Marc Dugain – Avenue des géants


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Al Kenner serait un adolescent ordinaire s’il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n’était pas supérieur à celui d’Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même.

Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d’une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l’habite. Inspiré d’un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d’un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s’illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.

Mon avis

Tirer une fiction d’un fait réel est une entreprise périlleuse.

Dugain nous propose une oeuvre hybride. Pas tout à fait une fiction, pas tout à fait réel, pas tout à fait un polar, pas tout à fait une peinture de l’Amérique des 60’s, pas tout à fait une étude psychologique. Mais tout cela à la fois.

Ecrit à la première personne, le roman est une plongée dans les abîmes d’un cerveau malade, de ses pulsions, de son cheminement intérieur, de son histoire familiale éprouvante.

L’auteur présente presque cliniquement cet homme, d’une intelligence supérieure, mais incapable de toute empathie. Chacun réagira différemment à cette narration de la folie ; narration qui a l’intelligence de ne pas tomber dans le sordide. L’histoire n’en est que plus forte, magnifiée par sa construction digne d’un thriller.

C’est passionnant et glaçant à la fois, je n’ai pu me libérer d’un malaise à l’idée qu’une bonne partie de l’histoire est réelle (ce n’est pas une biographie, qu’est ce qui est vrai ? qu’est ce qui est romancé ?).

Mais l’histoire n’est pas que ça, c’est également une belle évocation de la société américaine engluée dans la guerre du Vietnam, du désenchantement de sa jeunesse à la recherche d’une autre société que celle qu’on lui propose.

Au final, une oeuvre forte.

Publication française : 2012

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥



Catégories :Littérature

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1 réponse

  1. beaucoup aimé ce roman, du niveau des meilleurs romans anglo-saxons sur ce thème

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