Les prédateurs – Christophe Agnus – Interview littéraire : 1 lecture, 5 émotions
Voici une interview en cinq émotions autour de ce roman
En bref
Titre original : Les prédateurs
Auteur : Christophe Agnus
Éditeur : Nautilus
Date de sortie : 03 juin 2025
Genres : thriller
Introduction
Une manière différente de découvrir un livre, et son autrice. Où je laisse toute la place à celle qui écrit.
Voici l’interview de Christophe Agnus au sujet de son roman « Les prédateurs« , la suite de « L’armée d’Edward ».
Une émotion qui résume la période où le livre a été écrit
Difficile de revenir en arrière et repenser le passé. Retrouver l’émotion de la période d’écriture des « Prédateurs ». En réfléchissant, je pense à un sentiment mixte : excitation et colère.
Oui, une forme de colère devant la capacité d’un nombre limité d’humains à détruire la vie de la majorité par simple cupidité, l’incapacité à accepter la finitude : je peux arrêter d’accumuler (du pouvoir, de la richesse, ce que vous voulez) car j’en ai assez pour très bien vivre, aller plus loin n’est possible qu’en le faisant payer à d’autres humains. Alors oui, sans doute une forme de colère.
Et une excitation, car à chaque rencontre avec des lecteurs de « L’armée d’Edward », à chaque échange avec un libraire l’ayant lu, il y avait cette question : « et la suite ? ». Alors, excitation d’imaginer une suite à ce roman, sous la pression amicale des lecteurs.
Trois émotions décrivant le roman
Dans le roman lui-même, il peut y avoir des émotions différentes selon d’où on se place. Pour le lecteur, je dirais : confusion (il se demande ce qui est en train de se passer sans trop comprendre où cela va), peur (il trouve que c’est en train de déraper et a peur de ce qui pourrait se passer) et enfin, peut-être, stupeur hilarante (ou au moins drolatique), car la fin est une surprise cathartique…
Si on se place DANS l’histoire, ce serait plutôt panique, puis panique et enfin panique. Mais jamais pour les mêmes personnes…
Une émotion face au monde actuel
Mon émotion du jour est plus douloureuse. Mais sans doute incompréhension. Je ne comprends pas comment les humains peuvent accepter à la fois la détérioration de leur environnement de vie (notre planète, la seule à disposition quoi qu’en dise cet abruti de Musk) et la perte de ce qui avait été l’une des victoires de l’humanité après deux guerres mondiales : la capacité à se parler pour trouver une solution pacifique et équilibrée aux problèmes.
Évidemment, ce sentiment est exacerbé avec des personnages comme Trump, Poutine ou Orban. Je ne comprends pas aussi pourquoi il se développe un culte au simplisme et à la bêtise : les réseaux sociaux poussent à des réactions instinctives (on aime ou on déteste) sans prendre le temps de poser le sujet, de l’étudier, de réfléchir (ce qui permettrait de réaliser que la plupart des « informations » qui y circulent sont soit fausses soit très exagérées), avec des médias audiovisuels dans une course à l’audience immédiate, avec les mêmes approximations, la même absence de recul et de réflexion. Il y a une prime formidable à la connerie, et un refus de l’intelligence et de l’échange.
Il y a une phrase en anglais que j’aime beaucoup : « we agree to disagree ». Nous sommes d’accord pour ne pas être d’accord. Hé oui ! On n’est pas obligé d’être tous du même avis, mais que c’est bien de pouvoir en discuter ! D’échanger, calmement, dans le respect, en acceptant que l’autre puisse penser autrement. Et mon incompréhension vient aussi de là : on ne semble plus capable de se parler sans s’agresser, sans prendre le temps d’écouter, sans se laisser une chance de changer d’avis si l’autre a de bons arguments. Alors tout cela me laisse un peu sans voix… mais pas sans envie d’écrire.
Résumé de l’éditeur
Le retour de l’Armée d’Edward…
Beaucoup les pensaient morts. Ils étaient en veille.
Attendant le bon moment pour frapper à nouveau.
Et quand l’Armée d’Edward, ce groupe de militants écologistes aux moyens démesurés, passe à l’action, le monde entier tremble. Pour ceux qui tentent de s’échapper, comme le président des États-Unis ou quelques personnalités sans scrupules, c’est même la fin de leur monde qui approche…
Le nouveau thriller de l’auteur de L’Armée d’Edward (prix Sang d’Encre 2022, prix Cyber Agora, prix du premier roman…), une suite toujours aussi addictive qui met la fiction au service du sens.
Pour aller plus loin
Lien vers ma chronique de « Les prédateurs »
Lien vers ma chronique de « L’Armée d’Edward »
Lien vers mon interview autour de « L’Armée d’Edward »
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Catégories :1 lecture, 5 émotions - L'interview, Littérature

Au moins un auteur qui affiche ses idées. Merci à vous deux pour ce bel échange 🙏 😘
C’est important, ça change des discours formatés
Au moins, il met les pieds dans le plat et n’a pas peur des éclaboussures 💪
Merci beaucoup Yvan pour cette interview. J’aime beaucoup ce que dit Christophe Agnus et j’adhère à ses propos ; le manque de nuance au sein de ce monde me sidère et me semble être problématique à moi aussi. J’ai beaucoup aimé « L’armée d’Edward » et il me tarde de lire cette suite 🙂
Ce n’est pas pour rien qu’on aime ses livres tous les deux, ses valeurs nous touchent !
Merci beaucoup pour cet interview rempli d’émotions… avec un auteur que j’apprécie beaucoup. Cela permet d’approfondir ses idées que l’on devine déjà dans ses romans. J’aime ce qu’il pense et dit. Merci à tous les deux !
Il est en phase avec lui-même 😉.
L’intelligence du propos sur notre monde actuel ♥️. J’ai tjs bcp aimé la formulation : we agree to disagree : Elle permet de poursuivre calmement une discussion sans hurler, juste pour exprimer des idées.
Merci Yvan pour cette interview très intéressante. Je rejoins les propos de l’auteur et je comprends d’autant mieux les émotions qu’il a évoquées.
Pareil, on est en phase !
Très intéressant ! Il me reste les prédateurs à lire mais je sais déjà que ça me plaira !
encore un auteur à découvrir ! c’est passionnant ! Bonne soirée
Merci Andrée, bonne découverte alors ! Oui il est passionnant à écouter
Il faut que je lise cet auteur car ma collègue du Comité polar n’a pas aimé ses précédents.
On verra bien vers quel ressenti je penche !
A tenter pour te faire ton propre avis, oui