La vie ô combien ordinaire d’Hannah Green – Michael Marshall Smith

Il était une fois… Cette histoire pourrait démarrer ainsi. Sauf que non, pas du tout, pas de la manière dont veut la raconter Michael Marshall Smith.

« Imaginez » : c’est le premier mot du livre, celui qui définit tout, celui qui raconte. MMS y va à pas posés pour commencer, avant de vite laisser s’envoler son inventivité sans se fixer de barrières.

Conte contemporain déjanté

La vie ô combien ordinaire d’Hannah Green est un récit fantastique tout sauf ordinaire. L’écrivain britannique joue et se joue de vous avec un tel titre, et avec son conte contemporain aussi noir que ludique, sombre et vraiment drôle.

Elle a l’air simple cette histoire, mais en fait non. Les ingrédients traditionnels du conte sont présents, mais l’auteur explose les conventions, les limites des genres et la narration, pour nous proposer de revisiter complètement la guerre éternelle entre le Bien et le Mal.

Neil Gaiman conseille ce livre ? C’est tout sauf une surprise, vu son style, sa loufoquerie bien british et son inventivité de tous les instants, utilisant des thématiques et ingrédients ancestraux pour complètement les dépoussiérer.

Parabole apocryphe et irrévérencieuse

Vous allez y rencontrer une formidable fillette de 11 ans, et son étrange grand-père. Mais aussi le Diable ou encore un gnome accidenteur qui ressemble à un champignon.

Entre anges déchus et personnages de fantasy, et télescopages de protagonistes bibliques avec des personnages de contes et d’autres bien réels, ce roman foisonne d’une inventivité de tous les instants.

Dit comme ça, le résultat semble complètement loufoque. Il l’est, de manière assumée, follement divertissant. Mais il est bien plus. C’est aussi un récit philosophique détourné, tout comme une touchante histoire d’une relation forte entre cette petite fille (au sacré caractère) et son grand-père (qui est différent qu’il n’y parait).

Une sorte de parabole apocryphe et irrévérencieuse, doublée d’une quête initiatique pleine d’enseignements.

Ne respecte rien, sauf le lecteur

L’écrivain ne respecte rien, sauf le lecteur. Ni les conventions, ni les structures narratives ordinaires, ni les rôles imposés habituellement aux différents acteurs. L’imagination au pouvoir permet tout, elle ose tout, mais ce récit franchement barré a pourtant réellement du sens.

L’auteur est un amuseur qui sait donner de la profondeur derrière ses facéties. Qui questionne aussi sur le sens de la vie, sur le libre choix.

Et quelle plume ! Impertinente, créative, surprenante, dynamique, amusante. En un mot : vivante ! Un talent protéiforme au service de nombres univers et ambiances (il écrit des romans de l’imaginaire sous ce nom, comme des thrillers sous celui de Michael Marshall ou Michael Rutger).

Il n’y a bien que les anglo-saxons qui osent se lâcher à ce point (cf par exemple L’ami imaginaire de Stephen Chbosky paru en 2020) pour un plaisir de lecture toujours plus intense.

La vie ô combien ordinaire d’Hannah Green est une fiction inclassable, follement inventive. Michael Marshall Smith joue avec les codes du conte pour mieux les dévoyer au sein d’une intrigue moderne, merveilleusement divertissante. Extravagante, un brin timbrée, mais plus profonde qu’il n’y paraît.

Yvan Fauth

Date de sortie : 13 janvier 2021

Éditeur : Bragelonne

Genre : Fantastique

4° de couverture

Un million d’histoires courent le monde. La plupart sont parfaitement ordinaires… mais pas celle-ci.

Poignant et imprévisible, un conte digne de captiver les lecteurs de tout âge, par l’auteur multirécompensé de Nous sommes là et Les Hommes de paille.

La jeune Hannah Green est persuadée que son existence est plus banale que la moyenne, mais elle ne va pas tarder à découvrir que les ombres de sa vie cachent depuis toujours un monde où rien n’est ce qu’il paraît ; qu’il existe une machine secrète qui convertit les mauvais tours en énergie diabolique ; qu’il y a des champignons qui parlent ; que son grand-père est copain avec le diable depuis plus de cent cinquante ans, et qu’ils ont besoin de son aide.



Catégories :Littérature

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4 réponses

  1. Je sais ce qu’il me reste à faire 😉
    Un livre qui a l’air de sortir totalement de l’ordinaire et ça doit faire du bien !

  2. Mince, ça donne foutrement envie ! Surtout que ton MMS me fait penser à une vieille blague sexuelle que je ne peux pas m’empêcher de te raconter (elle est courte, propre et bonne !) :

    La vie sexuelle d’un couple peut se résumer à trois lettres. A 20 ans c’est MMS, à 40 ans MMS, à 60 ans c’est encore MMS et à 80 ans c’est toujours MMS….

    Mais que veut dire MMS ? C’est simple :

    A 20 ans c’est Matin, Midi et Soir.

    A 40 ans c’est Mardi, Mercredi et Samedi.

    A 60 ans Mars, Mai, Septembre.

    Et à 80 ans Mes Meilleurs Souvenirs… 😆

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