle vient de publier et qui rencontre un grand succès dans les milieux féministes : la correspondance de Carol Schäffer, une démente infanticide emprisonnée en Oregon.
Entre le boulevard de la Chapelle et la rue des Poissonniers convergent des phénomènes étranges qui concernent sans doute les trois femmes : la canicule s’installe en hiver, des « mères-zombies » cherchent des enfants qu’elles n’ont jamais eus, le cours du temps perd toute logique et Janis a bien du mal à ignorer les voix qui l’appellent, quelque part en dessous.
De Brueghel à la Commune de Paris, de l’université de Vincennes à une secte inquiétante dans une forêt américaine, Janis entreprend une odyssée à travers les époques et les territoires.
Dans son premier roman Le Rapport chinois, Pierre Darkanian revisitait l’archétype du bouffon pour ausculter le règne de l’ultralibéralisme. C’est la figure de la sorcière qui le fascine cette fois. Nous sommes immortelles est un roman-monde qui, à la façon d’un trou noir, semble aspirer toutes nos histoires, sciences, croyances et peurs, pour révéler une autre dimension à ceux qui traversent ses ténèbres.
Rafael Marin – La Geste d’Hamlet Evans (Argyll) 23/08
En cette ère glorieuse du Troisième Moyen Âge, une partie de l’humanité végète sur la vieille Terre tandis que les vaisseaux de la puissante Corporation conquièrent de nouvelles planètes. À bord des navires, les poètes officiels composent des poèmes épiques relatant ces exploits guerriers, dûment embellis, exaltés et… déformés.
Hamlet Evans a été l’un de ces poètes, jusqu’à ce que la Propagande lui apparaisse dans sa cruelle vérité et qu’il choisisse la désertion et la liberté. Tour à tour mendiant, paysan, comédien ou clown, il est pourchassé par les meilleurs traqueurs de la Corporation.
Voici son histoire, racontée avec ses mots, comme vous ne la trouverez jamais dans les registres officiels.
Olivier Norek – Les guerriers de l’hiver (Michel Lafon) 29/08
» Je suis certain que nous avons réveillé leur satané Sisu.
– Je ne parle pas leur langue, camarade.
– Et je ne pourrais te traduire ce mot, car il n’a d’équivalent nulle part ailleurs. Le Sisu est l’âme de la Finlande. Il dit le courage, la force intérieure, la ténacité, la résistance, la détermination… Une vie austère, dans un environnement hostile, a forgé leur mental d’un acier qui nous résiste aujourd’hui. «
Imaginez un pays minuscule.
Imaginez-en un autre, gigantesque.
Imaginez maintenant qu’ils s’affrontent.
Au cœur du plus mordant de ses hivers, au cœur de la guerre la plus meurtrière de son histoire, un peuple se dresse contre l’ennemi, et parmi ses soldats naît une légende. La légende de Simo, la Mort Blanche.
David Joy – Les deux visages du monde (Sonatine) 29/08
Après quelques années passées à Atlanta, Toya Gardner, une jeune artiste afro-américaine, revient dans la petite ville des montagnes de Caroline du Nord d’où sa famille est originaire. Déterminée à dénoncer l’histoire esclavagiste de la région, elle ne tarde pas à s’y livrer à quelques actions d’éclat, provoquant de violentes tensions dans la communauté. Au même moment, Ernie, un policier du comté, arrête un mystérieux voyageur qui se révèle être un suprémaciste blanc. Celui-ci a en sa possession un carnet dans lequel figurent les noms de notables de la région. Bien décidé à creuser l’affaire, Ernie se heurte à sa hiérarchie. Quelques semaines plus tard, deux crimes viennent endeuiller la région. Chacun va alors devoir faire face à des secrets enfouis depuis trop longtemps, à des mensonges entretenus parfois depuis plusieurs générations.
David Joy ne cesse de nous surprendre avec ce récit qui creuse à l’os l’histoire d’une petite communauté de Caroline du Nord où toutes les apparences entretenues depuis des décennies se fissurent. Il y confirme avec maestria son immense talent et nous donne avec ce livre, sans doute son plus ambitieux, l’un des romans les plus marquants de ces dernières années.
Sandra Newman – Julia (Robert Laffont) 29/08
Une relecture imaginative, féministe et brillamment pertinente de 1984.
Londres, chef-lieu de l’Espace aérien I, vit sous le joug d’un régime ultra-autoritaire dirigé par Big Brother. Nous sommes en 1984.
Julia est mécanicienne au département Fiction du ministère de la Vérité. Joyeusement cynique, elle a tout de la citoyenne modèle. Elle excelle pourtant dans l’art de tromper la surveillance constante des télécrans et de la Police de la Pensée, parvenant même à cacher ses liaisons amoureuses dans ce monde où le sexe est un crime sévèrement puni. Mais Winston Smith, du service des Archives, l’intrigue et l’attire. Lui aussi cache peut-être son jeu… Le jour où, sans vraiment réfléchir, elle lui glisse un mot dans la main – geste quasi suicidaire –, elle perd le contrôle de sa vie si bien ordonnée, et tout bascule.
Soixante-quinze ans après George Orwell, Sandra Newman nous entraîne à nouveau dans l’univers mythique de Big Brother. Roman d’un État totalitaire où la condition des femmes diffère fondamentalement de celle des hommes, Julia apparaît comme un texte féministe, à la fois fidèle à l’original et radicalement différent.
Jérôme Loubry – L’île (Calmann-Lévy) 28/08
Quel secret cache cette île aussi belle que ténébreuse ?
Au mois d’août 2019, Diane a mis fin à ses jours sur l’île de Porquerolles, dans le manoir où elle passait tous ses étés. Elle qui ne vivait qu’en musique a laissé derrière elle un grand silence pour ses proches.
Julien, son compagnon, sait bien que les amis de la jeune femme, présents lors du drame, lui cachent quelque chose. Alors quand l’occasion de retourner sur l’île avec eux se présente, il accepte. Peu importe que cinq ans se soient écoulés, il découvrira la vérité coûte que coûte.
Le soir de leur arrivée, au beau milieu d’une tempête dantesque, une femme en robe blanche est découverte morte et ensanglantée sur la place principale. Que se passe-t-il donc sur cette île dont les habitants redoutent les colères ?
Un thriller au rythme entraînant qui mêle les amitiés et les mystères et avance d’un pas mortel vers son implacable dénouement.
Gus Moreno – Après toi, les ténèbres (L’Atalante) 29/08
« Après ta mort, je voyais tes traits sur toutes les femmes. Je les prenais pour toi si je me retournais trop vite ou si je balayais une pièce du regard. Pas parce qu’elles te ressemblaient. Elles étaient toi. »
La vie de Thiago ne sera jamais la même après la mort de sa femme. Pourtant, il n’a de cesse de lui parler, faisant de nous les spectateurs indiscrets de ce dialogue qui mélange le passé avec Vera et le présent « sans » Vera. Quoique la frontière entre les deux semble fragile.
Une solution s’impose pour ne pas sombrer : quitter Chicago. Loin des circonstances de la mort de Vera, de sa belle-mère aussi effondrée que lui, de son appartement plein des signes d’existence de l’absente, c’est au milieu des bois qu’il cherche à apaiser sa colère, sa rage, sa tristesse. Mais au-delà de la disparition de l’être aimé, quelque chose le hante inexorablement et il ose enfin affronter ce qui le tourmente : une histoire familiale sombre et maudite.
Gus Moreno nous enchaîne à Thiago, à l’intimité de son deuil, à son isolement. Rares sont les livres d’horreur qui parlent si bien d’amour.
Ludovic Manchette, Christian Niemec – A l’ombre de Winnicott (Le Cherche-Midi) 29/08
Un roman dont le magnétisme, la gravité, le spectacle rappellent que toute littérature est une littérature d’évasion.
» Il y a beaucoup de monde ! » remarqua la visiteuse à peine entrée.
Lucille compta.
» Nous sommes huit. Neuf avec vous.
– Je ne parlais pas des vivants. «
Sussex, Angleterre, 1934. Alors qu’ils viennent d’emménager dans le manoir de Winnicott Hall, Archibald et Lucille Montgomery confient à Viviane Lombard, une Française à l’attitude et au franc-parler peu ordinaires, l’éducation de George, leur jeune fils aveugle. Tandis que la préceptrice et l’enfant apprennent à s’apprivoiser, un doute s’instille peu à peu chez eux comme chez tous les habitants de la vaste demeure, maîtres des lieux et personnel confondus : une présence invisible ne rôderait-elle pas entre les murs de la vieille bâtisse ?
Avec ce troisième roman, Manchette-Niemiec se posent en maîtres de la narration, faisant coïncider la force d’une histoire avec la puissance des images. Leur façon de mêler la grammaire cinématographique au langage romanesque impressionne. Prenez George, cet enfant aveugle aux prises avec les cauchemars ou les fantômes : Henry James ou Steven Spielberg auraient adoré l’inventer.
Olivier Truc – Le premier renne (Métailié) 30/08
Laponie suédoise. Des corbeaux et des loups. Des rennes et des rêves.
En pleine période du marquage des faons, un troupeau de rennes est décimé le long de la voie ferrée qui transporte le minerai de fer. Nina Nansen et Klemet Nango, enquêteurs de la police des rennes, se retrouvent au cœur d’un conflit qui déchire un clan d’éleveurs sami.
Il y a aussi Anja, une jeune Sami marginalisée, à qui on a confié le pouvoir de tuer. Anja, celle qui voulait écouter les pierres de la toundra. Celle qui ne veut plus se taire. Celle qui ne veut plus plier. Celle qui voudra inventer le grand récit. Face à une colonisation qui ne dit pas son nom, elle va entrer en résistance. Avec ses propres méthodes. Et ses démons qui vont croiser ceux de Klemet.
Les enjeux énormes des terres rares et de la survie des Sami en tant que peuple se télescopent. Pour assurer la transition énergétique, faudra-t-il sacrifier ce peuple d’éleveurs de rennes ? Dans le paysage incroyable d’un solstice d’été dans le Grand Nord, Olivier Truc nous raconte avec un talent irrésistible les luttes du pays sami. Un thriller magnifique.
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Catégories :Littérature

Bonjour
Merci pour cette sélection
Les ouvrages de Marie Vingtras et olivier norek étaient déjà dans ma WL.
Deux autres me font de l’oeil 🙂
Belle journée
Et tu fais bien concernant ces deux titres, tour particulièrement le Norek 😉. Mais oui d’autres méritent ton attention !
Bon, je ne sais pas si mon commentaire a été pris en compte
Je le renvoie
Je disais doc
Déjà la rentrée
Et oui après le 15 août, on prépare le cartable et la liste des fournitures et la liste des livres…
Est ce pour conjurer le réchauffement climatique
Pas mal d’histoires avec du froid, vers le Nord et des contrées perdues
Et des histoires dures et émouvantes
Les classiques bien entendu
Il va y avoir des rencontres pour les salons à venir
Je retrouve Marcus Malte et Dominique Maisons avec plaisir
Je note Le pays blanc et Les enfants
des loups
Bonne lecture
Que de beaux voyages littéraires !
Merci pour ton beau message de rentrée
Nous aurons des lectures communes sans aucune doute 😉
Il ne peut en être autrement 😉. Les meilleures
Peu d’auteurs que je connais (si ce n’est évidemment Norek, qui semble aller vers quelque chose de différent, qui me tente bien). Je resterai à l’affût de tes retours 😉.
merci de ta curiosité, on en reparle dans les prochains jours 😉
Coucou
Belle sélection.
J’ai adoré « drapeau noir ».
Je pense lire bientôt celui de Norek (mais deux de Récamier à lire avant, dont « la ballerine de Kiev » qui est très bien pour l’instant même si un peu dur).
Hello, bonnes futures lectures alors ! 😉
Une chouette sélection et ravie d’apprendre la sortie d’un nouveau livre de Sandrine Colette que j’adore!
Oui, elle nous a manqué !
Et bam. Tu te pointes plus ou moins réveillé(e) et vlan dans les dents. Et bien ça promet 😍 Merci à toi pour la sélection 🙏 😘 et le travail fourni en amont.
Ahah désolé pour le réveil brutal 😉. Il est temps de revenir sur terre
Venant de toi, ce n’est pas grave. J’avais déjà repéré Jérôme Loubry et Olivier Norek. Sans compter « les enfants des loups », reste juste à réanimer ma whislist, et braquer mon banquier. Ceci reste entre nous bien évidemment 😂😘
Je serai une tombe 😁
J’y compte bien 😂 Je me dis que noyé dans les posts, le mien ne sera pas repéré. On y croit hein ? 🤣
Tu ne seras jamais noyée 😉
Forcément, j’ai mes bouées. Mais si elles se dégonflent, c’est fichu 😂
Oh la la quelle belle sélection ! Merci pour ce travail pour nous aider à trouver nos prochaines lectures. Beaucoup me tentent bien… Il y a des évidences, Sandrine Colette, Olivier Norek, Olivier Truc, Ian Manook, Jérôme Loubry… Et puis des découvertes, « Le déluge », « Vies sauvages », « Le pacte de l’eau », « Source de chaleur », « L’automate de Nuremberg » (quelle belle couverture !), « La Geste d’Hamlet Evans »… Bref beaucoup d’envie et puis j’attends aussi tes chroniques… Encore merci à toi Yvan ! 🙂
comme d’habitude, beaucoup plus qu’on ne peut en lire, mais oui je vais tenter de bien vous orienter 😉
Merci à toi ! 😉🙏
Hé ben, ça rigole pas forcément beaucoup dans cette sélection… (À l’image de l’état de notre monde, certes.)
Bon, ça fait quand même quelques repérages intéressants : le Norek bien sûr (surtout qu’il semble encore tenter quelque chose de très différent), Norman Jangot (je me méfie – en bien – d’Héloïse d’Ormesson depuis la sensation Jérémy Claes au printemps dernier), et J-B. de Froment (bien qu’il quitte les Forges, dommage…)
Et sinon, au deuxième rang et en vrac : Carole Martinez (dont je n’aime pas forcément beaucoup les livres d’habitude, mais vu le thème pourquoi pas), Stephen Markley, Manchette & Niemiec, Rafael Marin.
Le Marcus Malte, j’ai essayé, mais je bute sur le début.
Merci en tout cas, comme d’habitude, pour cette sélection en marge et si merveilleusement personnelle !!!
Ah non ça ne rigole pas, sauf dans le Malte :-). Je te conseille avec force le Norek, le Jangot et le Martinez dans ceux que tu cites !
Ohlàlala, il y en a tellement que j’ai envie de lire.
Heureusement j’en ai déjà dans ma PAL
Tu es un tentateur de première, toi tu sais !
Je fais mon job ;-). Oui, tu en liras sans aucun doute quelques uns !
C’est fort possible mais sans pression en plus, que du plaisir ! 😀
Tu as raison. Je ne me suis pas forcé, rassure toi 😉
Oh ça je sais, je ferai pareil du coup ! 😀
Bonjour, je retiens Marie Vingtras, Dolores Redondo, Marcus Malte, Vera Buck, Oliver Norek et Olivier Truc et il semble que le nouveau Gaël Faye soit très bien aussi. Bon après-midi.
de belles lectures en perspective !