Jérôme Delafosse – Les larmes d’Aral

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Irlande, automne 1994. En plein conflit nord-irlandais, Sinead McKeown, grand reporter de guerre, survit à l’attentat à la bombe qui tue son mari et l’enfant qu’elle porte. Très vite, la police découvre que son compagnon a été sauvagement assassiné à l’arme blanche avant même que la bombe n’explose. Les soupçons se dirigent vers Sinead. Abusivement accusée du meurtre de sa propre famille sous prétexte de liens secrets avec l’IRA, la jeune femme parvient à s’échapper. Fugitive recherchée par toutes les polices, elle n’a désormais qu’un but : retrouver les véritables meurtriers de ce massacre. Et pour cela un seul indice en sa possession : une fiole contenant des paupières humaines ornées de mystérieux tatouages.

Paris, au même moment. Un homme, presque nu et terrorisé, est pris en chasse aux alentours de la gare de Lyon par une patrouille-nuit de la BAC. Sur le point d’être interpellé, il saute dans la Seine. Quand son corps, marqué de plaies nécrosées, est repêché deux jours plus tard, les premières constatations laissent croire au suicide d’un SDF. Mais l’affaire prend une tout autre tournure lorsque les policiers qui ont manipulé le cadavre sont frappés d’un mal étrange.

Contre la DST et les experts de la DGSE, Raphaël Zeck, jeune flic du 36 quai des Orfèvres et son adjoint Drago, dit le Serbe, sont chargés de l’enquête.

Ce qu’à ce stade ni Sinead ni Raphaël ne peuvent soupçonner, c’est que leurs deux enquêtes sont liées. Le pacte qui les réunira malgré eux va les plonger dans un monde où le crime naît de croyances ancestrales effrayantes, de manipulations scientifiques terrifiantes et de « secrets Défense » à glacer le sang.

Un monde vertigineux au cœur de la folie des hommes, là où les « larmes d’Aral » coulent pour l’éternité…

Mon avis

Présenté comme le thriller de l’été 2012 par son éditeur, ce serait presque faire injure à ce roman. Nous avons bien droit à un page turner, mais d’un cru qui a une sacré consistance.  Cette intrigue est fouillée, dense et prend le risque de nous emmener dans un passé proche (les années 90) plutôt que dans l’habituelle période contemporaine.

C’est l’une des grandes forces de cette histoire, nous plonger dans le contexte géopolitique de l’époque, sans jamais perdre de vue l’intrique et tout en restant toujours très accessible.

On voyage avec les personnages, géographiquement (et quelle diversité de paysages) et émotionnellement.

Le récit est bien documenté, on est immergé dans les arcanes de l’État et de ses « soldats » (on passe allègrement du thriller au roman d’espionnage, avec le même bonheur).

En découle une histoire totalement hétéroclite, dans laquelle on ne saura qu’à la fin vers où l’auteur veut nous mener. Elle part dans tous les sens et sait rester cohérente, même si  quelques raccourcis auraient pu être évités.

Le (très léger) bémol me concernant restera la dernière partie, un peu trop vite expédiée à mon goût, une telle histoire aurait peut être mérité quelques dizaines de pages supplémentaires.

Delafosse est un auteur à suivre, son écriture est sobre,agréable et clairement c’est un vrai conteur d’histoire.

Publication française : 2012

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥



Catégories :Littérature

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