Interview – 1 livre en 5 questions : Cauchemar – Paul Cleave

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Paul Cleave

Titre : Cauchemar

Sortie : 07 novembre 2019

Éditeur : Sonatine

Un grand merci à Aude, du blog Aude bouquine, pour la traduction !

Avec ce roman, tu nous surprends avec une histoire qui ne se déroule pas à Christchurch. Tu avais envie de changer d’air ?

Je ne voulais pas laisser Christchurch derrière moi – J’adore que mes livres se déroulent chez moi et amener les gens dans ma ville – mais l’idée de ce livre n’allait pas fonctionner là. J’avais besoin d’utiliser une petite ville où l’on se sent claustrophobe, où il y aurait une force de police isolée du reste du monde qui ne demanderait pas d’aide ailleurs. Si l’histoire s’était déroulée en Nouvelle-Zélande, le policier impliqué au début du livre aurait appelé un autre département de police du pays et obtenu de l’aide, cela ne pouvait pas arriver dans mon livre car le livre n’aurait alors duré que quelques pages.

Mais ça mis à part, j’adore la ville Acacia Pines. J’aime le cadre et l’atmosphère, et j’aime la façon dont je peux écrire l’histoire un peu différemment – les personnages y ont une résonance différente et voient le monde différemment, de sorte que les paroles et les descriptions sont différentes dans ce livre que dans les précédents. Le problème est que… j’aime tellement le décor que le livre suivant s’y est déroulera aussi… et je soupçonne qu’il y en aura d’autres. Mais ne vous inquiétez pas, Christchurch sera de retour…

Tu nous racontes comment t’es venue l’idée de cette histoire ?

J’ai eu une conversation avec un collègue écrivain au sujet d’un crime commis dans la vie réelle. Il disait que cela ferait une bonne idée pour un roman… mais quiconque me connaît sait que je ne construirais jamais un livre sur des événements réels. C’est vrai, il m’a donné l’idée et c’était intéressant, mais aussi perturbant. Ensuite, nous avons commencé à parler des petites villes, et nous nous sommes demandé ce qu’il coûterait à un personnage de quitter une petite ville, faire vœu de ne jamais y revenir, et puis revenir. Donc, ça n’avait absolument plus rien à voir avec l’histoire dont il me parlait… Mais une fois la question posée, j’ai dit… « eh bien, si c’était moi, je créerais un personnage de flic, il franchirait quelques lignes, il ne quitterait pas la ville, mais en serait expulsé… »

Ainsi, la base du roman a été formée sur une simple petite question.

Cette histoire est une façon de dire qu’on ne peut pas fuir son passé ?

Je pense que qu’il y un peu de ça – le passé a souvent les moyens de nous rattraper. Noah en est un bon exemple, cependant – et pas seulement parce qu’il a quitté Acacia Pines depuis douze ans, et que sa vie se passe vraiment bien depuis. Il a pas mal de succès, il est heureux, et son ancienne vie ne lui manque pas. Puis, sorti de nulle part, il reçoit un appel de son ex-femme.

Donc… Je pense qu’on peut dire que même si l’on veut fuir son passé, il peut exister quelqu’un qui nous ramènera en arrière, soit de notre plein gré, soit en nous y obligeant à coups de pied et en hurlant…

Noah est sans doute l’un de tes personnages que tu as le plus fait souffrir physiquement tout nau long de l’histoire, pas vrai ? 😉

Eh bien… peut-être. Joe a eu des moments difficiles dans le parc un soir dans Un employé modèle, et Theo a été un peu battu, ainsi qu’Eddie et d’autres… Mais oui, Noah est passé dans une sorte de lessiveuse. Mais il provoquie beaucoup de ces moments difficiles lui-même. Il y a cette scène plus loin dans le livre – vous saurez laquelle si vous l’avez lue – où tout devient une question de symétrie. Cette phrase n’aura aucun sens si vous ne l’avez pas lu, mais j’aime ce par quoi il est passé et ce qu’il a enduré. Encore une fois, il laisse venir les ennuis lui-même, d’une certaine manière. Mais c’est un brave type qui essaie toujours de faire ce qu’il faut. Mais oui… il a evécu de dirsd moments…

On sent que tu t’es beaucoup amusé à écrire cette histoire. Mais tu parles indirectement aussi de sujets sérieux, comme la violence faite aux femmes…

Je me suis beaucoup amusé à écrire cette histoire. Le changement de décor m’y a aidé. Mais c’est aussi une histoire différente – plus d’action que dans les autres romans et moins d’aspects psychologiques. C’est toujours noir, mais je le trouve plus excitant. Parfois, écrire un livre est difficile, et parfois, vous écrivez un roman rapidement – et ce fût le cas. Chaque jour, j’étais impatient de découvrir ce qui se passerait ensuite.

J’ai choisi de développer deux ou trois grands problèmes – je ne peux pas trop en dire sans spoiler, mais la violence à l’égard des femmes est l’un d’entre eux. Même si Noah est un gars bien, il laisse sa colère troubler son jugement. Ce qu’il pense être la meilleure chose à faire peut s’avérer être la pire. C’est pourquoi je dis qu’il amène beaucoup de douleur avec lui. Pourtant… je l’aime vraiment beaucoup et je me demande s’il aura une autre histoire à nous raconter plus tard…



Catégories :Interviews littéraires

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5 réponses

  1. Géniale cette interview! Je suis heureuse de savoir que je vais retrouver Acacia Pines. J’ai beaucoup aimé Noah.

  2. Intéressant, ce dialogue donne envie de lire le livre!

  3. Rubrique toujours aussi intéressante et instructive…Bravo !!

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